LA FRANCE FOSSOYEUR«E» DE LA FRANCITÉ

Chère Madame,
Merci de m’avoir adressé une copie de votre émouvant message.

Non, ne désespérez pas, la résistance existe en France. Elle s’organise,
s’amplifie et agit. Vous faites bien de nous piquer un peu le bas du dos et de
nous rappeler notre responsabilité particulière, à nous Français, dans l’avenir
de la Francité.

Me permettez-vous de diffuser votre message à mes 750 correspondants
adhérents, sympathisants et personnalités ?

Et, si vous vous décidez un jour à revenir quand même en France, faites moi
signe, nous prendrons un verre ensemble pour parler de notre chère langue
française.

Cordialement et fraternellement vôtre

Marceau Déchamps
vice-président
Défense de la langue française,
dlf78@club-internet.fr

— Message d’origine —–
De :
MathildeFrancois@sympatico.ca

à : MacBidouille
Cc :
Imperatif@imperatif-francais.org

Envoyé : jeudi 21 avril 2005 03:40
Objet : La France fossoyeur«e» de la Francité

Bonjour M. Lionel,

Re :
http://www.macbidouille.com/

J’apprécie beaucoup MacBidouille.

Sauf que je dois vous avouer que c’est vraiment rébarbatif de ne jamais (à
toutes fins utiles, ou peu s’en faut) lire une phrase complète en… français.

Et je ne parle pas ici des raisons sociales ou des … Trade Marks.

Est-ce donc devenu tabou en France, à la fin, de s’exprimer tout simplement
en français…?

ça fait mal de voir un pays que je respecte s’entêter de la sorte à se nier
lui-même. Car ce phénomène se généralise tous azimuts depuis au moins une
décennie. à telle enseigne, je le dis pourtant sans méchanceté et sans nulle
intention de blesser qui que ce soit, que l’amoureuse de la culture française
que je suis a perdu toute envie désormais de retourner au pays des Voltaire,
des Hugo, des de Gaulle (j’y suis pourtant allée une bonne huitaine de fois
depuis vingt ans, et souvent à la faveur de longs séjours). Pourquoi? Parce
que je souffre sur place – rien moins – de voir pareille déliquescence
à grande échelle s’étaler sous mes yeux, et constamment dans mes oreilles.

Or, hormis pathologie, va-t-on dans un pays pour le plaisir d’y recevoir
des gifles à chaque pas ???

à croire que la France et les Français(e)s méprisent carrément leur
langue…
Y compris les «diffuseurs de francité» de première ligne, tel le journal Le
Monde
!

Et si je m’adresse à vous personnellement, M. Lionel, c’est, je le répète,
parce que je l’aime bien ce site dont vous vous occupez avec
professionnalisme. également, parce que je vois bien que vous n’êtes pas un
imbécile, et que vous maîtrisez fort bien (quand vous vous en donnez la peine)
la langue de votre patrie.

De notre patrie commune (comme l’eût dit Albert Camus), devrais-je préciser
: la Langue française.

Un site comme le vôtre pourrait pourtant contribuer – à son échelle, et ne
fût-ce qu’à titre modeste – à endiguer ce phénomène de dégradation (sinon
déchéance) globale. Vos nombreux et fidèles lecteurs pourraient bien être
tentés, vous savez, de nommer le monde Macintosh (et informatique, à
plus large échelle) dans la langue de votre – de notre – univers mental et
national si, au départ, on l’informait véritablement dans sa langue.

Je ne veux certainement pas faire de vous un bouc émissaire (au reste, vous
m’êtes plutôt sympathique), mais, bien entre nous, elle est devenue
consternante jusqu’à l’agression cette France qui semble vivre son identité –
son identité fondamentale – comme un handicap. Ne croyez-vous pas que c’est là
un symptôme que l’on retrouve «normalement» plutôt chez les peuples colonisés
d’antan (par… la France ou d’autres nations), non chez les peuples qui ont,
ou avaient, une opinion suffisamment haute d’eux-mêmes pour s’arroger alors,
avec bonne conscience, la mission d’apporter la civilisation aux
Béotiens environnants…?

J’aurais pu acheminer ce courriel (vous diriez: mail) à des milliers
– oui, des milliers – de destinataires sur le sol français (suisse et belge
aussi). Mais j’incline à penser, M. Lionel, et j’espère à raison, que vous
n’êtes pas un homme obtus. Et que vous êtes capable de réfléchir honnêtement à
ces questions. Sans en faire une affaire personnelle.

Et puis, il faut bien commencer quelque part…

Car à regarder la France, et cette Europe française dont elle est le
centre, il est minuit moins deux.

Nous sommes-nous battus en vain depuis deux cent cinquante ans (Bataille
des Plaines d’Abraham
, 1759; Traité de Paris, 1763), nous, ici,
Québécois, pour s’apercevoir à la fin – épuisés et quasi exsangues – que la
France n’en a rien à cirer.

De sa propre langue ?

Amicalement vôtre, compatriote de la patrie de l’auteur du… Dernier
homme
,

Mathilde François,
Québécoise qui se vit comme éconduite par une amie précieuse nommée France,
et qu’elle persiste à aimer contre toute logique…
20 avril 2005

cc : http://imperatif-francais.org
(y voir ceci au passage, véritable indice de la situation de manière plus
générale: EUROPE FRANÇAISE OU DE L’ALIÉNATION COMME VERTU)
et à quelques autres amis de notre idiome.