FRANCE TÉLÉCOM

à l’attention de
Monsieur Didier Lombard
Président-directeur Général
France-Télécom
6, place d’Alleray
75505 PARIS CEDEX 15
agence.paris@francetelecom.com

Monsieur le Président-directeur Général,

L’état Français vous a tout donné, jusqu’à ce poste prestigieux que vous
occupez maintenant. Vous êtes de ceux que l’on appelle "les grands commis de
l’état". Si cela est un honneur, cela est aussi une charge, un devoir, celui de
servir les intérêts majeurs de l’état.

Or, voici que l’entreprise qui vous a été confiée semble avoir fait l’objet
d’une vision politique radicalement opposée à la promotion de notre langue et de
la vision du monde qu’elle porte, vision de liberté des peuples et de respect de
l’Homme notamment. Cette entreprise est bien avancée pour imposer le tout
anglais à ses clients, français pour la plupart. Elle se fait ainsi complice
actif et responsable de l’uniformisation mondiale avec toutes les conséquences
de rejet identitaire violent que cela ne manquera pas de susciter.

Permettez-moi de vous inviter, sur ce thème, à considérer que votre honneur
se tient maintenant sur les terrains de la reconquête de la place de la langue
française dans les affaires et dans le monde, de l’imagination créatrice en
matière de terminologie technique et commerciale et sur celui de la diffusion de
la culture. Sur ce dernier point, il serait bon en premier lieu que le caractère
typographique @ retrouve son nom de a-rond-bas-de-casse, ou "aronbas" en abrégé,
et se prononce "ad" comme la préposition latine qu’il représente, que les
"e-mails" deviennent des "courriels" ou des "méls", que "méliner" devienne le
verbe d’action pour "envoyer des courriels", qu’ "adélec" (pour adresse
électronique) vienne remplacer "adresse e-mail", et que les "newsletters"
s’appellent "infolettres" (pour lettre d’information informatique).

En langue comme en politique, rien n’est jamais perdu sauf par ceux qui ont
d’avance décidé de se soumettre à celui qu’ils estiment nécessairement dominant.
L’histoire est rempli des dépouilles de ces dominants et de leurs
collaborateurs.

Si tel n’était pas votre combat en matière de langue française, il serait
bienvenu de vous en expliquer devant le personnel de votre entreprise et devant
vos clients.

Avec tout le respect du à vos responsabilités, permettez-moi, Monsieur le
Président-directeur général, de vous adresser mes encouragements les plus vifs.

Patrice BERSAC
Client de France-Télécom
3, cour du Ginkgo – 75012 PARIS
Adélec: pbersac@9online.fr

(Le 16 août 2005)