LA BAULE

J’évoquais le 21 mai dernier le lancement à la Baule d’une nouvelle radio locale portant le curieux nom de "Kernews". Mais la Baule n’est pas seulement une station balnéaire réputée. C’est aussi, notamment, une ville de congrès. C’est ainsi que l’on peut y voir, en ce moment, de nombreuses affiches relatives à une Conférence sur l’investissement dans le monde entièrement rédigées en … anglais. Pas la moindre traduction, pas même un seul mot de français, sinon celui de "La Baule", sans doute parce qu’on n’a pas su le traduire en anglais (voir la photo ci-contre). Comme si les anglophones étaient en pays conquis. Comme si les Baulois étaient tous nés dans le Bronx. Une grande première !

Les milieux d’affaires organisateurs de cette conférence se plaçant sous l’égide de l’Europe, on voit bien, décidément, que leur rêve, après celui, réalisé, d’une monnaie unique, est dorénavant celui d’une langue unique, l’anglais bien entendu, qu’ils veulent imposer partout. A croire qu’ils ne savent pas que la première des corrections (usage diplomatique) est de s’adresser dans leur langue nationale aux résidents du pays hôte d’une manifestation internationale, surtout lorsqu’on le fait en dehors de l’enceinte de la conférence, sur la voie publique. Mais peut-être ne savent-ils pas, non plus, que le français, qu’ils veulent pourtant chasser petit à petit, est langue officielle de l’Union européenne depuis l’origine, c’est-à-dire depuis 50 ans maintenant, très exactement à parité avec l’anglais, car il n’existe strictement aucun texte privilégiant celui-ci. Sans doute ne se souviennent-ils pas, non plus, ils ne sont pas les seuls, qu’aucun des pays fondateurs de la Communauté européenne n’était anglophone (la Grande-Bretagne ayant, alors, refusé de se joindre aux Six).

Jean-pierre Busnel
jpabusnel@wanadoo.fr