RUE DU 8-OCTOBRE-1906

Le 12 décembre 2006

Monsieur Marc Bureau
Maire de Gatineau

Maison du Citoyen
25, rue Laurier
Gatineau (Québec) J8X 3Y9

Objet : L’histoire de demain s’écrit aussi aujourd’hui !
La rue du 8-Octobre-1906

Monsieur,

Impératif français appuie la démarche de la Fédération des
travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ) pour que la rue MacLaren du
secteur de Buckingham devienne la rue du 8-0ctobre-1906. Vous trouverez dans le
document ci-dessous émis par la FTQ certaines des raisons qui militent en faveur
de notre appui.

Nous vous invitons à écrire l’histoire de demain en appuyant aujourd’hui les
travailleurs et travailleuses de Gatineau.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, nos salutations distinguées.

Le président,

Jean-Paul Perreault

Document émis par la FTQ

OBJET : Rue du 8-Octobre-1906


Nous sommes d’avis que le nom d’une rue devrait rendre hommage à une personne
qui a permis l’avancement de sa communauté, à un héros ou à un personnage ayant
marqué l’histoire de façon positive ou commémorer un événement historique. Dans
cette perspective, nous vous demandons que la rue citée plus haut soit
maintenant désignée comme suit : Rue du 8-Octobre-1906.

Le nom MacLaren évoque plutôt un côté sombre de notre histoire et nous devons
prendre conscience du recul important que cette famille a imposé au
développement économique de notre région. Outre le double assassinat de Thomas
Bélanger et François Thériault qu’ils avaient commandé, les MacLaren ont pris
toute la région en otage. Non seulement ont-ils empêché la venue du chemin de
fer mais ils ont aussi pris soin d’éliminer toute concurrence en monopolisant
les cours d’eau, seul moyen utilisé à l’époque pour le transport des billes de
bois.

Suite à ce malheureux événement, les MacLaren ont créé une liste noire des
familles des travailleurs qui avaient participé à la création d’un syndicat,
forçant de nombreuses familles à l’exil. Cette liste noire a sévi pendant plus
de trois générations. D’autres familles – des colons ayant perdu leurs terres
suite aux inondations causées par les barrages des MacLaren – ont aussi dû
s’exiler. La liste des horreurs s’allonge lorsque, dans les années 1940, ils
détruisent même leurs châteaux afin de priver de revenus la Ville de Buckingham
– des pertes de plus de 100 000 $ en taxes municipales – dans le seul but de se
venger du nouveau maire.

Nous ne pourrons changer l’histoire, mais nous pouvons corriger l’erreur du
Conseil municipal qui, au cours des années 1960, a donné le nom de MacLaren à
une rue de Buckingham. Mais à l’époque, personne n’osait encore parler de cette
famille, par crainte de représailles. Si le doute vous hante, Monsieur le Maire,
nous vous suggérons fortement la lecture du livre de Pierre-Louis Lapointe, La
vallée assiégée : Buckingham et la Basse-Lièvre sous les Maclaren, 1895-1945
.

(Le 13 décembre 2006)