ALIÉNATION VOLONTAIRE

Le système hospitalier du Québec
All for One and I for Myself : L’aliénation volontaire de l’état
québécois

Les propos de M. Benoît Dubreuil tombent sous le sens.*

Au reste, et au surplus, le système d’éducation post-secondaire québécois
(alimentant trois universités anglophones – trois et rien moins : pas exactement
trois fois rien – et un bon nombre de cégeps de même orientation linguistique) –
et j’exclus pour l’heure l’ensemble du réseau éducatif public depuis les CPE –
n’échappe pas aux mêmes aberrations.

Or comment une logique aussi élémentaire (foncière) peut-elle échapper,
d’abord, à l’entendement du gouvernement du Québec, M. Charest ? à l’Assemblée
nationale de manière plus générale, ensuite, MM. Boisclair et Dumont ?

Kou donk ! c’est naturel ou culturel, atavique ou civique, cette propension,
chez nous, en terre française d’Amérique, à nous tirer dans le pied de manière à
nous assurer en permanence de – voire de nous rassurer sur – notre
assujettissement volontaire à notre propre minorité…?

Du 50/50 entre 82% (92%, de fait) et 8% d’une collectivité nationale, ce
n’est pas l’égalité ni la solidarité, nobles valeurs s’il en est. C’est de la
fraude sinon de l’ivrognerie intellectuelle.

Voire de la servilité élevée à hauteur de valeur suprême de civilisation.

Sommes-nous réellement bêtes à ce point, ministres Fournier et Couillard …?

Jean-Luc Gouin
LePeregrin@yahoo.ca
Capitale nationale, 13 déc. 2005

* Devoir du 13 décembre 2005 (

http://ledevoir.com/2005/12/13/97537.html
) ** . Voir aussi sur le même
sujet, parmi le vaste choix disponible et dans le même élan, «L’apartheid
hospitalier» de Robert Laplante, paru dans L’Action nationale du dernier
printemps:

http://www.action-nationale.qc.ca/bulletin/05mars28.htm

= > Courriels pertinents : M. Philippe Couillard, ministre de la Santé
et des Services sociaux:
ministre@sss.gouv.Qc.ca
; M. Jean-Marc Fournier, ministre de l’éducation:
ministre@meq.gouv.Qc.ca ; M. Jean
Charest, Premier ministre du Québec:
commentairespm@mce.gouv.Qc.ca

**Extrait d’un article du Devoir du mardi 13 décembre 2005

Le CUSM, l’hôpital de tous les Québécois?

de Benoît Dubreuil, Candidat au doctorat, Université libre de Bruxelles

Mme Heather Monroe-Blum, principale de l’université McGill, et M. Arthur
Porter, directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), ont
récemment pris la plume (Le Devoir, 7 décembre 2005) pour défendre la place de
leurs institutions dans l’économie générale de la recherche en santé au Québec.
Répondant à Jean-Robert Sansfaçon (Le Devoir, 21 novembre 2005), les auteurs
soutiennent que le CUSM est une institution pleinement québécoise, et non
seulement anglophone.

à notre avis, les autorités du CUSM jouent sur deux tableaux en même temps en
tentant de justifier les investissements (au moins 800 millions de dollars)
promis par Québec pour construire le «nouveau CUSM». De deux choses l’une : ou
bien le CUSM est une institution qui appartient à tous les Québécois, ou bien il
s’agit d’une institution qui appartient à la communauté anglophone.

Si le CUSM appartient à tous les Québécois, il est difficile de comprendre
pourquoi le français n’y occupe pas une place plus importante. Mme Monroe-Blum
et M. Porter soulignent que 60 % des quelque 10 000 employés du CUSM sont de
langue maternelle française. Or, même si le français est la langue maternelle
d’un grand nombre d’employés, il ne semble pas en être la langue de travail,
comme en fait foi une étude de l’Office de la langue française qui indiquait
qu’en 2001 20 % des patients étaient en contact avec du personnel ne parlant pas
français dans les hôpitaux anglophones. Et qu’en est-il de la langue de
recherche ? Un simple survol de l’Institut de recherche du CUSM montre que les
francophones y sont largement minoritaires.

Finalement, comment expliquer que les francophones soient virtuellement
absents du conseil d’administration du CUSM ? Sur 22 membres, on retrouve
seulement trois francophones au c.a., dont le représentant de la Régie de la
santé et celui du MSSS.

La situation n’est malheureusement pas plus rose au c.a. de la Fondation du
CUSM ni au c.a. de l’université McGill. Pourquoi y a-t-il si peu de
francophones, alors que ceux-ci représentent 82 % de la population du Québec ?
Simple hasard malheureux ? Absence de «francophones qualifiés» ? On peut penser
que non.

Cela nous laisse penser que le CUSM s’adresse d’abord et avant tout à la
communauté anglo-québécoise. Mais alors, pourquoi devrait-il obtenir 43 % des
investissements fédéraux dans la recherche en santé au Québec (par l’IRSC),
puisqu’il n’y a que 8 % d’anglophones au Québec ? Pourquoi devrait-il obtenir le
même financement que le CHUM, puisqu’il n’y a que 12 % d’anglophones dans la RMR
de Montréal.

à cela s’ajoute le fait que l’université McGill, à laquelle sont attribuées
25 % des places en médecine à chaque année, a le pire taux de rétention au
Canada. En effet, seulement 47 % des médecins formés à McGill sont encore
présents au Québec cinq ans après l’obtention de leur diplôme, alors que le
chiffre équivalent est de 89,7 % pour l’Université de Montréal et de 93,4 % pour
Laval. Les investissements publics massifs dans la faculté de médecine de McGill
en valent-ils la peine ? D’autant plus que l’attribution de certaines
spécialités au CUSM, comme le veut le plan de répartition du ministre de la
Santé, signifiera qu’il sera désormais impossible de se former en français dans
certaines filières en Amérique du Nord.

à tous quand il s’agit de payer

La réponse est simple : c’est que le CUSM appartient à tous les Québécois
lorsqu’il s’agit de payer, mais à la minorité anglophone lorsqu’il s’agit
d’obtenir des postes de prestige et de direction.

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(Le 14 décembre 2005)