HABLAS ITALIANO?

Madame Marie-Clause Lortie
La Presse

J’aimerais tout d’abord vous féliciter et vous remercier pour votre article
intitulé "Hablas italiano?" paru sur le site de cyberpresse :


http://www.cyberpresse.ca/article/20061224/CPMONDE/612240657/5160/CPMONDE

Cet article est très pertinent, tombe à point, quoiqu’un peu tardivement. Il
aurait du paraître il y a 20 ans!

Ainsi donc fut sanctionné le complexe de colonisé consistant à croire que
tout le monde sur terre parle et doit parler anglais! Et j’espère que d’autres
ayant la même attitude seront punis de la même façon dans l’avenir! Mais d’où
vient cette idée que l’anglais soit lingua franca? J’ai ma petite idée
là-dessus.

Isolement géo-politique du Québec

Aussitôt sorti du Québec par voie terrestre, nous ne pouvons faire autrement
que de tomber dans un milieu anglophone, mis à part quelques régions
francophones ou autochtones. 

Infériorisation économique des Canadiens-français

Sans refaire le cours d’histoire, comme parler anglais était nécessaire pour
réussir, il est évident que cela a probablement eu une influence. J’ai entendu
des histoires de gens frustrés parce qu’on leur a refusé des emplois pour ne pas
parler anglais. Et pour ceux qui parlaient anglais, les possibilités
d’avancements étaient à Toronto, aux états-Unis ou en Angleterre. Pas à Berlin,
pas à Paris, pas à Rome. Les autres pays n’existaient pas, étant des colonies,
ou bien dans un sous-développement avancé.

Propagande

Un professeur d’anglais du secondaire (un francophone) nous mentionnait que
la langue anglaise lui avait permis de communiquer avec des gens du Japon, du
Venezuela, de l’Allemagne. Il nous mentionnait aussi les traduction horribles
des films ou les livres traduits qu’on doit payer deux fois plus cher. D’accord,
quand on ne parle pas la langue de notre interlocuteur, on doit bien se rabattre
sur quelque chose. Mais comment se fait-il qu’on n’enseigne pas une 3e voire 4e
langue étrangère dans nos écoles? Maintenant, je parle en japonais à des
Japonais (d’accord, de façon très limitée), je parle allemand à des Allemands
(d’accord, peut-être pas encore dans le cadre professionnel) et espagnol aux
hispanophones. Et puis les films, je préfère une traduction approximative où je
comprends 100%, qu’une version originale ou je comprends 80%, et où je dois
faire un effort; je regarde un film pour relaxer, pas pour faire un effort de
compréhension! Finalement, les livres traduits que j’achètent sont pour la
plupart le même prix, voire même moins chers. Pourquoi moins cher? Parce qu’il
en coûte moins pour traduire un livre que pour faire un travail de recherche, de
rédaction, de tests pour les exemples, de révision, de structuration, de
modification, de relecture, etc. Ceci est d’autant plus vrai pour les livres
techniques (ex. : DEITEL & DEITEL, Comment programmer en C++?).

Concertation des é.-U. et du R.-U.

Je me demande jusqu’à quel point cette perception de l’anglais langue
universelle n’est pas renforcée par des actions ciblées et concertées des pays
anglo-saxons. Voici des liens d’intérêt :


http://www.esperanto-sat.info/article448.html


http://www.unc.edu/depts/diplomat/archives_roll/2002_04-06/french_review/french_review.html



http://www.esperanto-sat.info/article447.html
 

J’ai lu relativement à cela la phrase suivante : "Quand on possède la langue,
on possède l’esprit; quand on possède l’esprit, on possède tout le reste".

B. Ing. Dominique Beaulieu
Candidat au grade de M.Sc. en informatique

Quelques extraits de l’article de madame Lortie:

Hablas italiano?

Marie-Claude Lortie, La Presse

Vous voulez savoir c’est quand la fois où j’ai eu l’air le plus ridicule en
reportage à l’étranger? C’est quand j’ai cru qu’on peut se débrouiller partout
en Europe en parlant anglais.

(…) Pourquoi je vous raconte tout ça? Pour exorciser l’embarras, j’imagine.
Mais aussi pour rappeler à tout le monde que ce n’est pas vrai que l’anglais est
devenu la lingua franca des temps modernes.

(…) La réalité, c’est qu’il y a plein de gens sur Terre qui ne parlent pas
un traître mot d’anglais. Je l’ai vu au Japon, en Russie, en Albanie, au Brésil.

(…) En Espagne et en Italie, pour bien travailler, il faut parler la langue
du pays.

Tout l’article est accessible à

http://www.cyberpresse.ca/article/20061224/CPMONDE/612240657/5160/CPMONDE

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(Le 30 décembre 2006)