LES TRAVAILLEURS FRANÇAIS S’ORGANISENT

Pour la version intégrale de l’article dont nous reproduisons ci-dessous
certains extraits:

http://www.lesechos.fr/info/rew_metiers/4259459.htm

De plus en plus de salariés refusent de se plier au diktat de l’anglais dans
l’entreprise. Pour préserver la diversité linguistique et leurs conditions de
travail.

Selon l’Observatoire de la formation, de l’emploi et des métiers (Ofem), 7 %
des entreprises ont adopté le « tout anglais ».

Le débat n’est pas nouveau, mais depuis janvier dernier, il a pris une autre
tournure. C’est une première dans l’Hexagone : la filiale française du géant
américain General Electric Medical Systems (GEMS) a été condamnée pour usage
abusif de l’anglais au travail. La CFDT et la CGT reprochaient à l’entreprise de
ne pas respecter la loi Toubon de 1994. En cause, des documents techniques, des
logiciels et messageries qui n’étaient disponibles qu’en anglais. « Au-delà des
difficultés que cela crée, c’est aussi une question de sécurité, remarque
Jocelyne Chabert, déléguée CGT. Nous manipulons des machines à rayons X. Les
techniciens doivent travailler avec des notices en anglais, alors que tous ne le
maîtrisent pas. » GEMS a fait appel mais doit, d’ici le 1er juin, traduire les
documents visés. (…)

Selon l’Observatoire de la formation, de l’emploi et des métiers (Ofem),
seules 7 % des entreprises ont adopté le « tout anglais ». Mais pour Marceau
Déchamps, vice-président de l’association Défense de la langue française, le
danger est réel. Tout d’abord sur le plan social: « Certaines entreprises ont
fait venir des cadres étrangers anglophones et ont ainsi empêché la promotion de
salariés français qui avaient les qualités requises. C’est discriminant car face
à un «native speaker», un Français n’a aucune chance.

Comment faire valoir sa créativité ou son dynamisme dans une langue étrangère
? » L’autre problème est d’ordre économique : « En utilisant une seule langue,
on risque de favoriser les délocalisations. Si tous les outils de travail sont
déjà en anglais, il est alors plus facile de s’installer à l’étranger. »

Les pouvoirs publics ne semblent guère s’intéresser au problème. Les
inspecteurs du travail ne sont pas sensibilisés à l’application de la loi Toubon
au sein des entreprises. « Le ministère du Travail n’a jamais ouvert ce dossier
», déplore Thierry Priestley, pour qui le droit linguistique constitue un droit
essentiel.

(Cet article nous a été communiqué par nos partenaires Défense de la langue
français, dlf78@club-internet.fr)

(Le 2 mai 2005)