LE MONDE DONNE LA PAROLE

Je vous adresse, pour information, la copie de la lettre que le journal Le
Monde a bien voulu publier (de larges extraits en fait) dans le courrier des
lecteurs de son édition datée du vendredi 25 mars 2005. Cette lettre a été
envoyée à la suite de l’article de Xavier Darcos (ministre délégué à la
Coopération, au Développement et à la Francophonie, auprès du ministre des
Affaires étrangères) parue dans l’édition du Monde datée du 19 mars 2005 et
intitulée « La francophonie passe par l’Europe ». Le référendum sur le traité
constitutionnel semble faire perdre le bon sens aux politiciens français
favorables à son approbation.

Marc Favre d’échallens
président de la section de Paris et Île-de-France de Défense de la langue
française

LE MONDE/AU COURRIER DES LECTEURS/VENDREDI 25 MARS 2005

TROUBLE DU LANGAGE OU LANGAGE TROUBLE ?

Xavier Darcos dresse un constat vrai de la situation du français en Europe :
« tentation du tout-anglais », « nov-langue », « menace d’un monolinguisme
insipide ». Pour contrer cette déferlante de la langue anglaise en Europe,
Xavier Darcos propose un plan défensif (une veille des sites Internet, une mise
à la disposition de toutes les institutions européennes d’un logiciel d’aide à
la rédaction administrative en français, etc.), mesures certes tardives, car la
dérive anglolâtre de l’Europe ne date pas d’hier, mais une bonne initiative.

Mais Xavier Darcos ajoute dans une envolée contradictoire, « Il faut le dire
clairement, à quelques semaines d’un référendum décisif : l’Europe est pour le
français un facteur de rayonnement international. » Etrange raisonnement de
notre ministre qui conduit à une conclusion inverse de sa démonstration. En
effet la France a dû bâtir à ses frais un plan pour la sauvegarde du français et
du plurilinguisme contre les dérives européennes (…)

Où est le pluralisme linguistique européen dans l’obligation d’utiliser
l’anglais dans les négociations d’adhésion ? Où est le respect de la diversité
linguistique dans les offres d’emplois demandant des « English mother tongue ».
? La Commission, qui considère les langues comme une entrave et un coût au
commerce sans frein, fait profil bas aujourd’hui de crainte de favoriser le «
non » au référendum du 29 mai, une affaire Bolkestein bis ne serait pas du
meilleur goût. Que sera la politique linguistique de la commission après le 29
mai ? That is the question ? dirait Jean-Pierre Raffarin, l’auteur du célèbre «
The yes needs the no to win against the no ».

Marc Favre d’Echallens
Paris
Mfavredechallens@aol.com

(Le 6 avril 2005)