MONSIEUR LE PRÉSIDENT NICOLAS SARKOZY

Monsieur le Président Nicolas Sarkozy
Palais de l’Élisée
Paris, France

Message transmis par courriel

Monsieur le Président

J’ai appris récemment que l’Assemblée Nationale s’apprête très bientôt à adopter une loi destinée à ratifier le Protocole de Londres en vue d’éliminer la langue française du domaine des brevets d’invention, en attendant les normes établies par l’AMM, pour donner valeur juridique en France à des textes rédigés en langue étrangère, mais surtout pour satisfaire aux exigences des pays tels que la Grande Bretagne et les États-Unis. Une telle loi équivaudrait donc à accorder, en France même, la prédominance de la langue anglaise en des domaines scientifiques nombreux et importants !

Pour toutes les communautés appartenant à la grande famille francophone, et particulièrement pour la communauté québécoise, une telle loi serait catastrophique.

Aucune considération économique ne saurait justifier pareille loi en France, aussi onéreuse puisse-t-elle paraître! Car vous n’ignorez pas, monsieur le Président, les sacrifices que nos ancêtres ont dû déployer pour maintenir vivante la langue française dans ce coin d’Amérique, sacrifices que nous accomplissons toujours pour soutenir à grands frais (comparativement à nos concitoyens anglophones) la culture française en ce pays.

D’ailleurs, si je puis me permettre d’ajouter ce commentaire,monsieur le Président, nous nous désolons,également, devant l’envahissement pernicieux et périlleux de l’anglais pour la doulce langue sur votre territoire. Envahissement dû soit à un snobisme incompréhensible, soit à une mode de plus en plus accentuée dans vos médias électroniques de l’usage de mots anglais sans aucun effort pour adapter les néologismes techniques inventés par la langue anglaise.

Pour ces raisons, il me paraîtrait salutaire pour l’avenir de la culture française autant en France que chez tous les membres de la Communauté francophone, que vous interveniez personnellement dans ce débat et que apportiez tout votre poids à convaincre les membres de l’Assemblée Nationale de refuser d’adopter une telle loi pour le bien de l’ensemble de la Francophonie.

Veuillez agréer, monsieur le Président, l’assurance de ma très haute considération,

Benoît Bélanger
Arr. St Laurent (Québec)