LA PRESSE

Votre chronique du 24 août 2006, intitulée Golf et Lexique me laisse
sidéré. Pensez-vous vraiment que les golfeurs à leurs premières armes seront
incapables d’établir la différence entre fosse de sable et bunker,
caddie
et cadet (l’anglais ayant emprunté le mot cadet au français) par
et normale, fairway et allée ? Il y a plusieurs années, la francisation
des termes du hockey et du baseball a connu un franc succès comme en témoigne la
renommée de René Lecavalier à la Soirée du Hockey. Après avoir parcouru le
lexique en question, je considère que l’Office québécois de la langue française
a fait un bon travail dans ce domaine, et que même si certains équivalents
peuvent prêter à sourire, il n’en reste pas moins que cette version en français
devrait se révéler utile. Dans les tournois de golf présentés à la télévision,
on entend les mots verts et normale, et personne ne semble s’en
formaliser.

En ce qui concerne le terme courriel, il a été recommandé en 2003 par
la Commission de terminologie et de néologie qui en pense beaucoup de bien, et
l’Académie française l’a approuvé la même année. Il semble également que son
usage est assez largement répandu en Belgique.

http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/terminologie/courriel.htm

Si vous décidez de vous en tenir au français international, La Presse risque
de perdre des lecteurs, car le français correct imprimé dans vos pages, est
fortement teinté de québécois, et le français de l’hexagone n’est pas toujours
facile à digérer.

Lorsque vous écrivez C’est rêver en couleur que de s’imaginer que six
millions d’individus cantonnés en Amérique réussiront à imposer leurs choix
linguistiques à 60 millions de Français, sans compter des millions d’autres
francophones, qui sont tous alignés sur la norme de la mère patrie de la langue
française
, j’y note un immense mépris pour les défenseurs de la langue
française, qui,.bénévoles pour la plupart, ont grandement contribué au maintien
de notre langue, en l’enrichissant de québécismes au besoin. Noyés dans un océan
de 300 millions d’anglophones, ce n’est sûrement pas sur la mère patrie, que
nous pourrions compter. étant donné que 43 % de Québécois ne lisent pas de
journaux, je suggère fortement à La Presse de diriger ses efforts dans cette
direction.

Guy G. Loubier
yloubier@videotron.ca

(Le 12 septembre 2006)