LE 30e ANNIVERSAIRE DE LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Le 26 août 2007 – Allocution du président d’Impératif français à la Grande marche et au rassemblement pour le 30e anniversaire de la Charte de la langue française

TRENTE ANS PLUS TARD !

Le Québec célèbre cette semaine le 30e anniversaire de l’adoption de la Charte de la langue française.

Bien des progrès ont été accomplis depuis l’adoption de la Charte de la langue française, mais la situation actuelle, qui ne cesse de se détériorer, nous oblige à exiger du gouvernement du Québec l’adoption d’une « Loi 101 plus, plus », d’une Charte de la langue française renforcée et améliorée.

– 30 ans plus tard, la langue française est toujours fragile au Québec !

– 30 ans plus tard… « Au recensement de 2001, les allophones francisés, 124 173 personnes, ne représentent que 46 % de l’ensemble des allophones assimilés. La langue anglaise, elle, assimile 147 695 allophones, soit 54 %. En fonction du poids relatif des deux communautés 81,4 %*, la population de langue maternelle française, attire 46 % des allophones, tandis que 8,3 %, la population de langue maternelle anglaise, réussit à coopter 54 % de la population allophone. » (Études d’Impératif français)

– 30 ans plus tard, le nombre d’élèves fréquentant des écoles anglaises privées et non subventionnées sans détenir de certificat d’admissibilité à l’enseignement en anglais n’a cessé d’augmenter. De 1993-1994 à 2003-2004, ce nombre a presque doublé, passant de 1330 à 2570 élèves. En 1993-1994, ces élèves, qui auraient normalement dû fréquenter l’école française, représentaient 56 % de l’effectif des écoles privées anglaises non subventionnées. Dix ans plus tard, ils représentaient 68,4 % de l’effectif de ces écoles. Ces 2570 élèves équivalent à 21 % de l’augmentation de l’effectif scolaire total du secteur anglais de 1993-1994 à 2003-2004.

– 30 ans plus tard, la proportion d’élèves québécois recevant un enseignement en anglais augmente. De 2000 à 2004, le pourcentage est passé de 10,6 % à 11,2 %, alors que le pourcentage d’élèves de langue maternelle anglaise en 2004 n’était que de 8,55 %. Cette hausse s’expliquerait en partie par l’augmentation des élèves de langue maternelle française qui reçoivent leur enseignement en anglais. Le CSLF nous apprend que plus de 2,4 % des élèves de langue maternelle française fréquentent le réseau anglais : « le pourcentage de francophones inscrits au réseau anglais a augmenté de 0,4 %, atteignant 2,4 % en 2004… » En 2004, 21,1 % des élèves de langue maternelle « autres » étaient inscrits dans le réseau anglais et cela, malgré la Charte de la langue française. (Études du CSLF)

– 30 ans plus tard, le pourcentage de Québécois et Québécoises qui reçoivent leur enseignement en français au Québec diminue année après année. De 1993-1994 à 2003-2004, l’effectif francophone est passé de 90,1 % à 88,6 % de l’effectif total, tandis que l’effectif anglophone augmentait de 9,7 % à 11,2 %. En 2003-2004, 976 633 élèves fréquentaient le système francophone, soit une baisse de 51 378 élèves (5 %) par rapport à 1993-1994. Le système anglophone accueillait en 2003-2004 122 888 élèves, soit 12 275 élèves de plus (11,2 %) qu’en 1993-1994.

– 30 ans plus tard, près de 50 % des étudiants fréquentant les cégeps anglophones sont soit francophones ou allophones.

– 30 ans plus tard, malgré la Charte, la Politique linguistique gouvernementale et son aide-mémoire pourtant très clairs – « L’Administration favorise l’unilinguisme français dans ses activités afin de refléter le fait que le français est à la fois la langue officielle et la langue normale et habituelle de la vie publique » -, le gouvernement du Québec adopte lui-même des pratiques humiliantes, infériorisantes et banalisantes à l’endroit des Québécois. Par exemple, un grand nombre de messages d’accueil des boîtes vocales gouvernementales offrent en premier l’accès au message en anglais avant que le message en français n’ait été entièrement entendu. Une telle pratique n’existe nulle part ailleurs dans le monde !

– 30 ans plus tard, l’anglais demeure très souvent la langue de travail au Québec. Ces pratiques d’exclusion ou de discrimination privent de nombreux Québécois(es) de leur droit de travailler et de travailler en français. Un très grand nombre d’offres d’emploi exigent la connaissance de l’anglais, alors que le Charte affirme pourtant clairement que « les travailleurs ont le droit d’exercer leurs activités en français. »

– 30 ans plus tard, un grand nombre de commerces ont toujours des pratiques d’embauche irrespectueuses de leur clientèle, embauchant du personnel incapable de recevoir et de servir le public en français.

– 30 ans plus tard ! « le recensement de 2001 démontre que l’usage du français au travail ne s’est pas encore généralisé : dans la région métropolitaine de Montréal, le pourcentage d’allophones qui travaillent surtout en français n’est que de 45 % ». (Étude du CSLF)

– 30 ans plus tard ! « le recensement de 2001 démontre que l’usage du français au travail ne s’est pas encore généralisé : dans la région métropolitaine de Montréal, le pourcentage d’allophones qui travaillent surtout en français n’est que de 45 % ». (Étude du CSLF)

– 30 ans plus tard, moins de 20 % des comités de francisation sont actifs dans les grandes entreprises de plus de 100 employés.

– 30 ans plus tard, les entreprises de moins de 50 employés ne sont toujours pas tenues d’avoir un programmes de francisation .

– 30 ans plus tard, les unilingues anglophones du Québec ont toujours des revenus supérieurs aux unilingues francophones, soit 34 097 $ contre 29 665 $ pour les hommes et 23 002 $ contre 20 786 $ pour les femmes. (C.D. Howe)

– 30 ans plus tard, les allophones parlant anglais ont eux aussi toujours des revenus supérieurs aux allophones parlant français, soit 27 216 $ contre 22 233 $ pour les hommes et 18 996 $ contre 15 551 $ pour les femmes. (C.D. Howe)

– 30 ans plus tard, presque toutes les grandes entreprises ont toujours des pratiques anglicisantes pour le Québec: leurs publicités (circulaires, affiches ) sont bilingues au Québec alors qu’elles sont unilingues anglaises au Canada anglais. Et certaines entreprises du Québec qui ne sont présentes qu’au Québec donnent aussi dans les circulaires bilingues pour ne pas être en reste sur la concurrence.

– 30 ans plus tard, les grandes compagnies de jeux vidéo anglicisent nos enfants, la majorité des jeux vidéo n’étant disponibles qu’en anglais au Québec.

– 30 ans plus tard, un grand nombre d’entreprises n’ont toujours pas de version française de leur site Web, ou ont une version abrégée, ou encore infériorisent et bafouent leurs clients du Québec en les accueillant dans une page d’accueil unilingue anglaise avec une « minuscule » icône française souvent difficile ou impossible à trouver.

– 30 ans plus tard, un nombre croissant d’entreprises refusent de respecter le contexte culturel du Québec en imposant des noms d’entreprise en anglais : Toys R Us, Payless Shoe Source, Future Shop, Wall Mart, Best Buy, Canadian Tire, Burger King, Colour Your World, Second Cup, East Side Mario, etc. Un grand nombre de ces noms d’entreprises s’apparentent plus à des slogans publicitaires!

– 30 ans plus tard, le français n’est toujours pas la langue commune de la diversité culturelle et la langue d’usage public au Québec .

Ça s’impose !

– 30 ans plus tard, ça s’impose ! Une Charte de la langue française renforcée et appliquée s’impose !

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
Recherche et communications

Tél. : 819 684-8460
Imperatif@imperatif-francais.org
http://www.imperatif-francais.org

Ce texte a été légèrement modifié et adapté lors de sa lecture à la Grande marche et au rassemblement organisé par le Mouvement Montréal français

* Une erreur s’était glissée dans la version précédente. Il aurait fallu écrire 81,4 % plutôt que 68,1 %.