ACCOMMODEMENTS RAISONNABLES

Commission Bouchard-Taylor

Impératif français rappelle que la langue
est un facteur déterminant d’harmonisation

Impératif français rappelle à la Commission Bouchard-Taylor que la langue française, comme langue publique commune et d’usage est un facteur déterminant d’harmonisation des relations entre les Québécoises et les Québécois de diverses origines.

C’est la conclusion qu’a tirée la société québécoise au cours des années 1960 et 1970, alors que la prise de conscience de son déclin démographique et de son infériorité économique avaient conduit à des heurts avec les groupes issus de l’immigration qui s’assimilaient massivement à la minorité anglophone.

Cependant, trente ans après l’adoption de la Charte de la langue française, cet objectif est loin d’être atteint particulièrement dans le domaine de la langue de travail et de l’éducation. Et, contrairement aux idées reçues, la tendance ne va pas dans la bonne direction.

Différentes études démontrent une vitalité plus grande de l’anglais que du français, au Québec, que l’anglais y est toujours plus payant que le français et que, contrairement à l’anglais, le niveau de français parlé par les immigrants n’a pas d’effet significatif sur leurs chances d’occuper un emploi bien rémunéré.

Dans ces circonstances, doit-on s’étonner que de plus en plus d’allophones et de francophones fréquentent les cégeps anglophones ? En 1990, 27,1 % des premiers « enfants de la Loi 101 » fréquentaient un cégep anglais contre près de 50 % aujourd’hui.

Il en résulte que 54 % des allophones opèrent toujours des transferts linguistiques vers l’anglais alors qu’ils ne devraient être au plus que de 8,3 %, soit le poids démographique de la minorité anglophone d’origine au sein de la population du Québec.

Le bilinguisme institutionnel, cheval de Troie et moteur de l’assimilation

La mondialisation s’accompagne d’une glorification du bilinguisme institutionnel. Pourtant, nombre d’études nous enseignent que l’extension du bilinguisme se fait au détriment du français.

Si le poids démographique des francophones continue à baisser – il a reculé de 1,6 % en 10 ans dans la région métropolitaine de Montréal – l’inquiétude justifiée de la population francophone créera les conditions d’une situation explosive.

Le détonateur ne sera peut-être qu’un banal fait divers d’ « accommodements raisonnables », mais la trame de fond est encore et toujours la question linguistique et, par le fait même, la question de la pérennité d’une nation francophone en Amérique du Nord.

Afin d’éviter que le Québec se retrouve dans une situation aux ramifications imprévisibles, la Commission Bouchard-Taylor doit condamner ces « accommodements déraisonnables » que sont l’article 23 de la Charte canadienne des droits et le laxisme dans l’application de la Charte de la langue française. La Commission doit affirmer clairement qu’il est impératif que :

– la population du Québec connaisse le français;
– le français devienne la véritable langue de communication, de travail et d’affaires;
– l’intégration des immigrants se fasse en respectant les proportions entre les populations majoritaire francophone (91,7 %) et minoritaire anglophone (8,3 %).

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
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