LE FRANÇAIS DANS LES RUES DE QUÉBEC

Sans être une spécialiste de la langue, je suis choquée de voir pulluler des
fautes de français où qu’on porte les yeux – fautes le plus souvent commises par
des gens dont c’est le métier de rédiger.

J’ai envoyé la lettre qui suit à la Chambre de Commerce de Québec, ainsi
qu’aux organisateurs du 400e anniversaire. Je n’ai reçu aucune réponse. Et chez
Telus, où je me suis arrêtée, le commis m’a pointée du doigt en me disant :
«Vous, vous devez êtes un professeur de français.» Comme si j’étais atteinte
d’un virus épouvantable! Non, je ne suis pas professeure, mais j’aime le beau
dans tout. Et la ville de Québec est la dernière qui devrait se laver les mains
en ce qui concerne la détérioration de la langue.

Certaines villes cachent leurs clochards lors des grands événements. Pourquoi
ne ferions-nous pas, nous, disparaître, le temps que dureront les Fêtes du 400e
anniversaire de Québec, les fautes de français dans les vitrines de nos rues
principales? On parle de nettoyage, de réparation et de construction de chemins,
de ceci et de cela pour rendre encore plus belle notre ville. Mais le français
correct, c’est non seulement de l’esthétisme, mais aussi une marque de respect
pour la langue que nous prétendons défendre. Je crois à propos de rappeler cette
réflexion du linguiste Richard Bergeron : «Je suis fier de ma langue, mais
est-elle fière de moi?» Si nos commerçants donnaient un petit coup de torchon
sur leurs enseignes, cela ne pourrait faire que du bien.

Voici quelques exemples de ce qui m’agresse quotidiennement :

Désolé, nous sommes fermés (chez Telus)
… méditéranéenne
…devans cette porte
Bonne appétit
On vous accueil
Soupe aux carrottes (menu du jour)
Bronzage illimitté
suite 550 (clinique dentaire)
Accomodation
Dents de sagesses (autre clinique dentaire)

Sans oublier le site Internet d’un de nos plus grands restaurants où j’ai
trouvé pas moins de 35 fautes… J’en ai signalé trois à l’établissement, qui
les a corrigées, sans me remercier (je n’en demandais pas tant) et sans accuser
réception de mon message.

Combien de Québécois sont prêts à monter aux barricades pour la langue? Un
temps nouveau s’annonce et, malheureusement, le monde nous entendra proclamer
encore, comme des cancres, notre «Fiertée d’aître québéquois» (sic).

Pourquoi ne pas créer un poste temporaire pour faire la chasse à ces
horreurs? Je postule tout de suite.

Lise Guenette
lise_guenette@yahoo.fr