SOUVENIRS « HISTORIQUES »

Jacques Bergeron
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514-387-0198 ou 514-918-0570 courriel :
jacberger@yahoo.fr

Souvenirs «historiques»
…………………
Je me souviens
des
Premiers prisonniers syndicaux au Québec

Octobre 1968

Lorsque je vois les revendications sociales , souvent véhiculées par les
syndicats, peut-être les seuls défenseurs des intérêts du peuple, bien au-dessus
des partis politiques, n’ayant pas comme ces derniers, les soucis reliés aux
revendications électorales, il m’apparaît que nous oublions souvent, peut-être
ne le savons-nous pas tout simplement , que des chefs syndicaux furent
emprisonnés à cause des combats sociaux qu’ils étaient appelés à promouvoir et à
défendre, bien sûr, pour les intérêts de leurs membres, mais en même temps, pour
l’amélioration des conditions sociales de leurs concitoyens qui, même si souvent
n’étaient pas syndiqués, bénéficiaient des bénéfices salariaux et sociaux
obtenus de dure lutte par leurs syndicats.

Nous ne devrions jamais oublier que les effets qu’un syndicat obtient pour
ses membres, se font souvent ressentir sur l’ensemble des citoyens du Québec.
Ces gains ne sont pas étrangers à la volonté du conseil du patronat de faire
perdre le droit de grève des fonctionnaires, sous les prétextes les plus
fallacieux les uns que les autres.

Nous devons nous souvenir que les deux mouvements les plus importants dans la
libération économique des Québécois, furent les syndicats et la naissance des
coopératives au début du 20ème siècle. Sans ces deux éléments, on pourrait se
demander où en serait rendu notre désir d’émancipation politique? Y en aurait-il
eu un tout simplement?

Ce que je souhaiterais aujourd’hui, c’est qu’on se souvienne que certains
chefs syndicaux ont payé de leur liberté, le droit à la syndicalisation des
travailleurs et le droit à des conditions salariales et sociales, qui ont permis
au peuple du Québec de vivre dans un environnement social et économique, que
d’aucuns nous envient.

Comme dans la devise du Québec, je voudrais que l’on se souvienne des chefs
syndicaux, qui dès octobre 1968, bien avant MM. Pépin, Laberge et Charbonneau,
les trois grands chefs des centrales syndicales du Québec, ont été emprisonnés
pour avoir osé défier les lois du gouvernement du Québec.

Il faut se rappeler que le code du travail modifié en 1964, venait de
permettre aux employés du secteur public de faire la grève, ce qui était une
vraie révolution à cette époque. Comme dans les années 1970, l’employeur qui
était aussi le gouvernement, même s’il venait de permettre à ses employés
d’utiliser ce moyen de pression, ne l’entendait pas de cette façon.

Ainsi, le gouvernement de M. Daniel Johnson, qui venait de modifier le code
du travail en fonction du droit de grève, demanda une injonction après quelques
semaines d’une grève déclanchée en mars 1966, par les professeurs du Syndicat
des professeurs de l’état du Québec, (SPEQ), syndicat affilié à la CSN.

Malgré un jugement favorable au Gouvernement, les professeurs refusèrent de
retourner au travail, avant qu’une convention ne soit signée. Les chefs
syndicaux durent faire face à des accusations d’outrage au tribunal et furent
alors condamnés par la cour à «20 jours de prison» pour avoir refusé d’obéir à
un son jugement.

C’est ainsi, qu’à la suite de nombreux appels à la cour, «douze professeurs
et leur conseiller technique» durent prendre le chemin de la prison en octobre
1968.

Afin que ces premiers chefs syndicaux emprisonnés en 1968 ne soient pas
oubliés, et afin que nos concitoyens de tous âges sachent que de valeureux
porte-étendards ont défendu le droit à la grève comme moyen de pression, qu’ils
ont permis par leur démarche que des centaines de milliers d’employé-e-s de
l’état puissent bénéficier de meilleurs salaires et de meilleures conditions de
travail, que par leur action ils ont permis à des millions de Québécois de jouir
de meilleurs conditions sociales, qu’il me soit permis de les identifier par
leurs noms, leurs professions et les différents postes qu’ils occupaient dans ce
syndicat en utilisant la devise du Québec comme moyen pédagogique historique
devant nous permettre de ne pas les oublier :

En ce 19ème jour de juillet 2004
«Je me souviens»
des dirigeants du syndicat
SPEQ

Emprisonnés en octobre 1968, pour le droit à la négociation
libre de nos conditions de travail.

DeLorimier,
Claude, Laval,
école
normale Jacques-Cartier
Desroches,
Claude, Montréal,
Institut
des Arts graphiques
Doyon,
Paul, Montréal,
Conseiller
technique à la CSN
Farrier,
Jean-Guy,
Institut de
technologie de Shawinigan
Lamontagne,
André Lévis,
Institut de
technologie de Lauzon
Langlois,
Charles-Auguste,
Institut de
technologie agricole de la Pocatière
Legendre,
Claude,
école des
métiers de Rimouski
Marcotte,
Léonce,
école des
métiers de Laprairie
Poissant,
Claude,
école des
métiers d’Amos
Rioux,
Jean, Québec,
école
normale Laval
Simard,
Jean-Paul, Alma,
école des
métiers d’Alma
Sabourin,
Claude, Montréal,
école
normale d’enseignement technique Montréal
Vézina,
Raymond, Montréal,
école
normale Jacques-Cartier

Lorsqu’on critique nos syndicats, souvenons-nous que des hommes ont payé de
leur liberté le droit à la syndicalisation et à la négociation de conditions de
travail dont nous bénéficions. De ces treize prisonniers/syndicaux nous devons
nous souvenir.

Jacques Bergeron,
Montréal, Québec
514-387-0198

Ces chefs syndicaux composaient le conseil d’administration du SPEQ.
Ce syndicat représentait les professeurs des «écoles normales», «des écoles des
Beaux arts», des écoles techniques», des «écoles des métiers», des «Instituts
des arts Graphiques» de «l’école de l’Hôtellerie» du Québec.
Il était divisé en régions, dont les présidents composaient le conseil
d’administration du SPEQ.

Souhait :
Qu’un Historien, (ou un des professeurs/prisonniers) rédige l’histoire de ce
conflit syndical et de ces prisonniers/syndicaux d’octobre 1968.

Jacques Bergeron