« ACCUEILLIR » PLEINEMENT : LE NOUS MONTRÉALAIS

Extrait de l’article de Josée Legault, Voir du 15 novembre 2007

L’échec, c’est aussi ce réflexe de parler anglais avec ceux qui sont d’une autre origine. Comme dans tant d’institutions publiques, cette fois-ci, c’est au CLSC de Parc-Extension que des employés tendent à communiquer en anglais avec plusieurs de leurs clients immigrants.

Dans ce cas-ci, ce sont des travailleuses sociales, des bourreaux de travail, dévouées et admirables, qui le font. Elles le font avec les meilleures intentions du monde, probablement par souci de ne pas ajouter aux difficultés que vit déjà cette clientèle. Mais comment "accueillir" pleinement si on ne le fait pas aussi, lentement et gentiment, dans la langue de ladite société d’accueil?

Dans le cas de Parc-Extension, le véritable accommodement raisonnable commencerait par de meilleures conditions de vie et de salubrité – ce qui suppose l’ajout de ressources à la Régie du logement -, des cours de français gratuits et rapides, de l’aide pour se trouver un boulot en français, ainsi que l’abandon du réflexe d’accueillir en anglais. Cela n’a rien de grandiose. C’est moins controversé et flamboyant que la citoyenneté imaginaire du PQ, mais c’est du terre-à-terre, du concret.

Lorsque la commission Bouchard-Taylor débarquera à Montréal, on verra à quel point sa réalité multiethnique est variée, remonte à très loin dans le temps, se déclinant aussi selon les quartiers et les classes sociales. La situation de Parc-Extension n’est évidemment pas celle de la cossue Ville Mont-Royal!

Cette réalité montréalaise n’est pas "supérieure" à celle des régions. Elle est tout simplement différente. Elle ne constitue pas LA réalité québécoise. Mais elle en est une partie importante. Parc-Extension fait aussi partie de ce NOUS montréalais, et donc québécois. Il faudrait peut-être s’en rendre compte.

Pour plus de renseignements : http://www.voir.ca/actualite/actualite.aspx?iIDArticle=55051