LETTRE OUVERTE À MOLSON CANADA

Ou comment les Québécois sont en passe de devenir des…
Franco-French à l’Hexagonal

Je suis outré par votre publicité aux réseaux télévisuels français du Québec.

Quand on s’adresse aux Québécois, et qu’on les respecte, on le fait en
français.

Or votre choix musical accompagnant ces publicités se réduisent à des
chansons américaines.

Comme en France, quoi…

Histoire de lancer les mêmes pubs auprès de n’importe quel public ou
auditoire, anglais ou français, j’imagine.

Pour moi c’est du mépris.

Et comble de tout, l’insulte s’ajoutant à l’injure, il est impossible
d’acheminer les messages par le biais de votre site (http://www.molson.com/companyinformation/contact/index.php?lang=fr).
Molson n’a donc rien à cirer de l’opinion de ses clients. J’en
prends bonne note.

Alors voici, gens de Molson. Je bois vos produits sur une base
régulière depuis très certainement au moins 20 ans. C’est maintenant terminé. Il
n’entrera plus jamais une bouteille Molson dans ma maison.

C’est une promesse.

Salutations,

étienne LaHire,
citoyen du Québec
LaHire@Q-bec.com

PS : Consolez-vous tout de même : vous n’êtes pas les seuls, « Molson
Beers
», à passer à la trappe de mes comportements civiques. Chez moi en
effet, dans ma famille, on observe rigoureusement une espèce de « loi » qui a
trait au respect de la langue française: toute entreprise qui ne respecte pas
scrupuleusement le français dans ses rapports avec ses clients québécois, et ce
à quelque niveau que ce soit, se voit littéralement évacuée de notre univers de
consommation. Qu’il s’agisse de la raisons sociale non francisée (Future
Shop, Burger King, Yellow, Sam Records
, etc.), des circulaires publicitaires
outrageusement bilingues (Provigo, Metro, Super C, Wal Mart, etc. et même
la québécoise (sic) pharmaceutique Brunet…, alors que les mêmes
circulaires sont unilingues anglaises aussitôt que l’on sort des frontières du
Québec vers the Rest of Canada), ou encore qu’il s’agisse des commerces
où on ne peut être servis dans la langue officielle du Québec (ou sinon, très
laborieusement), ou que des produits sont étiquetés et présentés in english
only
, à quoi j’ajouterais (bien sûr, et outre notamment les imbuvables
publicités télévisuelles en post-synchro, car la liste serait encore fort
longue: l’affichage, etc.) le choix musical des lieux.

Une chanson anglo-américaine de temps à autre, ça peut aller. De la musique
anglo-américaine partout et tout le temps, c’est NON! NON! NON! Il y a des
limites à se conduire comme de vrais colonisés dans notre propre maison
nationale !
Le Anything but French, j’en ai jusque-là. Jusque-Là.
Aussi j’incline à penser que si à l’échelle du simple consommateur (par-delà les
lois et les grands gestes politiques, absolument nécessaires par ailleurs: mais
encore faut-il que cette réglementation soit effectivement appliquée, n’est-ce
pas, M. John James Charest?) nous adoptions de manière générale des
comportements critiques de cette sorte, le paysage québécois changerait du tout
au tout en très peu de temps. Le jour où les Future Shop et les Wal
Mart
de ce monde constateront que leurs rayons sont désertés par la
clientèle pour cause de mépris de la vie française québécoise, ils ne seront pas
long à se découvrir soudain un grand «respect» pour la langue et la culture
d’ici. Le simple consommateur, à son échelle propre, individuelle, possède un
très grand pouvoir à l’égard des firmes et entreprises où il déverse
quotidiennement ses dollars. Hélas! il ne s’en doute pas encore…

(Le 22 mars 2006)