HALTE AU PSEUDO-ANGLAIS DANS LES ENTREPRISES

Extrait du journal Le Monde du 19 mars 2007
par Claude Hagège, professeur honoraire au Collège de France.

La presse a fait écho aux actions dénonçant l’habitude, prise par nombre d’entreprises françaises, d’imposer l’anglais à tous les échelons, alors même que, en dehors d’anglophones de passage, on n’y trouve personne qui ait de l’anglais une connaissance autre que superficielle. Faut-il s’en étonner ? L’anglais n’est pas la langue facile que l’on croit, en se laissant abuser par l’impression d’une acquisition rapide.(…)

Il est donc contre-productif d’imposer l’anglais à tout le personnel dans les entreprises françaises. Les syndicats qui récusent cette pratique insistent sur le sentiment d’insécurité, et parfois les troubles psychologiques que cause chez les plus fragiles la pression d’une langue non choisie. Peut-on, dès lors, expliquer une telle politique linguistique par la recherche opiniâtre de l’efficacité à un autre niveau, c’est-à-dire dans la concurrence sauvage entre les entreprises pour la conquête des marchés mondiaux ?

La réponse est claire : jusqu’à présent, personne n’a jamais apporté la moindre preuve d’un accroissement des performances commerciales qui serait la conséquence directe de l’usage de l’anglais, même si l’on peut admettre que les produits soient vendus en anglais, hors de France, aux clientèles anglophones. Personne n’a jamais démontré non plus que le français n’ait pas toutes les ressources nécessaires pour exprimer le monde contemporain. (…)

Les puissants coups de boutoir pour abattre le français (…) Il s’agit, ici, d’une véritable guerre.

Le français, avec plus de cinquante pays adhérant à l’Organisation internationale de la francophonie, est à la base, aujourd’hui, du seul autre projet existant face à l’énorme défi de l’uniformité.

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