AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT… EN ANGLAIS

M. Albert Salon
Président du FFI-France
M. le Président,

Je viens de prendre connaissance de votre échange de correspondance avec le
directeur de la communication de l’AFD (Agence Française de Développement) dans
cette affaire. Ce dernier, peut-être un peu vif parfois, déclare notamment ceci
qui a retenu mon attention: "Faudrait-il ne pas
recevoir une personnalité parce qu’elle ne s’exprime pas en français ?
"

Comme vous l’avez fait observer à ce collaborateur de l’AFD, la question
n’est évidemment absolument pas là et on peut du reste s’étonner d’une telle
réaction. Si j’ai, moi aussi, saisi hier plusieurs parlementaires avec lesquels
j’ai des contacts réguliers, c’est que l’invitation à la présentation de
l’ouvrage dit "Globalization for development"
prévoyait que celle-si se ferait, dans les locaux français de l’AFD, en
anglais
, donc sans traduction en français. Ce qui, de la part d’une
personnne morale de droit public aurait été parfaitement scandaleux, quoi que
puissent en penser les organisateurs de cette conférence.

C’est précisément parce que le docteur Ian Goldin, vice-président de la
Banque mondiale (dont j’ai déjà entendu parler, il s’agit, je crois, d’un
économiste diplômé de Oxford), coauteur de cet ouvrage, ne s’exprime pas en
français qu’une traduction doit être prévue afin de permettre à ceux qui ne sont
pas anglophones de connaître, eux aussi, une partie de ses travaux.

J’attribue à votre légitime intervention la présence annoncée in fine d’un "traducteur
anglais/français
" et je vous en fais mes bien sincères compliments.
Légitime, en effet, car, comme vous le savez parfaitement, à l’heure de la
mondialisation et de la soumission à l’ordre néolibéral, l’usage du français
est à ce point menacé à l’intérieur même des administrations françaises en
général
que, après M. Edouard Balladur, le Premier ministre Jean-Pierre
Raffarin, dans une circulaire du 14 février 2003 relative à l’emploi de la
langue française par les agents publics, avait rappelé de nouveau leurs
obligations à tous les fonctionnaires et personnels de l’Etat. Le n° 85 de notre
bulletin Le Cinquième Monde reviendra sur
cette vaste question.

Bien cordialement à vous ,

Jean-Pierre Busnel
Président de l’IAB
contact@iab.com.fr

(Le 9 avril 2006)