L’OQLF INTERPELLÉ

http://www.oqlf.gouv.qc.ca/office/communiques/2004/20040415_campagne_electromenagers.html

« ce qui prouve qu’il est possible d’acheter ces appareils en français au Québec.»…

En effet, si on y met vraiment beaucoup de temps, de patience et parfois
plus d’argent…. Je ne suis toujours pas parvenu à trouver un four à
micro-ondes avec commandes en français dans ma région ni même un
grille-pain à 4 tranches (il en existe à deux tranches), j’ai attendu
plusieurs semaines pour commander en fin de compte un Philipps à
pictogrammes.

J’adore aussi le passage « Dans cette même parution, l’Office incite les
consommateurs et consommatrices à s’abstenir d’acheter les appareils qui
sont vendus sans aucune inscr1ption en français, ce qui contrevient à
l’article 51 de la Charte de la langue française.»…

Et que fait donc l’Office pour que ces contraventions cessent ? Une
action judiciaire et l’imposition d’amendes dissuasives ? Si ce n’est le
cas, pourquoi ? Car voilà des années que ces contraventions sont courantes.

P. Andries

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> « ce qui prouve qu’il est possible d’acheter ces appareils en français au Québec.»…

Ah oui, parfois, si l’on se limite à une offre très étroite, souvent un ou deux des appareils les plus haut de gamme (et de prix, bien sûr), et si l’on cherche de Montréal jusqu’à Kangiqsualujjuaq. Ou si l’on en commande de France en payant des énormes frais de livraison et des douanes, ainsi que le salaire d’un électricien qui les modifiera pour le réseau nord-américain (à 120 V). Oui, tout est possible.

Moi, j’ai arrivé enfin à acheter une cuisinière et un frigidaire francisés. Les commandes de la cuisinière sont bel et bien en français — en lettres beaucoup moins grandes que celles des inscr1ptions anglaises. Et l’affichage LED est en anglais seulement. Le frigidaire est arrivé avec une étiquette de sécurité (quelque chose du genre « Do not let children hang from drawer »), uniquement en anglais, que je ne pouvais pas enlever sans endommager le tiroir.

> Je ne suis toujours pas parvenu à trouver un four à micro-ondes avec commandes en français dans ma région

Ni moi une calculatrice, un téléphone portable, un téléphone ordinaire ou un afficheur avec commandes en français. Quant aux voitures, y a-t-il une seule vendu au Québec avec les inscr1ptions en français ?

En fait, Patrick, une longue recherche de ma part s’est terminée par la découverte d’un seul four à micro-ondes en français dans un seul magasin sur l’île de Montréal. Le four a été de loin le plus cher, quelque neuf cents dollars (bien plus que ma cuisinière), et assez grand pour faire cuire un porcelet à la broche. Disons qu’il n’a pas répondu à mes besoins ni aux contraintes de mon portefeuille.

> J’adore aussi le passage « Dans cette même parution, l’Office incite les
> consommateurs et consommatrices à s’abstenir d’acheter les appareils qui
> sont vendus sans aucune inscr1ption en français, ce qui contrevient à
> l’article 51 de la Charte de la langue française.»…

D’accord, je ne m’offre pas de voiture, donc. Ni de téléphone, ni de chaîne de stéréo. Ni même de grille-pain. Je ne vous transmets pas ce message parce qu’il n’y a pas de modem en français.

J’aimerais faire une inspection des lieux de l’Office. Vos calculatrices francisées sont de quelle marque ? Je vous ai posé la question il y a quelques mois. Pas encore de réponse. Faisons donc l’inspection de vos appareils dits francisés. Quelle date vous conviendra ?

> Et que fait donc l’Office pour que ces contraventions cessent ?

Effectivement, c’est bien là la question. Immigrant arrivé au Québec il y a moins de six mois, j’ai déjà porté dix-sept plaintes auprès de l’Office. Les réponses que j’ai reçues ont toutes été du genre « Ça ne constitue pas une contravention de la Charte ; on n’y peut rien ». Inutile votre incitation aux sept millions de consommateurs et consommatrices à s’abstenir d’acheter les appareils anglolâtres. Si les consommateurs agissant séparément pouvions nous assurer de produits dans notre langue, nous n’aurions nullement besoin de l’Office. Votre stratégie de disperser le pouvoir fait le jeu des têtes-carrées dans leur projet de « divide et impera ».

Scott Horne
Montréal
shorne@hornetranslations.com

(Le 29 avril 2004)