QUESTION ÉCRITE AU PREMIER MINISTRE FRANÇAIS


QUESTION éCRITE

Jacques MYARD
Député des Yvelines
Maire de Maisons-Laffitte
jmyard@club-internet.fr

Paris, le 31 août 2004

Jacques MYARD appelle l’attention du Premier ministre sur les curieux
manquements de l’administration française dans son soutien à la défense de la
langue française et de la francophonie, alors que la langue et la culture
française jouissent toujours d’un grand intérêt dans de nombreux pays, au delà
même du cadre traditionnel de l’espace francophone.

Ainsi, alors que le français est depuis leur création par Pierre de Coubertin
la langue officielle des Jeux olympiques modernes, malgré les investissements de
la France, les engagements de la Ville d’Athènes, et les promesses du Comité
d’organisation des jeux, l’usage du français a été maltraité à Athènes. De
nombreux discours officiels n’ont pas été traduits, et aucune incrustation sur
les images télévisées n’ont figuré en français. Pourtant la France avait accordé
au Comité d’organisation une aide financière afin d’assurer la présence du
français aux Jeux olympiques.

Plus grave encore, alors que la candidature de la Ville de Paris à
l’organisation des Jeux olympiques pour 2012 pourrait être l’occasion de
rappeler l’importance de la francophonie dans le monde sportif, le Président du
Groupement d’intérêt public de la candidature de Paris pour les JO de 2012, qui
s’est rendu à Athènes à l’occasion des Jeux a présenté la candidature de Paris
dans une conférence de presse en anglais, ce qui est proprement scandaleux, et
mérite une mise à pied immédiate.

En outre, lors de la traditionnelle Conférence des Ambassadeurs le 26 août
2004 au Ministère des Affaires Etrangères, le Ministre des Affaires étrangères a
eu lui-même la surprise de visionner un film censé faire la promotion de
l’économie française en anglais ! Sic transit gloria Galliae!

L’article II de la Constitution dispose clairement que « la langue de la
République est le français », et notre langue est à ce titre l’un des vecteurs
essentiels de la cohésion nationale. Quant à la francophonie dans la monde, elle
est un moyen et un atout essentiel pour assurer la présence et le rayonnement de
la France dans le monde. Néanmoins, pour ne pas devenir une simple idée
abstraite, elle doit être au coeur même de l’action du gouvernement dans tous
les domaines politiques, économiques, sociaux et internationaux.

Il lui demande en conséquence s’il entend donner des instructions claires à
tous les fonctionnaires de l’Etat ainsi qu’aux ministres pour qu’ils défendent
notre langue, et s’il est déterminé à prendre des sanctions à leur encontre en
cas de manquement.


(Le 11 septembre 2004)