LE TOUT-ANGLAIS DE BRUXELLES

Le 23 mars dernier, M. Jacques Chirac a quitté la salle du Conseil européen
de Bruxelles en compagnie des ministres du l’économie et des Affaires
étrangères, Thierry Breton et Philippe Douste-Blazy, pour ne pas écouter
l’intervention, devant ce conseil, du baron Ernest-Antoine Seillière, qui tenait
à s’exprimer en anglais. Ce Français est l’ex-président du Mouvement des
entreprises de France (MEDEF) et le président actuel de l’Union des industries
de l’UE.

La délégation française a voulu ainsi protester contre les agressions
multiples que subit actuellement la langue française à l’Union européenne.
Ainsi, Bruxelles continue d’envoyer des documents de travail rédigés uniquement
en anglais aux administrations françaises et cherche à faire de l’anglais la
langue des brevets européens en France.

Plusieurs associations françaises ont invité des groupements québécois à
appuyer le geste du chef de l’état français. L’ASULF a expédié le message
suivant :

Monsieur le Président,

Le soussigné aime les bipèdes qui se tiennent debout au lieu de ramper. C’est
pourquoi il vous félicite de tout coeur d’avoir quitté la salle du Conseil
européen pour protester contre le comportement de l’un de vos compatriotes.
Voilà une geste qui vous honore et qui encourage les francophones qui osent
continuer d’utiliser leur langue en dehors de la chambre à coucher.

Malheureusement, plusieurs représentants de la France à l’Union européenne et
à l’ONU se comportent à la Seillière. C’est pourquoi je vous invite à vous
assurer que tous les Français au sein de ces organismes suivent votre exemple.

Il va sans dire que les Québécois, qui déplorent chaque jour l’anglomanie
galopante de plusieurs de vos compatriotes, se sentent réconfortés et qu’ils
comptent de nouveau sur vous pour la promotion de la langue française.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, nos salutations les plus distinguées.

Le président,

Robert AUCLAIR
nhoule@coopcscf.com

(Le 31 mars 2006)