CORRUPTION ET COMMANDITES

Un intéressant parallèle…

Les véritables responsables du « scandale des commandites » seront-ils au moins accusés ???
On peut sérieusement en douter…

En mars 2004 Jean Chrétien déclarait : « Si quelqu’un a mal agi, je l’ai déjà dit 300 fois en Chambre, alors qu’il aille en prison ». Or, il était pourtant le grand responsable de ce scandale malodorant où ses petits amis se sont bien bourré les poches en inondant le Québec de propagande unitariste… Ceci a pourtant été établi par la commission Gomery : voir plus bas.


Exécution de Zheng Xiaoyu à Beijing
Radio Chine internationale – 2007-07-10

Zheng Xiaoyu, ancien directeur de l’Administration d’Etat de Surveillance et de Contrôle des Aliments et des Médicaments de Chine( SFDA), a été exécuté mardi matin avec l’approbation de la Cour populaire suprême de Chine.

Zheng, 63 ans, avait été condamné à mort le 29 mai par le tribunal populaire intermédiaire N1 de Beijing pour avoir touché 6,49 millions de yuans (environ 850 000 dollars) de pots-de-vin et pour manquement au devoir.

Zheng avait appelé à la clémence et fait appel le 12 juin, demandant au tribunal de revoir la peine, qui, selon lui, était "trop sévère". Il avait aussi fourni des preuves impliquant d’autres personnes dans cette affaire.

Le tribunal populaire supérieur de Beijing avait rejeté son appel le 22 juin et confirmé la peine capitale, indiquant que « des procureurs avaient obtenu les preuves données par Zheng avant ses aveux ». Le tribunal avait ensuite soumis cette affaire à la vérification et à l’approbation de la Cour populaire suprême (CPS) de Chine.

P.S. Dans un pays de droit on n’en demande pas tant pour le(s) responsable(s). Bien sûr ! Mais la loi doit s’appliquer à tous…


L’enquête Gomery sur le scandale des commandites

– L’attribution des fonds relevait de Jean Chrétien

La greffière du Conseil privé avait averti le premier ministre d’alors des responsabilités qui lui incombaient

Alec Castonguay
Le Devoir, édition du mercredi 15 septembre 2004

Contrairement aux affirmations répétées durant une bonne partie de l’année par le gouvernement libéral, il y a bel et bien eu une direction politique au scandale des commandites. Le fonds secret pour l’unité canadienne, qui a servi de tremplin au programme des commandites, a été mis en place et dirigé pendant plusieurs années par nul autre que l’ancien premier ministre Jean Chrétien.

Ottawa ­ L’instigateur et le responsable du programme des commandites dans ses débuts était nul autre que l’ancien premier ministre Jean Chrétien. C’est lui qui avait la responsabilité de diriger le fonds secret pour l’unité canadienne et de choisir où irait l’argent pour faire mousser l’image du Canada au Québec. Des documents rendus publics hier à la Commission d’enquête présidée par le juge Gomery ne laissent aucun doute sur la structure inhabituelle de ce programme.

Dans une note de service interne datée du 30 janvier 1997 et classée secrète, le plus haut fonctionnaire du pays de l’époque, Jocelyne Bourgon, demande à Jean Chrétien s’il veut garder la direction du Fonds pour l’unité canadienne, le fonds secret qui a alimenté, entre autres, le scandale des commandites. Entre 1992 et 2004, les sommes utilisées pour promouvoir l’unité canadienne et lutter contre le séparatisme québécois à travers ce fonds ont totalisé près de 793 millions de dollars.

«Comme pour tout autre programme de publicité, Mme Marleau [ministre des Travaux publics de l’époque] est la ministre en charge de l’administration et des procédures dans ce fonds, mais la responsabilité de comment l’argent est distribué reste la vôtre en 1996-97 et le ministère des Travaux publics a accès à la réserve pour l’unité nationale [le nom du Fonds donné par Ottawa en anglais] sous votre autorisation», peut-on lire dans la note que Mme Bourgon a adressée à Jean Chrétien. L’année 1996-97 est l’année de naissance officielle du programme des commandites.

Dans le même document, elle met en garde son patron, puisqu’un fonds de cette ampleur dirigé directement par le premier ministre n’a rien d’habituel. «S’il y a des questions qui sont soulevées à propos des initiatives que ce fonds encourage, vous allez devoir être prêt à répondre», écrit-elle. Jocelyne Bourdon conseille à Jean Chrétien d’aller chercher de l’aide pour répondre à d’éventuelles questions embarrassantes du côté du secrétariat aux Affaires intergouvernementales «ou chez les ministres qui ont un intérêt envers l’unité canadienne».

Elle termine sa note de service par une question : «Voulez-vous garder la responsabilité de ce fonds ou voulez-vous plutôt la transférer à un autre ministère ?»

L’ancien premier ministre a visiblement conservé la direction de ce fonds secret, puisque d’autres notes de services témoignent de sa responsabilité, plus tard dans le temps. Ainsi, le 21 novembre 1997, Mme Bourdon, toujours à titre de secrétaire du cabinet et greffière du Conseil privé, transmettait à Jean Chrétien une demande de la part du ministère des Travaux publics. En plus du 18,8 millions que le ministère s’apprêtait à dépenser grâce au Fonds pour l’unité canadienne, il demandait une rallonge de 50 millions par année pour les trois prochaines années.

« C’est votre bureau qui détermine à quels projets l’argent est envoyé », écrit le haut fonctionnaire, rappelant encore que si des questions sont soulevées à la Chambre des communes, c’est directement Jean Chrétien qui devra répondre.

Les notes rendues publiques ne disent pas si l’ancien premier ministre a accordé les 150 millions demandés par le ministère des Travaux publics, mais le total des dépenses de 793 millions sur 12 ans laisse présager que oui. Surtout que le plus fort de ces dépenses passant par le Fonds pour l’unité canadienne ont été effectuées entre 1997 et 2002.

Il n’est pas non plus possible de savoir si Jean Chrétien a continué d’assumer la direction politique du Fonds pour l’unité canadienne au-delà de 1998-99, soit les dernières traces de sa responsabilité disponibles pour l’instant.

En février dernier, des hauts fonctionnaires avaient révélé au Devoir qu’il était inhabituel de voir le premier ministre cosigner des autorisations de sortie d’argent, ce qui s’est produit à au moins trois reprises. Les mises en garde de Mme Bourdon à l’endroit de Jean Chrétien et de sa responsabilité directe dans le Fonds pour l’unité canadienne démontrent bien que la structure de gestion était elle aussi inhabituelle.

L’OPPOSITION RÉAGI FORTEMENT

Les réactions ne se sont pas fait attendre du côté des partis d’opposition hier. Tous soulignent que Jean Chrétien devra répondre à de nombreuses questions lorsqu’il témoignera devant la Commission Gomery plus tard cet automne. (*)

«C’est la preuve qu’il y avait bel et bien une direction politique et que ce n’était pas un petit groupe de fonctionnaires qui dirigeait ça comme les libéraux ont essayé de nous le faire croire l’hiver dernier, a affirmé Josée Verner, la lieutenant politique de Stephen Harper au Québec. On voit que c’est Jean Chrétien qui a planté l’arbre qui a donné tous les fruits pourris.»

Benoît Sauvageau, porte-parole du Bloc québécois au Comité des comptes publics se dit «heureux de voir noir sur blanc ce qu’on avance depuis plusieurs mois». « Les libéraux nous mentaient quand ils disaient que c’était juste une petite bande de fonctionnaires qui en étaient responsables, lance-t-il. L’étau se resserre plutôt sur un petit groupe de politiciens qui utilisaient l’argent public à des fins partisanes. C’est de plus en plus compromettant pour l’ancien premier ministre et son entourage.»

(*) On sait maintenant que cette comparution fut une bouffonnerie minable, à l’image de son auteur.


LA PRISON POUR JEAN CHRÉTIEN ?

C’est la question qu’on peut se poser d’après une nouvelle sous la signature de Kevin Ward, dans nos journaux du 30 mars 2004. En effet, parlant des magouilles et escroqueries autour du nauséabond « programme de la propagande-commanditée-pour-laver-le-cerveau-des-Québécois », M. Chrétien a déclaré à Londres, Angleterre : « Il s’agit d’un ‘simple problème administratif’, qui n’a ‘rien de nouveau’. Et si quelqu’un a mal agi, je l’ai déjà dit 300 fois en Chambre (sic), alors qu’il aille en prison ».

La vilaine odeur qui se dégage des conspirateurs du PLC dans cette affaire, essentiellement tous des « francophones » résidents du Québec d’après le journaliste Michel Vastel, à part Jean Chrétien qui demeure en Ontario depuis quelque 35 ans, révolte même les Canadiens qui, majoritairement, ne connaissent pas le Québec sous son vrai jour et les laisse croire que nous serions tous de cette espèce, hélas !

Donc, considérant que M. Chrétien, à titre de Premier ministre, était le grand responsable de cette insulte à l’intelligence des Québécois, du tort fait à notre réputation et du détournement de sommes astronomiques par ses favoris, il devrait normalement en subir les conséquences avec toutes les rigueurs de la loi, comme ces derniers, selon le principe de responsabilité ministérielle.

Considérant également que l’ancien Premier ministre de France, M. Alain Juppé, a écopé récemment de 18 mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité pour beaucoup moins que cela, M. Chrétien pourrait normalement passer quelques années derrières les barreaux si les lois étaient comparables. Mais, la question se pose : y a-t-il une justice pour ce genre de crime ici ?…

Finalement, comment peut-on, connaissant cette responsabilité, être allé se pavaner à Shawinigan dernièrement pour fêter cet homme dont la carrière a été consacrée à une lutte de tous les jours contre l’essor normal du Québec, à l’ingérence dans nos responsabilités et au dénigrement de ce que nous avons réalisé ! Comment des Québécois peuvent-ils encore voter pour ce parti dont le chef actuel avait les plus hautes responsabilités sous le précédent gouvernement ? Alors, qui donc aura le courage de prendre J. Chrétien au mot et d’entamer les procédures ? : « si quelqu’un a mal agi, je l’ai déjà dit 300 fois en Chambre, alors qu’il aille en prison »?

P.S. Or, plutôt que de faire enquête sur l’individu et voir à ce que justice se fasse, on l’a plutôt décoré… Eh oui ! De l’«Ordre du Canada », bien sûr ! (clic). Autre pays, autre moeurs… Et nous sommes les dindons de la farce.

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Commentaire

Cicéron, le grand philosophe et orateur romain (-106 à -43) a écrit : « Car la soif de la cupidité n’est jamais satisfaite, jamais rassasiée ; ceux qui les possèdent (les richesses et les pouvoirs) sont torturés non seulement par le désir de les accroître, mais aussi par la crainte de les perdre. » On comprend alors que cette cupidité est à l’origine de toutes les lâchetés.