« SING WHITE » OU MEURS

Le fruit sec d’un arbre tordu est donc tombé. Canadian Idol, cette fabrique
commerciale à succès alambiqués, vient de faire les siennes. Un concours où le
français est interdit – (une démonstration navrante de la "Canadian Ideal") – a
fatalement conduit à la production d’un premier disque en anglais seulement par
une jeune québécoise multilingue.

Miss Avila est certes sympathique, et sa verve et sa fraîcheur détonnent avec
le conformisme unilingue anglais de son premier disque. Ce n’est pas elle que je
vise, mais les médias qui ont monté un spectacle qui exclut la diversité
culturelle, qui alimente un show-biz américanisé, et qui attire même des élus
québécois pour applaudir sa navrante parade d’exclusion. Feu Gilles Rocheleau,
ancien maire de Hull, qui était allé en prison pour défendre le français, doit
tourner dans sa tombe!

Parlant d’élus, notre "nouveau gouvernement" fédéral sabre dans les budgets
de tournées de nos artistes francophones; une compagnie doit annuler à elle
seule 44 présentations. Oublions notre culture; l’animation de Canadian Idol par
le fils de notre ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney nous
indique la seule voie de promotion artistique qui reste: "’Sing white’ ou
meurs!".

Harry Gow
Nouveau-Chelsea, Québec