TOYOTA OF ENGLISH CANADA ???

ObjetLETTRE À TOYOTA

=> Texte acheminé en cc à :
toyota_courrier@toyota.ca

Je n’ai pas l’intention de me procurer un nouveau véhicule avant l’an
prochain, mais il est certain que ce type de comportement de Toyota
à l’égard des Québécois élimine d’emblée l’éventualité que mon choix puisse
s’arrêter sur ce concessionnaire (de même que Dodge, Saturn ou Jeep,
par exemple, qui adoptent des techniques de vente également peu respectueuses de
la francité québécoise).

J’ajouterai que les manières arrogantes de Hyundai (usine québécoise
fermée brutalement, voire sauvagement, il y a quelques années en dépit de fortes
subventions du gouvernement du Québec – à même mes propres impôts de
contribuable, bien entendu) m’a aussi lourdement indisposée.

Quoi qu’il en soit, il est assuré qu’aucune entreprise ne fera jamais de moi
sa cliente (y compris Heineken ou VodkIce…) si elle se montre
incapable de s’adresser au marché québécois dans la langue et dans les manières
de ceux-ci. Et il faut savoir qu’à cet égard la postsynchronisation (forme de
poudre aux yeux linguistique) n’arrange rien à l’affaire. Au contraire.

Et puisque j’y suis, dans le même ordre d’idées j’ajouterai que je suis très
sensible aux circulaires commerciales bilingues que l’on voit partout au Québec.
On banalise ainsi la langue française dans notre propre maison (les anglophones
atteignent à peine les 8% de la population totale), alors qu’en Canada les
mêmes
circulaires sont unilingues anglaises. Y compris à Ottawa, capitale
bilingue d’un pays bilingue…!

Bref, je pense que si individuellement nous adoptions un comportement plus
civique et réfléchi quant à nos attitudes de consommation, les choses
changeraient rapidement au Québec. Le jour où les Québécois cesseront d’aller
chez Wal-Mart, Loblaws ou Pharmaprix parce que nous refuserons
fermement leur «bilinguisme de Troie» (minant la collectivité de l’intérieur),
eh bien ces commerçants comprendront alors bien vite où se loge leur propre
intérêt…

Et puis quand ces Wal-Mart nous offrent de surcroît un bilinguisme
radicalement intégral dans leurs circulaires (car on ne retrouve même pas chez
eux ce semblant de respect encore présent chez les compétiteurs, soit un
caractère d’impression de dimension plus volumineuse pour la version française
en regard de la traduction anglaise), eh bien là, madame, c’est plus qu’une
abstention: c’est la promesse solennelle de n’y jamais mettre les pieds.

Le bulldozer canadian, ça passe pas. Mais s’il faut en plus se taper
l’arrogance américaine, je dis alors – Toyota saisira l’allusion au quart
de tour, à n’en pas douter – Wow les moteurs…!

Salutations,

Marianne Vaucouleurs
Vaucouleurs@Q-bec.com
Lévis, Québec
7-06-04