NON AU TOUT ANGLAIS

Pour information, lettre ouverte à M. Julien Dray du parti socialiste.

Monsieur Julien Dray,

Permettez que je fasse réponse, point par point, au courriel que vous m’avez
récemment adressé au sujet du message que l’A.FR.AV, l’association que je
préside, a diffusé auprès des élus de la République pour leur faire part que
nous trouvions anormal que Madame Royal, personnage public connu de notre pays,
s’exprime en anglais en Suède, un pays non anglophone, et cela même, alors que
notre langue est encore une grande langue internationale.

Vous écrivez : Je suis stupéfait par votre
message.

Je réponds : Vous avez été stupéfait, eh bien, rassurez-vous, moi
aussi je suis stupéfait. Je suis stupéfait, et cela dure depuis des années. Je
suis stupéfait par le laxisme, le laisser-faire, l’inaction, l’inconscience,
l’à-plat-ventrisme de la plupart de nos politiciens qui semblent sourds et
aveugles devant l’anglomanie ambiante qui nous assaille chaque jour davantage.

Michel Serres, philosophe, académicien, historien des Sciences, professeur
des universités de Stanford (états-Unis d’Amérique) et de Paris, a dit qu’il y a
maintenant à Paris plus de mots en américano-anglais qu’il y en avait en
allemand durant l’Occupation nazie.

Ainsi dit, j’aimerais bien savoir si cet état d’anglicisation avancé de notre
pays, très justement dénoncé par Michel Serres, ne vous stupéfait pas aussi, et
si vous comptez réagir, en cela, comme vous avez su si bien le faire pour Mme
Royal ?

Vous écrivez : Ignorez-vous qu’il peut y avoir
utilité à parler plusieurs langues…

Je réponds : Je n’ignore pas qu’il y ait utilité à parler plusieurs
langues, c’est bien pour cela d’ailleurs que je me bats depuis des années au
sein de l’A.FR.AV. Je me bats notamment pour qu’il y ait le choix des langues
étrangères à apprendre en 6e et pour qu’il n’y ait plus le monopole de
l’enseignement de l’anglais dans nos écoles primaires.

Votre "utilité à parler plusieurs langues", me rappelle Lionel Jospin,
qui, lorsqu’il était ministre, avait décidé d’introduire l’enseignement des
langues étrangères à l’école primaire. En réalité, son "enseignement des
langues étrangères
", s’est traduit pour 98% des cas par l’introduction
massive de l’anglais dans nos écoles.

Ainsi, pour prendre un exemple, dans les classes de primaire de Manduel
(village près de Nîmes), il est impossible d’apprendre une langue étrangère
autre que l’anglais. Plusieurs parents ont protesté contre cette mainmise de
l’anglais, on leur a répondu "qu’il n’y avait rien à faire, que c’est l’anglais
obligatoire".

Puis, il y a eu le collège de Manduel, un collège tout neuf qui a ouvert ses
portes en septembre 2005, et là aussi, comme par hasard, il n’y a que l’anglais
en 6e. L’Inspecteur de l’Académie du Gard, M. Jacky Raymond, et son acolyte, M.
Daniel Bouvard, ont refusé l’espagnol en 6e. Ainsi, alors que nous étions en
2005, que l’on nous parlait sans cesse, avec le référendum sur la Constitution,
de la richesse de l’Europe et des bienfaits de la diversité culturelle, on ne
nous fourguait au nouveau collège que l’anglais en 6e.

Alors non, je n’ignore pas l’utilité de parler plusieurs langues, c’est
plutôt ceux qui nous gouvernent, de droite comme de gauche, qui en favorisant la
politique du tout anglais, ou en fermant les yeux sur cette politique, ignorent,
ou font semblant d’ignorer, qu’il sont en train de tuer l’utilité de parler
plusieurs langues.

M. Lionel Jospin parlait de langues étrangères au pluriel, comme vous avec
votre "utilité de parler plusieurs langues", mais la réalité est bien là : en 6e
et dans les écoles primaires – et bientôt dans les maternelles – dans langues
étrangères au pluriel, il faut comprendre anglais, anglais et anglais. La
réalité du terrain semble donc vous échapper.

Pour la petite histoire, M. Daniel Bouvard, bras droit de l’Inspecteur
d’académie Jacky Raymond, grand fossoyeur de l’espagnol LV1 en 6e au nouveau
collège de Manduel, vient d’être nommé Inspecteur d’académie pour le département
de l’Aisne.

Autrement dit, ce monsieur a été promu à un échelon supérieur, cela même,
alors que par son intransigeance à ne pas vouloir ouvrir une classe d’espagnol
en 6e au nouveau collège pour contrer le tout anglais, il s’est rendu coupable
d’avoir installé la discrimination linguistique à l’école.

à noter que M. Daniel Bouvard devrait se sentir à l’aise dans l’Aisne
puisqu’un grand discriminateur linguistique, comme lui, y sévit. Il s’agit du
président du Conseil général, M. Yves Daudigny, qui, l’an dernier a fait
distribuer, auprès de la population de ce département, 80 000 cédéromes gratuits
d’apprentissage de l’anglais, lançant, dans la foulée, une campagne publicitaire
en anglais pour prétendument attirer les touristes dans l’Aisne, une campagne
intitulée "Aisne, it’s open".

à l’époque, il y a donc 1 an, notre association avait dénoncé par courriel
auprès des élus de la République, l’infamie de M. Yves Daudigny. Force est de
constater que vous ne nous avez pas répondu sur cette affaire, pourtant votre "utilité
de parler plusieurs langues
" serait tombé à propos pour M. Daudigny. Cette
affaire n’était-elle pas assez royale pour qu’elle vous fasse réagir ?

Vous écrivez : …lorsqu’il n’y a pas
d’interprète et que vous avez obligation de vous faire comprendre puisque vous
êtes un personnage public important et que votre parole doit être comprise par
vos interlocuteurs ?

Je réponds : Pardonnez-moi, si Madame Royal n’avait pas d’interprète
en Suède, ce n’est pas de ma faute. Si Madame Royal n’est pas capable
d’organiser son voyage en Suède en prévoyant un élément aussi simple que
d’emmener avec elle un interprète français-suédois, je suis en droit de me
demander, dans ces conditions, si elle serait capable de mener le pays si
d’aventure elle devenait locataire du Palais de l’élysée.

Il y a quelques années de cela, je suis allé en Allemagne en voyage. Je ne
parle pas allemand ni personne dans ma famille. Comme je ne voulais pas parler
anglais en Allemagne à des Allemands, j’ai invité pour ce voyage le fils de mon
voisin qui préparait une licence d’allemand. Lui était content d’aller en
Allemagne tout frais compris, et moi, j’étais content d’amener avec moi un
interprète qui m’a évité de faire "la pub" de l’anglais en Allemagne.

Ce que j’ai fait, moi, simple ouvrier, pourquoi Ségolène Royal qui prétend à
être Présidente de la République et qui a des moyens autrement plus important
que les miens, pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?

Vous écrivez : Madame Royal s’est exprimée en
français au cours de la quasi-totalité de son séjour. Et vous, vous prenez un
fait isolé, visionné hors de son contexte et à la sauvette…

Je réponds : Pardonnez-moi encore, mais ce n’est pas moi qui ai pris,
selon vos dires, un fait isolé, visionné hors contexte, à la sauvette, c’est
France 2, chaîne de télévision du Service public. C’est donc auprès de son
directeur de chaîne qu’il faudrait protester pour cette prétendue information
mal faite, et non auprès de moi, même s’il est peut-être plus simple pour vous
de vous en prendre à un simple citoyen, plutôt qu’au P.D.-G d’une grande chaîne
de télévision.

Notre association a le courage, elle, de protester contre l’anglomanie de
France 2 lorsque cela est nécessaire.

Récemment, nous avons protesté contre la dénomination anglaise "Dancing
Show
", une émission phare de l’été sur France 2. Une appellation en anglais,
alors qu’il est pourtant stipulé noir sur blanc dans le cahier des charges de
France Télévision que la Télévision de Service public se doit de veiller à la
promotion, à l’enrichissement, à la diffusion et à la défense de la langue
française? Comment expliquer, dans ces conditions, ce "Dancing Show",
véritable panneau publicitaire pour la langue impériale ? Ni la direction de
France 2 ni le CSA ne nous ont répondu sur cette anglomanie.

Même cas, également, pour la "Coupe de la Fédération" en tennis, qui est
devenue depuis quelques années, dans la bouche de la plupart des journalistes,
on ne sait pas pourquoi, la "Fed Cup". Récemment la journaliste Béatrice
Schonberg, aux actualités de 20 heures sur France 2, a été prise la langue
dans le sac en employant la tournure anglaise "Fed Cup". Là encore, nous avons
protesté, mais ni la direction de France 2 ni le CSA ne nous ont répondu sur
cette anglomanie.

Quoi qu’il en soit, pour en revenir à notre affaire, des millions de gens ont
entendu, comme moi, Madame Royal s’exprimer en anglais en Suède, pays non
anglophone. Cela a fait de la publicité (gratuite) à l’anglais, cela a
renforcé encore un peu plus auprès du peuple l’idée que cette langue est
incontournable, que c’est la langue éLUE, la langue supérieure et que rien ne
sert, en fait, d’apprendre les autres langues étrangères puisque tout le monde
parle, ou parlera, anglais
. D’ailleurs, les gens commencent à être tellement
conditionnés à l’anglais que bon nombre d’entre eux refusent désormais que leurs
enfants apprennent en première langue étrangère, une langue étrangère autre que
l’anglais.

Cette année à Manduel, l’Académie a essayé d’introduire l’allemand en
initiation dans les classes des écoles primaires. Dans sa classe, mon fils a été
le seul à s’inscrire pour l’allemand et ils étaient 2 en tout et pour tout dans
son école à demander cette langue pour la rentrée prochaine. Moralité, faute
d’effectif, il n’y aura pas d’allemand en septembre, dans les classes primaires
de Manduel, il n’y aura que l’anglais, encore.

Cette aliénation du peuple pour l’anglais devrait alerter la classe
politique, et, ce faisant, désaliéner le peuple, en la matière, devrait faire
partie intégrante de tout programme politique digne de ce nom. Madame Royal,
dans son programme pour les Présidentielles, a-t-elle prévu un plan pour
désaliéner le peuple par rapport à l’anglais omniprésent, ou, non consciente du
problème, n’a t-elle rien prévu, laissant, du coup, les loups angliciseurs
dévorer ce qui reste encore de diversité linguistique de par le monde ?

Les exemples d’inconscience en matière de politique des langues ne manquent
pas, hélas.

M. Jose Zapatero, 1er Ministre en Espagne (socialiste !), veut donner une
prime de 1000 euros à tout étudiant espagnol qui optera pour l’anglais dans ses
études. M. Jose Zapatero n’a pas apparemment compris que le tout anglais était
une dictature, une dictature discriminatoire et vexatoire à l’égard des autres
grandes langues du monde et une dictature également pour les Espagnols
eux-mêmes, qui, du coup, vont être enfermés dans l’idéologie anglo-américaine.
M. Zapatero aurait-il oublié que son pays a connu une dictature, en des temps
pas si lointains ; aurait-il oublié tout le mal que cela peut apporter ?

Les pays de l’Est, anciennement de l’ex-union soviétique, se ruent également
sur l’anglais. Là encore, ces populations semblent avoir oublié ce qu’est
l’impérialisme d’une langue unique, elles, qui ont été obligées d’apprendre le
russe pendant plus de 70 ans. Elles n’ont pas compris apparemment que la
Liberté, c’était d’avoir le choix, c’était le plurilinguisme et que la langue
unique rimait avec parti unique et pensée unique.

Devant ces pays capitulards, la France qui a toujours refusé les dictatures
et les impérialismes, se doit (encore !) de montrer la voie. Non pas en parlant
anglais en Suède ou dans un quelconque autre pays non anglophone, mais en
refusant ouvertement et clairement la politique du tout anglais. En donnant,
pourquoi pas, une prime à tout élève, qui, entrant en 6e, prendrait en première
langue vivante étrangère une langue autre que l’anglais. En donnant aux examens
des coefficients supérieurs aux langues étrangères autres que l’anglais, le
tout, bien sûr, n’étant pas dirigé contre la langue anglaise, mais contre la
politique du TOUT ANGLAIS
.

Vous écrivez : …pour tirer des conclusions
totalement déplacées…

Je réponds : Dire que mes conclusions sont totalement déplacées
n’engage que vous et prouve tant soit peu que vous n’êtes pas au fait des
problèmes linguistiques. Le contexte actuel, hélas, me donne raison. Les faits
montrent tant sur le plan français que sur le plan européen et mondial que nous
sommes de plus en plus colonisés par la langue anglaise.

Mais la question que je me pose depuis longtemps demeure : pourquoi les
Socialistes, si prompts d’ordinaire à dénoncer les impérialismes, pourquoi ne
dénoncent-ils pas, pour le cas, l’impérialisme de la langue anglaise qui sévit
partout chez nous et en Europe ? Auriez-vous peur de vous en prendre à
l’Internationale du fric dont le dollar est la devise et l’anglais la langue de
ralliement ?

Vous écrivez : …sur des faits que vous ne
connaissez pas, sur des personnalités que vous ne connaissez pas et que vous
vous permettez de juger.

Je réponds : Si Madame Royal se présente aux élections présidentielles
de 2007, il faudra bien que l’on se PERMETTE de la juger, excusez du peu, sinon
comment voulez-vous que l’on se PERMETTE de voter pour elle le cas échéant ?

Les simples citoyens, comme moi, qui n’ont pas l’occasion de manger à la
cantine avec Mme Royal, seront bien obligés de se faire une opinion à partir de
ce que les médias voudront bien faire apparaître d’elle, alors, à elle de
contrôler la véracité de ce que les médias disent à son sujet.

Vous écrivez : Je suis attaché à la langue
française et à son rayonnement.

Je réponds : Vous êtes attaché à la langue française, c’est bien, mais
attaché comment, comme qui ?

Comme Jean Glavany, porte-parole, en son temps, des pourfendeurs de la Loi
Toubon, une loi qui avait pour mission pourtant de mettre de l’ordre dans le
monde très libéral des luttes pour le pouvoir linguistique, une loi qui voulait
imposer la langue de la République – ô sacrilège ! – là où les multinationales,
les Seillière, les Parisot, les Trichet voudraient mettre l’anglais pour faire
plus de fric ; comme Claude Allègre qui disait lorsqu’il était ministre de
l’éducation nationale qu’il fallait cesser de considérer l’anglais comme une
langue étrangère ou comme Lionel Jospin qui, voulant généraliser l’enseignement
des langues étrangères en primaire n’a fait qu’introduire massivement l’anglais
dans notre système éducatif, diminuant en heures l’enseignement du français,
accentuant la fracture du peuple avec sa langue, fortifiant le fait qu’un enfant
sur cinq entrant en 6e ne sait ni lire ni écrire ?

Vous écrivez : Mais tenir de tels propos ne sert
pas la cause de langue française, bien au contraire. Elle la dessert…

Je réponds : En quoi la cause de la langue française ne serait-elle
pas servi en disant la vérité ? Autant crever l’abcès que de risquer une
septicémie en s’entêtant à ignorer la maladie. Le style direct, sans langue de
bois, ne vous sied peut-être pas. Vous auriez préféré, somme toute, un discours
moins terre à terre, plus mondain, excusez du peu, mais nous travaillons plus
avec les syndicats ouvriers qu’avec les mangeurs de caviar à la louche.

Pour information, nous soutenons M. Jean-Louis Cuisinier du syndicat CFTC
d’Axa-Assistance qui se bat au sein de son entreprise pour que les employés des
agences allemandes et françaises ne soient pas obligés de correspondre entre eux
en anglais ; nous soutenons le syndicat CGT de Carrefour Nîmes-Sud qui lutte
contre la terminologie anglo-américaine employée systématiquement par le groupe
Carrefour (Carrefour a donné des noms anglais à ses produits : Blue Sky, First
Line, Green Cut, Top Bike, Flesh Powder, Number One, etc. !) ; nous soutenons
Mme Jocelyne Chabert du syndicat CGT de la GEMS, une société dans laquelle la
Direction veut imposer l’anglais ; nous soutenons Mme Muriel Tardito du syndicat
CFTC d’Europe-Assistance, une entreprise où l’on a mis en place un logiciel
entièrement en anglais à la disposition du personnel chargé de la comptabilité,
etc.

Vous écrivez : …car elle fait passer ses
promoteurs pour des jusqu’auboutistes intolérants.

Je réponds : Les jusqu’au boutistes intolérants me semblent être
plutôt ceux qui imposent l’anglais et la politique du tout anglais chez moi,
dans mon pays, et partout en Europe. à cause des jusqu’au boutistes intolérants
partisans du tout anglais, les enfants de Manduel qui ont pris l’espagnol LV1,
ont été contraints de prendre l’autocar pour aller étudier dans le village
voisin, autrement dit, ils ont été déportés, séparés de leurs camarades,
éloignés de leur village, punis de ne pas pouvoir profiter du collège tout neuf.
à la vue de ce traitement, plus aucun enfant ne prendra l’espagnol (LV1) à
Manduel de peur de subir le même sort, et c’est encore le tout anglais,
évidemment, qui sort grand vainqueur de cette affaire.

Alors, quand vous parlez de nous de jusqu’au boutistes intolérants, regardez
la poutre qu’il y a dans l’oeil des angliciseurs, plutôt que la larme qu’il y a
dans le nôtre.

Vous écrivez : Je vous invite à réfléchir à deux
fois avant d’envoyer de tels messages aux élus de la République, …

Je réponds : Il est de mon devoir et de mon honneur d’avertir les élus
de la République lorsque je sens que la langue de la République, ma langue, est
ignorée, maltraitée, bafouée, humiliée et vous n’avez pas en cela à m’inviter à
réfléchir à deux fois pour le faire, je le fais, un point c’est tout.

Par contre, moi, je vous invite à réfléchir à deux fois sur la nécessité de
mettre en place une vraie, une dynamique et une volontariste politique
linguistique, une politique refusant le tout anglais, une politique de
reconquête du français à l’école, une politique pour que les quatre principales
langues d’Europe – allemand, anglais, espagnol et italien – soient sur le même
pied d’égalité dans nos écoles primaires et en 6e, une politique valorisant la
Francophonie institutionnelle avec, notamment, un plan d’aide massif pour
développer l’Afrique francophone, une politique pour le français, langue
internationale.

Je vous conseille en cela de vous initier au combat subtil de la guerre des
langues en lisant notamment sur le sujet les excellents livres, du non moins
excellent universitaire Charles-Xavier Durand, des livres tels que "La nouvelle
guerre contre l’intelligence", "La manipulation mentale par la destruction des
langues", "La mise en place des monopoles du savoir", etc.

Lisez également les directives de l’"Anglo-American Conference Report 1961",
des directives émanant des riches pays anglophones, réunis pour l’occasion, et
qui visaient à imposer de nouvelles structures mentales, "une autre vision du
monde" par le biais de l’anglais, une langue qui n’est pas neutre, une langue
liée à des intérêts qui ne sont pas ceux des 92% de la population mondiale non
anglophone. Ce rapport concluait par "l’anglais doit devenir la langue
dominante
".

Lisez aussi de Robert Phillipson, universitaire britannique, maître de
conférences en anglais et en pédagogie des langues, enseignant à l’Université de
Roskilde (Danemark), "Impérialisme Linguistique", un livre publié par Oxford
Université Presse en 1992, vous comprendrez comment et pourquoi, l’anglais est
devenu si puissant dans le monde.

Voyez, dans la foulée, le rapport rédigé par le professeur François GRIN, de
l’Université de Genève. Entre autres choses, il y démontre très clairement
comment l’hégémonie linguistique de l’anglais est une fort mauvaise affaire
pour la France
, ainsi que pour tous les états non anglophones de l’Union
européenne… Voir : (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000678/index.shtml)

Enfin, renseignez-vous sur les activités du British Council, l’organisme
britannique chargée de répandre la langue anglaise de par le monde. Prenez
contact, en cela, auprès de Mme Anna Maria Campogrande, Vice-Présidente d’Action
et Défense, syndicat autonome de la fonction publique des institutions
européennes, chargée de la question linguistique (anna-maria.campogrande@skynet.be).
Elle vous dira comment le British Council s’est accaparé les leviers
linguistiques de la Commission européenne et comment par les multiples coteries
qu’il exerce, il pousse à ce que l’anglais devienne la langue prépondérante,
incontournable et officielle de l’Europe.

Vous écrivez : …car vous discréditez votre
organisation, et au-delà, la promotion de la francophonie dans son ensemble.

Je réponds : Encore une fois, je ne vois pas en quoi dire la vérité à
partir de faits réels qui se passent sur le terrain ou à la télévision,
discréditerait notre association.

L’A.FR.AV est une association de Résistance. Une association de résistance
culturelle et linguistique. Nous sommes donc dans notre rôle en dénonçant tous
ceux qui collaborent à notre soumission culturelle et linguistique. Et Ségolène
Royal, ne vous en déplaise, en parlant anglais dans un pays non anglophone – ou
du moins en laissant apparaître cela à la télévision à une heure de grande
écoute -, alors qu’elle possède, avec le français, une langue à portée
internationale, a contribué à cette collaboration.

je finirai en citant le philosophe, Michel Serres :

"Tout cela est de notre faute, mais ça peut se réformer très vite. Il
suffit que le peuple qui parle français se révolte contre ses décideurs. Moi, je
suis du peuple, ma langue est celle des pauvres. J’invite les pauvres à se
révolter contre ceux qui les obligent à s’angliciser
".

Régis Ravat
Président de l’A.FR.AV (http://www.francophonie-avenir.com)


Communiqué initial de l’A.FR.AV :

Monsieur le Député,

Hier soir (le 4 juillet 2006), aux actualités de 20 heures à la télévision,
nous avons entendu Ségolène Royal s’exprimer en ANGLAIS en Suède.

Devons-nous trouver normal qu’une candidate au poste de Président de la
République se fasse ainsi VRP de la langue des Américains ?

La Suède n’est pourtant pas un pays anglophone et la langue française est
encore une grande langue internationale
, il n’y avait donc aucune raison
valable pour s’exprimer en anglais et faire allégeance, ce faisant, à la langue
impériale.

Hier soir, Mme Royal nous a montré, en préférant en Suède l’anglais au
français, en capitulant linguistiquement, qu’elle n’était pas un Homme d’état
digne de ce nom, et que donc, elle ne méritait pas d’accéder au poste suprême.

Ségolène Royal en anglais en Suède, et dire que l’année 2006 a été déclarée
"Année Léopold Sédar Senghor", autrement dit "Année de la FRANCOPHONIE".

Triste réalité que ces hommes politiques sans honneur, sans consistance,
à-plat-ventristes, ô combien !

Merci de protester avec nous contre l’anglomanie ambiante en général et
contre l’anglomanie de Mme Royal en particulier.

Dans l’attente, recevez, Monsieur le Député, l’expression de toute notre
considération.

Régis Ravat
Président de l’A.FR.AV (http://www.francophonie-avenir.com)

Réponse de M. Julien Dray (jdray@assemblee-nationale.fr)
:

Je suis stupéfait par votre message. Ignorez-vous qu’il
peut y avoir utilité à parler plusieurs langues lorsqu’il n’y a pas d’interprète
et que vous avez obligation de vous faire comprendre puisque vous êtes un
personnage public important et que votre parole doit être comprise par vos
interlocuteurs ?

Madame Royal s’est exprimée en français au cours de la
quasi-totalité de son séjour. Et vous, vous prenez un fait isolé, visionné hors
de son contexte et à la sauvette pour tirer des conclusions totalement déplacées
sur des faits que vous ne connaissez pas, sur des personnalités que vous ne
connaissez pas et que vous vous permettez de juger.

Je suis attaché à la langue française et à son
rayonnement

***************

(Le 13 août 2006)