SUSPENDU DE SES FONCTIONS

Vous trouverez à la fin des deux articles suivants des adresses électroniques
que nous vous recommandons fortement d’utiliser. Attention : ces articles
pourraient vous mettre en colère ! Les lecteurs sensibles sont priés de
s’abstenir !

SUSPENDU DE SES FONCTIONS
Canada – Et interdiction de célébrer la messe en français !

« L’aumônier n’a pas accès à la chapelle de la base ainsi qu’à son bureau,
de sorte qu’il est confiné à son logement…»

Bilinguisme à la Base de Cold Lake
L’aumônier Turcotte persiste et signe

Villeneuve, Denis
DVilleneuve@LeQuotidien.com
Progrès-dimanche

Dimanche 26 septembre 2004.

Chicoutimi – "Il existe des injustices flagrantes pour les militaires et
leurs épouses qui séjournent à la Base de Cold Lake et je crois qu’il fait
partie de mon ministère de dénoncer ces situations".

C’est ce qu’a déclaré à Progrès-Dimanche le major Louis Turcotte, ex-aumônier
de la Base de Bagotville, deux semaines après avoir été suspendu de ses
fonctions par l’aumônier général de la base albertaine, Ron Bourque, pour avoir
entrepris une bataille destinée à faire respecter la Loi sur les langues
officielles.

Confirmant les informations divulguées la semaine dernière, l’aumônier
Turcotte a déposé officiellement jeudi matin une plainte à l’ombudsman des
Forces armées canadiennes afin de dénoncer la situation des militaires
francophones là-bas et le traitement qu’il a eu de la responsable de
l’administration de la base, Nancy Ouellet. Depuis la semaine dernière, M.
Turcotte n’a pas accès à la chapelle de la base ainsi qu’à son bureau, de sorte
qu’il est confiné à son logement.

M. Turcotte mentionne que tout a débuté en juin dernier à la suite de sa
mutation à Cold Lake. "à l’époque, on m’a expédié une lettre de nomination et de
bienvenue uniquement en anglais. J’ai retourné la lettre au Bureau des langues
officielles en indiquant qu’elle aurait dû être adressée également en français.
Ce sont des choses qui ont dû être mentionnées par la suite".

Pour ce qui est de l’intervention des policiers militaires à la chapelle de
la base, le padre Turcotte a précisé que c’est à sa demande qu’ils sont
intervenus puisqu’on venait de l’aviser qu’il ne pouvait célébrer la messe en
français. "Je n’avais pas de témoins. J’ai demandé qu’on envoie un policier
francophone puisque pour chaque intervention, ils doivent rédiger un rapport."

Justice

Le prêtre Turcotte se sent justifié d’intervenir puisque les droits des
francophones de recevoir des services en français ne sont pas respectés. Alors
que l’affichage indiquant les services est bilingue sur les murs de la base, M.
Turcotte note qu’il est impossible de recevoir des services en français pour les
personnes qui cherchent du logement, au bureau de poste et ailleurs. "Il n’y a
pas de médecin bilingue. La femme de militaire unilingue qui va au bureau de
poste pour faire peser un colis ou recevoir d’autres services peut se faire
avoir. On dirait que de recevoir des services dans les deux langues officielles,
ça se fait uniquement au Québec".

Depuis 17 ans qu’il exerce son ministère dans les forces, M. Turcotte a
oeuvré sur les bases de Trenton, Val-Cartier, Cornwallis et Halifax en
Nouvelle-écosse ainsi qu’au Collège de Saint-Jean avant d’oeuvrer à Bagotvillet
et Cold Lake.

Le padre Turcotte rappelle que les forces armées ont produit un document
destiné aux militaires intitulé "Notre contrat avec vous" dans lequel il est
spécifié que tous les militaires ont le droit d’avoir des services médicaux dans
leur langue.

Placé sur la voie d’évitement depuis deux semaines par les autorités de la
base, M. Turcotte avoue que s’il avait connu la situation à l’avance, il y
aurait pensé à deux fois avant de s’expatrier en Alberta. "J’ai touché à un
dossier fort sensible. J’ai connu des moments difficiles et j’ai pu compter sur
l’appui moral de l’abbé émilien Bergeron au Saguenay."

M. Turcotte ne croit pas qu’il ait un avenir à long terme à Cold Lake ou même
dans les Forces armée et c’est pourquoi il a demandé que ses meubles soient
entreposés en attendant que le litige se règle, une demande reçue plutôt
froidement. "Je crains d’être expulsé. En m’interdisant d’aller à la chapelle et
à mon bureau, on m’a dit que je n’ai plus rien à faire."

Du côté de Cold Lake, le porte-parole officiel, Richard Langlois, a précisé
que le padre Turcotte n’a pas été démis de ses fonctions mais seulement
restreint dans ses activités.

© 2004 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés.

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Le Bloc québécois dépose deux plaintes
Michel Gauthier désire obtenir des explications

Dimanche 26 septembre 2004, p. A5

Villeneuve, Denis
Progrès-dimanche

Chicoutimi – Les problèmes vécus par le padre Louis Turcotte à la Base
militaire de Cold Lake seront intimement liés à l’actualité de cette semaine
alors que sera publié à Ottawa un rapport officiel traçant le portrait de l’état
du bilinguisme dans les Forces armées canadiennes. En attendant le dépôt du
document, le député de Roberval, Michel Gauthier, veut des explications sur le
traitement de l’aumônier Turcotte et c’est pourquoi le Bloc québécois a déposé
des plaintes à l’ombudsman des Forces armées ainsi qu’auprès du Commissaire aux
langues officielles.

Selon M. Gauthier, les accrochages sur l’application de la Loi sur les
langues officielles sont courants et à chaque fois, les porte-parole de ce parti
interviennent.

"Je trouve déplorable ce qui s’est passé à l’endroit de M. Turcotte d’autant
plus que ce serait une francophone qui aurait réclamé qu’il s’adresse à elle en
anglais. ça en dit long sur l’état d’esprit qui existe là-bas."

M. Gauthier se dit tout à fait scandalisé de l’attitude de mépris qui peut
exister dans ce dossier et c’est pourquoi il entend obtenir des explications.

Le député bloquiste ajoute que sur la Colline parlementaire à Ottawa, du
travail de surveillance s’effectue puisqu’il arrive encore assez souvent que des
francophones soient confrontés à des services offerts uniquement en anglais.

Critique officiel pour les affaires militaires au sein du Bloc québécois, le
député Claude Bachant a confirmé avoir parlé à M. André Marin, ombudsman de la
Défense, et que son collègue Louis Plamondon a fait de même auprès de la
Commission des langues officielles afin de loger des plaintes concernant le cas
du padre Turcotte. "Il y a une centaine de plaintes de déposées et c’est
toujours le français qui est victime alors que les anglophones qui viennent dans
nos bases au Québec reçoivent tous les services dans leur langue."

© 2004 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés.

(Note d’Impératif français : nous publions ces deux articles avec la
permission du Progrès-Dimanche de Chicoutimi,
www.lequotidien.com.
Nous les remercions !)

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Quelques adresses utiles :

M. Paul Martin
Premier ministre
Martin.P@parl.gc.ca

M. Bill Graham
Ministre de la Défense
Graham.B@parl.gc.ca

Mme Liza Frulla
Ministre du Patrimoine
Frulla.L@parl.gc.ca

M. Mauril Bélanger
Ministre responsable des langues officielles
et Ministre associé de la Défense nationale
Belanger.M@parl.gc.ca

M. Stéphane Dion
Ministre qui a élaboré le Plan
d’action sur les langues officielles!
Dion.S@parl.gc.ca

M. Gilles Duceppe
Chef du Bloc québécois
Duceppe.G@parl.gc.ca

M. Claude Bachand
Critique officiel pour les affaires militaires
Bloc québécois
Bachand.C@parl.gc.ca

M. Louis Plamondon
Bloc québécois
Plamondon.L@parl.gc.ca

Mme Dyane Adam
Commissaire aux langues officielles
message@ocol-clo.gc.ca

(Le 7 octobre 2004)