ANGLICISATION DE GATINEAU

Le
17 août 2006

Monsieur Marc Bureau
Maire

Ville de Gatineau
Case postale 1970, succ. Hull
Gatineau (Québec) J8X 3Y9

Monsieur le Maire,

Objet : « Green Waste »

La distribution du dépliant anglais « Green Waste » dans le secteur Aylmer
n’est pas la faute de Postes Canada, comme vous l’affirmez dans Le Droit du 10
août 2006, mais celle de la Ville de Gatineau qui soumet les citoyens de ce
secteur à une pratique anglicisante, différente de celle en vigueur dans les
autres secteurs de la nouvelle ville.

C’est bien à cause de cette pratique différente de distribuer
systématiquement « à tous » à Aylmer des dépliants en anglais que certains
citoyens de ce secteur ont reçu la version anglaise plutôt, comme il se doit et
comme l’exige la Loi, la version française. Et ce n’est pas le première fois que
la Ville est fautive à cet égard !

Il va sans dire que cette pratique différente pour le secteur Aylmer doit
être remplacée par celle en vigueur dans les autres secteurs de la ville ou
encore remplacée par une nouvelle qui limiterait la distribution de « certains »
documents municipaux en anglais ou dans une autre langue uniquement aux
personnes physiques qui en font la demande.

Nous avons été estomaqués de lire que pour recevoir la version française les
citoyens québécois lésés de leurs droits auraient à en faire « la demande » !
Cette solution nous apparaît inacceptable et méprisante compte tenu des droits
linguistiques fondamentaux garantis par la Charte de la langue française.

Nous vous invitons plutôt à corriger l’erreur de votre administration en
procédant à un nouvel envoi uniquement en français à tous les citoyens du
secteur Aylmer accompagné d’une lettre d’excuse.

Et pour éviter que cela se reproduise puisque ce n’est pas la première fois
que la Ville est trouvée fautive, nous vous prions de modifier les pratiques
linguistiques en vigueur au sein de la Ville de Gatineau pour que dorénavant
tous les citoyens reçoivent tous les documents municipaux en français et que les
versions dans d’autres langues ne soient distribuées, accompagnées de la version
française, qu’uniquement aux personnes physiques qui en font expressément la
demande et non à tous.

De plus, cette mesure permettrait une économie importante à l’heure où l’on
se plaint des coûts exhorbitants de l’administration municipale.

La Ville de Gatineau, institution publique québécoise à la frontière de
l’Ontario, a un rôle important à jouer dans la défense et la promotion de la
langue française afin d’en faire la langue commune de la diversité et la langue
d’usage publique commune. En Outaouais, à Gatineau et encore plus dans le
secteur Aylmer, les statistiques sur l’assimilation et l’anglicisation des
francophones sont dramatiquement inquiétantes. Nous n’avons pas besoin de la
nouvelle Ville de Gatineau pour y contribuer !

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments
les meilleurs.

Le président,

Jean-Paul Perreault

c.c
Mesdames et messieurs les conseillers municipaux
Madame Lyne Péloquin, conseillère en francisation à l’OQLF

Adresse utile :
bureau.marc@gatineau.ca