MADAME LIZA FRULLA

Accoucher ou se coucher
Liza Frulla : Livrer la marchandise ou délivrer les lieux

Frulla.L@parl.gc.ca

Comme le rappelle avec grande pertinence M. Michel Vennes dans Le Devoir
de ce 26 juillet (

http://ledevoir.com/2004/07/26/59853.html
), il y a quelques années la
ministre québécoise de la Culture, en l’occurrence Mme Liza Frulla, réclama les
pleins pouvoirs en cette matière du ministre occupant – et recoupant, peut-être
surtout – les mêmes fonctions à l’échelle fédérale.

Or aujourd’hui c’est madame, et nulle autre, qui est ministre de Patrimoine
Canada.

Dès lors comment, sans perdre toute crédibilité, et à tout jamais, Mme Frulla
pourrait-elle maintenant s’opposer à sa propre (et d’ailleurs fort légitime)
requête…?

Aussi, suis-je consternée par certains commentaires que l’on peut lire ici ou
là à ce sujet, et notamment dans les discugroupes mêmes du Devoir et de
Cyberpresse : «c’est pas sérieux», «faut pas rêver…», «elle est au
fédéral et il n’y a pas que le Québec au Canada», etc.

Comment en effet peut-on d’une part espérer, à titre de citoyen(ne), des
femmes et des hommes politiques honnêtes, cohérents et dignes de confiance, et
d’autre part encourager chez ceux-ci – les justifiant même avant l’acte! – les
retournements de veste?

Cette attitude est tout à fait incohérente. En outre, elle encourage sans
détour le cynisme à grande échelle: «On peut dire n’importe quoi puisque nul
ne nous en tiendra rigueur
». Est-ce vraiment là le message que nous désirons
transmettre à nos élus, la conviction que nous voulons leur inoculer???

Ce cynisme tous azimuts, mortier de la déliquescence sociale, nous en avons
d’ailleurs une nouvelle preuve pas plus tard… qu’aujourd’hui même au sein
(encore!!) du gouvernement fédéral des Stéphane Dion et des Pierre Stewart
Pettigrew:

http://radio-canada.ca/nouvelles/Politique/nouvelles/200407/26/001-irregularite-trav-publics.shtml

Au reste, cynisme constitue en l’occurrence un euphémisme. « Mépris »
généralisé de la population serait certainement plus approprié.

Bref, madame Frulla étant désormais tout à la fois la «cliente» et le
«fournisseur», elle ne peut plus se défiler face à …elle-même. C’est une
question d’intégrité
.

Elle devra en conséquence livrer la marchandise. Ou sinon, démissionner.

Motif, le cas échéant ? Incompétence et/ou – les deux univers n’étant pas
forcément incompatibles – malhonnêteté intellectuelle.

Madame la ministre, je vous le dis bien sincèrement, j’apprécierais ne pas
devoir réclamer votre démission.

Laure Gardenelle, ( LG.Qc@voila.fr )
Capitale nationale, 26 juillet 2004