FRENCH TELECOM

Nous vous avions informés, le 12 juillet, du choix radicalement anglophone du
nouveau PDG de France Télécom, M. Didier Lombard, pour désigner son plan et les
nouveaux services proposés par notre très emblématique société nationale.

Le député Jacques Myard, alerté par l’association amie ALF, a soumis une
question écrite au gouvernement. Vous la trouverez en pièce jointe.

Vous pouvez continuer à envoyer des protestations, comme certains l’ont déjà
fait, par messagerie ou par la poste aux adresses suivantes :
agence.paris@francetelecom.com

Monsieur Didier Lombard
Président-directeur général
France-Télécom
6, place d’Alleray
75505 PARIS CEDEX 15


Jacques MYARD
Député des Yvelines
Maire de Maisons-Laffitte

ORC/XII/713

Mardi 26 juillet 2005

QUESTION ECRITE

M. Jacques Myard appelle l’attention de M. le Ministre de l’économie, des
finances et de l’industrie sur la dérive linguistique vers le tout anglais, sous
la houlette de son nouveau président, de France Telecom.

La langue française étant manifestement trop ringarde aux yeux de ses
dirigeants, l’entrée dans la modernité de France Telecom imposait sans nul doute
la mise à l’écart de la langue nationale. Ainsi, le plan pour la période
2006-2008, intitulé « Next », porte la marque de la révolution sémantique en
cours, tout comme le lancement de nouveaux services dénommés « Family talk », «
LiveCom » « Business Talk » « Livephone », « LiveMusic », « LiveZoom », «
Mobile§ Connected » et « Homezone ». Il est tout simplement étrange que France
Telecom n’ait pas été débaptisée et convertie en « French Telecom » !

Le principe de base énoncé par la Constitution française et précisé par la
loi Toubon du 4 août 1994 selon lequel la langue de la République est le
français, est une fois de plus, ouvertement bafoué au sein d’une entreprise
française, en l’occurrence l’un des fleurons de notre industrie. En restreignant
délibérément l’usage de la langue française, leurs dirigeants croient obéir à
des raisons pragmatiques, en réalité ils portent des coups gratuits et
contre-productifs à la cohésion d’ensemble de leur société, à ses intérêts
économiques et financiers et à sa position à terme dans la compétition
internationale. Il convient de rappeler à ces patrons qui veulent copier
servilement leurs concurrents qu’ils seront toujours battus sur le terrain de
leurs adversaires. Une langue est d’abord l’expression d’une pensée et penser
français, c’est aussi un atout pour séduire autrui.

Il lui demande s’il entend rappeler France Telecom à ses obligations
linguistiques, quelles mesures il compte prendre pour faire respecter l’usage de
la langue française au sein des entreprises et leur faire prendre conscience
qu’elle est un atout dans le monde concurrentiel. A défaut, il ne faudra pas
s’étonner que les Français rejettent davantage encore les clercs égarés qui
prétendent être les élites de la Nation.


Source:
Marceau Déchamps
Défense de la langue française
marceau.dechamps@laposte.net

(Le 4 août 2005)