DÉMANTÈLEMENT DES SERVICES LINGUISTIQUES

Le Commissaire Figel continue la politique de démantèlement des services
linguistiques instaurée par Neil Kinnock dont le but, à terme, était
l’élimination des Services linguistiques des institutions européennes et la
création d’un Centre de Traduction externe sous l’égide du British Council avec
la récupération, par ce dernier, des fonds consacrés au système linguistique
européen.

Figel est en train de préparer une Communication sur le multilinguisme qui
doit être adoptée par le Collège le 22 juin prochain.

D’ici là, les associations devraient intervenir auprès de lui pour qu’il
cesse de démanteler les Services de Traduction, et aussi intervenir auprès de la
Commission du contrôle budgétaire (Cocobu) et de la Commission du budget ( Cobu
) du Parlement Européen pour qu’il alloue aux services linguistiques des
institutions des budgets suffisants pour maintenir la qualité de l’information
et du dialogue avec les citoyens.

A la Commission, le démantèlement est insidieux, car il concerne surtout les
8 langues non-procédurales de l’Europe à 15 ( danois, espagnol, finnois, grec,
italien, néerlandais, portugais, suédois), mais aussi à un moindre degré
l’allemand et le français. Les traductions dans ces langues sont
systématiquement externalisées vers le marché freelance et le Centre de
Traduction où les traducteurs sont recrutés comme temporaires sans concours,
simplement sur titre et entretien ce qui permet d’engager tous les petits
copains et les copains des copains, indépendamment de leurs qualifications
professionnelles – à la différence des Services linguistiques des institutions
où ils sont recrutés sur concours et auxquels on impose une formation ad hoc
pour réaliser le travail, très spécialisé, requis par la construction
européenne.

Dans l’intervalle les traducteurs internes de la Commission, spécialisés et
avec une expérience de plusieurs années ont de moins en moins de travail car on
préfère un travail moins professionnel de l’extérieur, sans doute pour faire
travailler certains instituts à l’extérieur mais aussi pour amorcer une telle
dégradation des Services linguistiques qu’un jour il deviendra inévitable de
proposer la langue unique afin de « sauver l’Europe » de cette calamité.

Pour l’heure, c’est un véritable gâchis, du gaspillage de l’argent du
contribuable européen parce que les ressources humaines sont là, elles sont
performantes mais on préfère donner le travail à l’extérieur pour gratifier les
sociétés dont certains personnages bien placés sont les propriétaires.

La Commission dans le recrutement des traducteurs dans les langues des
nouveaux Etats Membres ( EUR-10) met toujours l’accent sur son bilan pour
dissimuler la dégradation de la situation pour les traducteurs des anciens Etats
Membres (EUR-15) qu’elle enrobe dans l’expression « redéploiements internes ».
Elle continue à recruter des Traducteurs des langues EUR-10 et commence à en
recruter pour EUR-2 (bulgare et roumain), tout cela au détriment des langues des
anciens Etats Membres EUR-15.

Anna Maria Campogrande

anna-maria.campogrande@skynet.be

(Le 4 juin 2005)