SE FAIRE SOIGNER EN FRANÇAIS À MONTRÉAL

Le MMF et la SSJBM somment le gouvernement de faire respecter le droit d’être soigné en français à Montréal

Le Mouvement Montréal français et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ont présenté cet après-midi, en conférence de presse, plusieurs témoignages de citoyens sur des situations inadmissibles dans les hôpitaux du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l’Université McGill et le McGill University Health Center (MUHC). Ces institutions ne respectent pas le droit des Montréalais d’être soignés en français.

Ces témoignages montrent qu’il faut souvent attendre pour être servis par un intervenant qui s’exprime en français, ou encore subir des interventions sans comprendre adéquatement les explications données par le médecin. Un polytraumatisé a émis son témoignage sur vidéo à partir de son lit d’hôpital pour relater les difficultés qu’il a subies au "Montreal General hospital", et l’impossibilité d’obtenir son dossier en français.

En 2000, une étude de l’Office québécois de la langue française montrait déjà que 18% des clients francophones (10,000 personnes sur 60,000) des hôpitaux dits "bilingues" affirmaient avoir été en contact avec du personnel ne connaissant pas suffisamment le français. Quelques 7 200 personnes ne recommanderaient pas à un ami unilingue français l’établissement de santé qu’elles ont fréquenté.

Les organismes reconnus en vertu de l’article 29.1 de la Charte de la langue française (le statut dit "bilingue") peuvent entre autres : avoir l’anglais comme langue de travail et de communication interne et engager du personnel unilingue anglais. Selon l’article 25 de la Loi 101 originale, ce statut devait constituer une mesure temporaire pour cinq années. Mais, à la fin de 1983, cet article a été abrogé avant son application, transformant en privilège permanent ce que le docteur Laurin concevait comme une mesure de transition.

Mario Beaulieu, président du MMF, dit recevoir de plus en plus fréquemment des témoignages de patients qui sont confrontés à des médecins ou des membres du personnel traitant qui ne maîtrisent pas le français : "C’est totalement inacceptable. Les institutions de santé de statut dit "bilingue", sont en fait des institutions essentiellement anglophones qui emploient des internes ou d’autres intervenants unilingues anglais. La propagation de ces institutions menace la sécurité des Montréalais. A cet égard, l’établissement du mégahôpital de McGill représentant l’équivalent d’un Stade olympique en investissements publics, sera dévastateur." a déclaré Mario Beaulieu.

Jean Dorion, président de la SSJB, ajoute que "le français devrait être la langue de travail et la langue habituelle des services dans tous les hôpitaux du Québec. Cela n’empêcherait nullement l’usage d’une autre langue avec les patients qui ne comprennent pas le français."

M. Dorion a rappellé qu’un rapport de l’OQLF présenté ces derniers jours déplore que seulement 65% des Montréalais travaillent principalement en français. D’après Jean Dorion, "le réseau hospitalier anglophone, l’un des plus gros employeurs à Montréal, est en bonne partie responsable de cette situation. Comment pouvez-vous travailler principalement en français si vous avez des collègues qui ne connaissent pas cette langue?"