RÉSEAU DES ÉCOLES PRIVÉES

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Une première polémique avec Pauline Marois et Louis Bernard

Aujourd’hui, 28 août, au cours d’un débat entre des candidats à la chefferie
du Parti Québécois, j’ai exprimé mon profond désaccord avec Pauline Marois et
Louis Bernard qui se sont prononcés pour le maintien du réseau des écoles
privées dans un Québec indépendant.

Le débat était organisé par la circonscr1ption de Vaudreuil-Soulanges et
réunissait plus d’une centaine de personnes. Après des présentations générales
de Pierre Dubuc, Pauline Marois, Richard Legendre, Louis Bernard, Gilbert
Paquette, Jean Ouimet, Gilles Paquette et Hughes Cormier et une pause de 15
minutes, les candidats devaient répondre à des questions de l’auditoire.

Une d’entre elles demandait aux candidats leur position sur le réseau des
écoles privées. Mme Marois et M. Bernard se sont prononcés clairement pour le
maintien du financement des écoles privées.

à mon tour de parole, j’ai exprimé mon total désaccord avec leur position.
J’ai rappelé que les écoles privées sont financées à 65 % à même les fonds
publics, une situation exceptionnelle en Amérique du Nord. Ni l’Ontario, ni même
les états-Unis ne permettent un financement public des écoles privées.

Au Québec, ai-je rappelé, le secteur privé est en pleine expansion propulsé
par la propagande de la revue L’actualité qui publie, chaque année, le palmarès
de l’Institut économique de Montréal, un organisme d’extrême-droite, financé par
Power Corporation et d’autres organismes patronaux.

Si bien qu’aujourd’hui plus de 20 % des élèves des écoles secondaires du
Québec fréquentent les écoles privées et que ce pourcentage atteint 30 % à
Montréal.

L’effet le plus pernicieux de cette situation est que les écoles publiques se
sont mises à vouloir concurrencer le réseau privé sur son propre terrain en
pratiquant, elles aussi, la sélection des élèves avec la création d’écoles «
internationales » et d’écoles à projet particulier.

Nous avons donc un système à trois vitesses, soit les écoles privées, les
écoles publiques à vocation particulière et les écoles ordinaires. Nous avons un
système totalement déstructuré où les élèves ayant des difficultés
d’apprentissage ou des troubles de comportement se retrouvent en majorité dans
des classes ordinaires.

Cela mène au décrochage scolaire des élèves. et des enseignantes et
enseignants qui se retrouvent en plus grand nombre victimes de burn-out dans ces
classes où se concentrent les problèmes de violence et de délinquance.

J’ai souligné à Mme Marois que les grands principes d’égalité des chances et
d’intégration des minorités culturelles dans lesquels elle s’était drapée dans
son discours d’ouverture se trouvaient contredits par son soutien aux écoles
privées.

Comment, ai-je dit, peut-on parler d’égalité des chances pour ces filles et
fils des classes populaires qui se retrouvent dans les classes ordinaires
privées des meilleurs éléments qui auraient pu avoir une influence éducative
positive sur leur développement scolaire ?

Comment, ai-je souligné, peut-on parler d’intégration des minorités
culturelles à Montréal lorsque les élèves de ces communautés se retrouvent en
surnombre dans les classes des écoles de la CSDM parce que certains parents
d’élèves francophones préfèrent inscrire leurs enfants dans des écoles privées
parce qu’ils considèrent que les conditions d’apprentissage ne sont pas réunies
pour leurs enfants dans les écoles publiques précisément à cause du surnombre
d’enfants allophones?

Malheureusement, le débat se terminait avec mon intervention et ni Mme
Marois, ni M. Bernard n’ont pu me donner la réplique.

Espérons que ce n’est que partie remise.

Pierre Dubuc
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info@spqlibre.org

(Le 29 août 2005)