PROFESSION DE FOI FÉDÉRALISTE DE MICHAËLLE JEAN

Journal Le Québécois
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La profession de foi fédéraliste de Michaëlle Jean

Le Journal Le Québécois prend bonne note de la sortie publique de la nouvelle
gouverneure générale, Michaëlle Jean, pour établir clairement qu’elle, et son
mari, sont et ont toujours été fédéralistes.

N’ayant jamais eu autre objectif dans cette affaire que de cibler Paul Martin
pour sa nomination malhabile et le mettre ainsi dans l’embarras, le Journal Le
Québécois
considère aujourd’hui que malgré la profession de foi fédéraliste du
couple, il a atteint ses objectifs. Il est maintenant clair, et ce, d’un océan à
l’autre, que l’entourage de Paul Martin de même que les services de
renseignement ont fait preuve dans ce dossier d’un amateurisme et d’une
incompétence sans nom. Car, peu importe les allégeances politiques de Michaëlle
Jean et du nouveau prince consort, Jean-Daniel Lafond, il est clair qu’une
simple enquête de routine aurait permis de faire toute la lumière sur le passé
du couple qui est, tous l’admettront, fort particulier lorsqu’on aspire à
occuper Rideau Hall.

Si la petite équipe de recherchistes du Journal Le Québécois a pu découvrir
tout ce qu’elle a découvert dans ce dossier, il est clair que le Service
canadien de renseignement de sécurité, que la Gendarmerie royale du Canada et
tous les journalistes du Québec et du Canada le pouvaient également. étant donné
que l’information a été rendue publique par le Journal Le Québécois, et par lui
seul, la direction de ce même journal engagé fermement en faveur de
l’indépendance politique du Québec considère que bien des gens au Québec et au
Canada n’ont pas fait leur devoir. «Dans toute cette affaire, peu importe les
reproches qu’on peut adresser au Journal Le Québécois, il est clair que notre
petite équipe a fort bien servi le droit du public à l’information. Qui, le plus
sérieusement du monde, peut venir nous dire que tout ce que nous avons révélé à
propos de la nomination de Paul Martin n’était pas d’intérêt public ?», de dire
Pierre-Luc Bégin, directeur des éditions du Québécois et Patrick Bourgeois,
directeur du Journal Le Québécois.

Sans ambages, certaines personnes ont reproché au Journal Le Québécois
d’avoir diffusé les informations qu’il avait en sa possession. Certains
ministres libéraux ont parlé d’une chasse aux sorcières orchestrée par Le
Québécois
. Or, il faut savoir que de telles attitudes relèvent d’un
autoritarisme tout à fait malsain. Le Québécois considère que le peuple du
Québec et le peuple canadien sont assez intelligents pour prendre connaissance
de tous les tenants et aboutissants d’un dossier pour se faire par la suite leur
propre opinion. De tels reproches deviennent carrément scandaleux lorsqu’ils
proviennent de journalistes ou de chroniqueurs. Cela démontre trop bien que pour
certains d’entre eux, le droit du public à l’information n’est rien en regard de
la nécessité de protéger l’unité canadienne. «Nous sommes convaincus que bien
des Québécois se posent aujourd’hui des questions sur la façon dont fonctionnent
les médias au Québec. Plusieurs ont très certainement dû être fort surpris de
découvrir que de telles informations avaient été révélées par un simple journal
alternatif aux modestes moyens. Assurément, ils ne regarderont jamais plus les
médias de la même façon après cet épisode délicat», ont déclaré messieurs Bégin
et Bourgeois

«Nous n’avons jamais adhéré à l’idéologie souverainiste»

Dans cette affaire, le Journal Le Québécois n’a jamais réclamé de savoir ce
que Mme Jean ou son mari ont voté en 1995. Nous avons toujours considéré que le
vote était du domaine privé et que ce droit leur appartenait autant qu’il
appartient aux autres citoyens. Nous avons toujours dit que nous respecterions
Mme Jean et son mari si ceux-ci devaient admettre qu’ils avaient changé
d’allégeance en cours de route. Cela est tout à fait leur droit. Ce qui est par
contre particulier dans la déclaration publique de Mme Jean, c’est lorsqu’elle
dit qu’elle n’a jamais été souverainiste, comme son mari ne l’a jamais été. Le
Journal Le Québécois se dit bien prêt à croire que Mme Jean n’a jamais été
souverainiste, mais soutient du même souffle qu’il est beaucoup plus difficile
de prétendre la même chose de son mari. Après tout, qu’a voulu dire le prince
consort lorsqu’il a écrit :

«Un Québec souverain ? Un Québec indépendant ? Oui, et j’applaudis des deux
mains et je promets d’être de tous les défilés de toutes les Saint-Jean»

«Le prince consort devait très certainement parler de la Martinique lorsqu’il
parlait d’un Québec indépendant dans cette citation. ça tombe sous le sens.
Comme il devait parler de la Martinique lorsqu’il parlait de la Saint-Jean.
Après tout, il est de notoriété publique que la Fête nationale des Martiniquais
a lieu elle aussi à la Saint-Jean-Baptiste?», de répondre messieurs Bégin et
Bourgeois.

Pour notre part, il nous semble qu’il aurait été plus honnête que le couple
admette leur passé souverainiste et qu’il dise qu’il a depuis changé d’idée.
Tout individu a droit à ses opinions politiques. Et tout individu a droit de
changer d’idée. Cela, le Journal Le Québécois l’a toujours reconnu. «En
préférant nier l’évidence, cela n’est certes pas à leur honneur. Mais est-ce que
le Canada anglais aurait accepté la moindre ouverture envers le mouvement
indépendantiste dans la déclaration publique de Mme Jean ? Nous ne le croyons
pas et à l’évidence, le couple vice-royal pas davantage. Et cela démontre que le
couple est maintenant tout à fait sous le contrôle de Paul Martin qui lui met
des mots dans la bouche qui ne convaincront personne. Enfin, c’est leur choix»,
de déplorer Bégin et Bourgeois.

Un fédéralisme de quelle nature ?

Toute cette affaire a clairement démontré que les médias du Canada anglais
n’étaient nullement prêts à poser les questions que se posent leurs citoyens. Il
est vrai que la situation précaire dans laquelle se trouve présentement le
Canada (gouvernement fédéral minoritaire et appui à la souveraineté du Québec à
environ 55 %) les pousse à la plus grande prudence, eux qui ne veulent très
certainement pas donner des munitions aux indépendantistes québécois. Cela se
comprend. De leur côté, les médias du Québec ont beaucoup de difficulté à
adresser les critiques qui doivent être adressées à Paul Martin dans ce dossier.
Par conséquent, et pour poursuivre sa mission d’information, les journalistes du
Québécois aimeraient que Mme Michaëlle Jean qui acceptera à l’évidence de jouer
le rôle de gouverneure générale précise sa vision politique du Canada et du
Québec. Pour ce faire, nous aimerions qu’elle réponde, au cours de son mandat,
aux quelques questions suivantes :

  1. Est-ce qu’elle reconnaît l’existence du peuple québécois, ce que nie
    l’état qu’elle représente?
  2. Est-ce que le peuple québécois jouit du droit à l’autodétermination et à
    l’indépendance comme les autres peuples ?
     
  3. Sinon, est-ce que le Québec constitue à tout le moins une société
    distincte?

Finalement, le Journal Le Québécois tient à préciser qu’il prend l’entière
responsabilité pour toute cette affaire. C’est l’équipe de ce journal, et elle
seule, qui a poussé l’actualité politique à emprunter cette avenue. Elle en
accepte donc toutes les conséquences. Que Jean Lapierre cesse de faire dévier le
débat vers Gilles Duceppe et le Parti Québécois.

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(Le 22 août 2005)