MÉRITES DU FRANÇAIS

Direction informatique Express, 6 mai 2005

Du français, de l’art et des nouveaux médias

2005/5/6 – MéRITES DU FRANçAIS DANS LES TI – Groupe ECP, lauréat 2005 dans
la catégorie Site Internet – Petite et moyenne organisation, pour le site
Passepart.ca.

Danielle Soucy

Le soir du gala des Mérites du français dans les TI, lorsqu’il a pris la
parole sur scène, après avoir reçu le Mérite dans la catégorie Site Internet –
Petite et moyenne organisation, Benoît Beaudoin, producteur Nouveaux médias du
Groupe ECP, a d’emblée salué le travail de Neyla Chehimi, adjointe de direction
et l’une des rédactrices et correctrices attitrées : « à l’école, les gars
étaient souvent moins bons que les filles en français… et on dirait que ça
continue. Sans notre « maîtresse d’école », nous ne serions pas ici! ».
L’instant d’après, François Tessier, réalisateur Nouveaux médias, ajoutait : «
mais Passepart n’est pas seulement un site en bon français sur la culture
francophone, c’est aussi un canal Web unique à la croisée de l’Internet et de la
télévision. »

Promotion du français et de la culture francophone, d’une part; intégration
de la télé et des nouveaux médias, d’autre part : en quelques phrases, les deux
directeurs du site
Passepart.ca
venaient d’énoncer les grands axes
de la mission du Groupe ECP. Créé en 1986 par Jean-Yves de Banville, Jean Huppé
et Maurice Huppé, le Groupe ECP a d’abord fait sa marque dans la production
télévisuelle, en se concentrant peu à peu dans le créneau de la culture
francophone.

On se souviendra peut-être de l’émission « Les Arts et les autres », diffusé
sur TV5 de 1999 à 2002. Lui succédant, le magazine culturel Passepart voit le
jour en 2002. Animé à partir de Montréal, Passepart présente chaque semaine aux
téléspectateurs de TV5 un survol de l’actualité artistique francophone du
Québec, mais aussi de toute la francophonie canadienne, par la voix de neuf
correspondants postés dans autant de villes. Il a fallu un an pour que le site
associé à l’émission soit lancé sur la Toile. « Dès le départ, explique Benoît
Beaudoin, nous voulions créer un site de convergence « à valeur ajoutée », qui
utilise à fond toutes les ressources du multimédia, en particulier la vidéo. »

Passepart.ca est bien loin, en effet, de la simple vitrine Web ou du «
produit dérivé ». Chaque semaine, le site propose aux internautes des entrevues
vidéo de trois ou quatre minutes avec des artistes ou des concepteurs de
manifestations culturelles. (Soulignons au passage, la convivialité et la
facilité d’accès de ces capsules vidéo, diffusées au choix à haute ou à basse
vitesse.) La page d’accueil de ces cyberreportages contient aussi des hyperliens
qui renvoient à des sites connexes.

L’internaute trouve aussi à la page d’accueil de Passepart un renvoi au
Calendrier culturel. Conçu à l’aide de la technologie édimage, cet agenda
répertorie les événements artistiques francophones qui ont cours dans toutes les
régions du Canada. Mais de toute évidence, c’est la série interactive
Tête-à-tête, une autre réalisation du Groupe ECP greffée au site Passepart, qui
fait la fierté de Benoît Beaudoin et de son équipe. Intégrée au Fonds d’archives
francophones, Tête-à-tête présente le portrait de cinquante artistes du Québec
et de la francophonie canadienne reliés à toutes les disciplines.

« Chacun de ces portraits, explique Benoît Beaudoin, est une création unique,
basée sur la métaphore scénique, dans laquelle nous donnons à voir, à lire et à
entendre chaque artiste. » Là encore, l’équipe d’ECP a donné libre cours à sa
créativité en intégrant la vidéo, la musique, les textes et les animations dans
un produit numérique qui devient à son tour une véritable oeuvre d’art numérique.

Passepart a posé à ses concepteurs des défis de financement, de logistique,
d’esthétique mais aussi, des problèmes technolinguistiques. Ainsi, la question
du référencement. Passepart est entièrement bâti avec la technologie Flash de
Macromédia. Or, on sait que les contenus de pages construites avec Flash ne sont
pas détectés par les moteurs de recherche. Pour y remédier, les intégrateurs
d’ECP ont recours à ce qu’ils appellent des « pages-ponts » conçues en langage
HTML, qui reproduisent les éléments essentiels des pages Flash. Plus de travail,
certes, reconnaît Xavier Pétermann, intégrateur Flash, mais l’indexation du site
est assurée. (En retour, l’emploi de Flash règle les problèmes de décodage des
caractères accentués propres au français puisque toutes les polices de
caractères traitées par Flash sont converties en images et de ce fait, sont
reproduites telles quelles par les navigateurs Web.)

Chez ECP, les esprits et les écrans sont déjà occupés par la prochaine
réalisation : la série documentaire et le site Tshinanu, qui explorent la
culture des peuples autochtones d’expression française. Une autre navigation
dans « l’espace infini de créativité » du Web et de la télé, comme dit Benoît
Beaudoin.

Danielle Soucy est conseillère en communication à l’Office
québécois de la langue française
.


http://www.directioninformatique.com/index.asp?theaction=61&sid=52746

( Le 7 mai 2005)