TÉLÉ-QUÉBEC

Un
Ramdam mal élevé et peu cultivé
TéléQuébec incarne-t-elle
toujours L’autre télévision…?

« L’Homme est si lâche
qu’il finit par s’habituer à tout »
Dostoievski

Compte tenu de ce
qu’elle a proposé à son auditoire durant la période des Fêtes de fin d’année et
du Nouvel an, je m’autoriserai à marquer (plus largement) ma déception à l’égard
de la programmation de Télé-Québec/TQC. Tout d’abord, quelques illustrations.

Récemment, vous
enfiliez beaucoup de films pourtant déjà présentés sur vos (propres) ondes il y
a peu ; et parmi ceux-ci, on observe un grand nombre de productions made in
USA. Or on ne voit que « ça » partout, des films américains. à râler. Il est
vrai en revanche, je vous l’accorde, que vos choix en l’occasion se sont révélés
un tantinet moins commerciaux. En la matière, le créneau qui fait pourtant votre
force et votre réputation, votre originalité aussi, c’est précisément le film
« non-étatsunien » (québécois et européen, entre autres). Alors pourquoi faire
comme SRC-Radio-Canada… ?

De manière
générale, la qualité s’atrophie dangereusement. Outre un temps immodéré
d’antenne pour les enfants (ce qui n’est pas un mal en soi, mais enfin : les
enfants, tout de même, ça doit « jouer dehors » et socialiser), pour l’essentiel
la programmation semble être conçue pour les ados ou, plus exactement, pour une mentalité d’ados – y compris, qui l’eût cru, les nombreux
« Documentaires » !

Les
Documentaires

On constate en
effet que le contenu proprement instructif de ceux-ci s’amenuise constamment. On
mise sur les images (spectaculaires de préférence) et une présentation souvent
approximative et superficielle, laquelle insiste moins sur l’information
véritable que sur le mouvement, la couleur et le fond sonore – voire la blague
et… le racolage (le ton, les mimiques, etc.). Sans compter la piètre qualité –
et ce en moult occasions, jusqu’au barbarisme et autres contresens – de la
traduction française (le cas échéant). On se rapproche nettement de l’artifice
et de la « variété », sinon du contenu publicitaire ; particulièrement chez
National Geographic en dépit de réussites ponctuelles, à l’instar du récent
Monde des mutants. TQC ferait-elle sienne la marotte de l’ex-jeune Mario
Dumont : « On veut pas savoir, on veut voir » ???

La Publicité

Eh oui, la pub.
Puisque l’on y est. Elle devient hélas ! fort présente chez vous aussi.
Auparavant, c’était le bonheur sur ce plan : il n’y en avait pas du tout ! Puis
(ce qui constitue un moindre mal et, somme toute, quasi acceptable à mes yeux :
je puis certes comprendre vos exigences financières, qui visiblement
n’interpellent guère le gouvernement libéral-conservateur-provincialiste de M.
Jean Charest) on a connu de la publicité en début et en fin d’émissions
seulement (ce qui est toujours le cas – croisons-nous les doigts – pour les
films). Mais nous sommes témoins (ou victimes?) d’une progression constante et
tentacu­laire du « temps commercial » intra-émissions (je mentionnerai au
passage avoir délaissé les chaînes câblées en priorité pour ce motif). En outre,
et ce n’est vraiment pas rien, vous acceptez massivement (à l’imitation des
autres réseaux, d’ailleurs) des pubs qui nous ramènent à ce séculaire rapport
« colonisateur/colonisés » dont les Québécois s’étaient pourtant libérés dans le
dernier tiers de siècle : des pubs de Toronto, de New York, et de ne je ne sais
où encore (incluant Montréal : les merceries Moores, par exemple), que
l’on se contente de post-labiosynchroniser pour cet auditoire – attardé…? – qui
vit en français. Serais-je donc redevenue l’élément de quelque tribu du
Nord des Amériques, à qui il ne viendrait l’idée à personne de s’adresser
d’emblée dans sa langue : « Buy it and shut up ! » ??? Bref, Télé-Québec
aurait-elle à son tour perdu le respect d’elle-même ? Sinon, pourquoi faire
comme QUéBéCOR-TVA ?

Usurpation de
mandat

Pour faire court
là-dessus, un exemple unique qui en dit long sur l’entour : la série 24
heures chrono. Dans le genre ce n’est pas vraiment mauvais, j’en conviens.
Mais dites-moi : que vient faire une série ultra-violente typiquement américaine
sur la chaîne publique nationale…? Chercher à gober l’auditoire de
TQS-QuatreSaisons ??? Pourquoi faire comme T…sé veux dir’ ?

La
mollassitude jusque dans les émissions-phares

Hélas ! Quand
une antenne publique se fonde sur des émissions culinaires, des Diabolo
menthe en culotte courte (du RDI Junior trois fois par jour, quoi, en
comptant les rediffusions…), des
ados-(rebelote!)-GrosBonSens-«Hestie!»-cyniques-intellectuellementparesseux avec Les Francs-Tireurs dans le viseur, ainsi que des Belle et Bum,
pour séduire son auditoire, c’est que : ou bien i) il n’y a plus aucune
« imagination au pouvoir » à la tête de Télé-Québec (ce qui s’appelle :
incompétence, ou « fatigue culturelle » manière Aquin si on daigne être
complaisant) ; ou bien ii) ce réseau a décidé sciemment de s’inspirer de
la SRC, antenne qui elle-même (toujours aux frais des citoyens-contribuables)
plagie sans vergogne le bas-nivellement consternant de TQS (BELL / COGéCO) et de
TVA (RadioCan : l’entité qui a vu l’homme qui a vu la femme qui a vu l’ours… en
peluche) : de plus en plus une télé pubelle de films étatsuniens et
d’émissions de variétés. Et je passe sous silence la qualité de la langue – à
gémir de douleur, quelquefois. En un mot : de la télévision de l’Hexagone. Mais
derechef, pourquoi faire comme M6 ? Ou TF1…

Ah ! comme la
rigoureuse Anne-Marie Dussault doit aujourd’hui pagayer en pareille galère…

Chagrin

Télé-Québec
restait à ce jour la seule – je dis bien la seule – télé québécoise grand-public
qui avait su conserver jugement, bon goût et « sens » de notre langue et de
notre culture. Toutefois, à vous voir déambuler désormais comme une égarée sous
l’effet de quelque vague substance, je crains que vous soyez en voie – vous
aussi – de troquer votre colonne vertébrale pour une poitrine de silicone.

L’automne
dernier vous nous avez donné Simonne et Chartrand, puis 100 Québécois
qui ont fait le siècle (nonobstant les failles d’Eurêka!,
la maison productrice, qui a erré plus d’une fois autour d’un concept gagnant en
faisant appel à des “spécialistes” de cuisine) ainsi qu’une courte série sur
René Lévesque. C’était formidable ! De même, quoiqu’en reprise (comme
actuellement les Chasseurs d’Idées), la superbe série portant sur La
Culture dans tous ses états. Or, et justement, TQC devrait incarner cette
qualité et livrer ce type de contenus de façon générale. En tout temps.

TéléQuébec c’est
nous tous, Québécois/es. Aussi devons-nous résister, ce me semble, à cette
médiocrité ambiante, littéralement incrustée dans nos esprits et universalisée
tous azimuts. Il y va de notre propre culture et, par voie de conséquence, de
notre avenir collectif.

C’est un
courroux amoureux, on l’aura compris, que signe ici une citoyenne québécoise.
Puissiez-vous d’ailleurs, Télé-Québec, recevoir cette lettre à ce titre. Car le
beau mâle radiocanadien d’antan m’a en effet larguée depuis longtemps pour une
prénommée Carence, très canadian au demeurant, alors que je laisse
d’autre part TQS et TVA aux minettes pâmées pour Wilfred, l’anorexie
(volontaire) et le vêtement griffé comme nécessité métaphysique.


Marie-Louise Lacroix

MarieLacroix@moncanoe.com

Québec, 14 janvier 2004

• Informations pertinentes : TQC-TéléQuébec (NB : site beaucoup plus riche qu’il n’y paraît de prime
abord) :

Info@TeleQuebec.Qc.ca
/ « Mission
de TQC » :

http://www.telequebec.com/entreprise/m_entrep.asp?page=mission.html

/ « Conseil d’administration » :

http://www.telequebec.com/entreprise/m_entrep.asp?page=conseil.html
[if !supportNestedAnchors][endif] ; SRC-RadioCanada : [if !supportNestedAnchors] Auditoire@radio-canada.ca[endif] ; TQS-QuatreSaisons (Bell / Cogeco) :

TVpublic@TQS.Qc.ca
; TVA
(Quebecor) :

Relations.auditoire@TVA.ca
/

Commentaires@Canoe.Qc.ca
/


Qi_info@Quebecor.com