NOUVELLE OFFENSIVE DES ANGLOLÂTRES EUROPÉENS

Vous trouverez, pour information, ci-dessous l’article du Monde paru dans
l’édition datée du 21 avril 2006 relatif au rapport rendu sur les enjeux
européens de la fonction publique française, par Ralph Dassa, (directeur de
l’Institut de la gestion publique et du développement économique) à Catherine
Colonna, ministre déléguée aux affaires européennes, et à Christian Jacob,
ministre de la fonction publique.

Ce rapport préconise en particulier la pratique de l’anglais "incontournable
dans le travail quotidien des institutions" ! L’offensive des anglolâtres et
autres anglomaniaques frappent à nouveau.

Il est à craindre que certains ministres (surtout Mme Colonna) déjà acquis à
l’option du "tout-anglais" prennent prétexte de ce rapport pour favoriser
l’anglais comme langue "opérationnelle" de l’Europe communautaire.

En effet, les états de service de Catherine Colonna en faveur de la langue
française ne sont pas brillants. Ainsi récemment Mme Colonna avait lors d’une
séance de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale
française, répondu au Député Jacques Myard qui demandait que les services de
l’état exigent des institutions européennes des textes en français et non en
anglais : " J’aimerais aller dans votre sens, monsieur le Député, mais pour des
raisons d’efficacité, ce n’est pas possible."

Nos associations doivent se mobiliser et faire en sorte que ce rapport n’ait
pas de suite en s’appuyant notamment sur l’attitude de fermeté que Jacques
Chirac a manifesté lors du dernier sommet européen en quittant la réunion
lorsque Ernest-Antoine Seillière (citoyen français et patron des patrons
européens) s’est exprimé en anglais alors que le sommet bénéficiait de la
présence d’interprètes. Cette fermeté affichée doit, aussi, s’accompagner de
moyens financiers afin que la pluralité linguistique soit mise en oeuvre
concrètement dans la réalité des pratiques quotidiennes de la mondialisation.

Marc Favre d’échallens
Mfavredechallens@aol.com


Les fonctionnaires français invités à se former aux "enjeux européens"
LE MONDE | 20.04.06 | 13h47 • Mis à jour le 20.04.06 | 13h47

les affaires européennes sont proprement devenues des affaires intérieures.
La dimension européenne est partie intégrante de la quasi-totalité des
politiques publiques nationales." Sur la base du constat d’un déficit de
formation aux "enjeux européens" des fonctionnaires et agents publics, Ralph
Dassa, directeur de l’Institut de la gestion publique et du développement
économique (IGPDE) et ancien directeur du Centre des études européennes de
Strasbourg, a formulé une soixantaine de propositions dans un rapport rendu,
mercredi 19 avril, à Catherine Colonna, ministre déléguée aux affaires
européennes, et à Christian Jacob, ministre de la fonction publique.

Même s’il ne l’érige pas en priorité, l’auteur évoque la nécessité, pour
Paris, de renforcer ses réseaux d’influence en prévision de la présidence
française de l’Union du second semestre 2008.

Ce rapport s’intéresse en premier lieu aux cadres et futurs dirigeants de
l’administration française. Outre une épreuve dans les concours de recrutement
ainsi que l’ouverture de voies nouvelles à l’intention des professionnels ayant
une expérience européenne, il préconise des formations spécifiques, à l’exemple
de la réforme des études de l’Ecole nationale d’administration (ENA).

Cet effort doit aussi être renforcé pour les cadres intermédiaires. A l’égard
des enseignants, M. Dassa propose la création d’un "module obligatoire des
questions européennes" dans les Instituts universitaires de formation des
maîtres (IUFM). Le rapporteur insiste logiquement sur la pratique des langues et
notamment de l’anglais "incontournable dans le travail quotidien des
institutions". Surtout, il s’agit de mieux préparer les fonctionnaires aux
concours de recrutement de la commission.

Le rapport suggère également de développer des outils pédagogiques,
"plate-forme multimédia, bibliothèques en ligne et manuels de procédures", pour
alimenter la formation permanente. Il prévoit des mesures en faveur de la
mobilité des fonctionnaires, en stage ou détachés.
M. Dassa reconnaît que ses préconisations nécessitent "une impulsion d’ordre
politique" et un "accompagnement technique". Les ministres concernés n’ont pas
indiqué les suites qu’ils comptent lui donner.

Michel Delberghe
Article paru dans l’édition du 21.04.06 du journal LE MONDE

(Le 21 avril 2006)