LES P’TITS ROBERTS DE LA GRAND’ROUSSE

Objet
: Rudy Le Cours, « Le siècle du Petit Larousse », LaPresse
du 8 août 2004, Cahier Arts/Spectacles, p.7
(Rudy.lecours@lapresse.ca  /
Lettres@cyberpresse.ca  /

http://www.cyberpresse.ca/general/contacteznous.php?j=2
)

Reconnaissance à
Pierre-Louis Mallen
Ultimes salutations à Jacques Douai

Il est étonnant que La Presse
accordât une demi-page complète de sa livraison, nonobstant ledit centenaire, à
un ouvrage réédité constamment, année après année, inlassablement. Hormis, bien
sûr, qu’il s’agisse d’une réclame plus ou moins déguisée. Et plutôt moins
gratuite que plus. Allez donc savoir toutefois si le livre des mots saura nous
en dire plus long que M. LeCours.

Il est également assez singulier
que l’auteur de l’article n’ait pas cru opportun de mentionner que par la rousse
effeuilleuse point n’est plus nécessaire d’aller dénicher les équivalents de
même ton en Irlande, en Royaume-Uni ou aux états-Unis. à constater combien
depuis quinze ans, sinon vingt, les Français se font un devoir d’intégrer
massivement la langue anglaise dans leurs dicos, on sait aujourd’hui qu’il
devient à peine utile en effet de se munir, en complément, du Harrap’s,
du Webster’s ou du Oxford’s. Nos rousselines ont fait de ces
briques, ou pavés, des objets somme toute superflus. Si, comme de bien entendu,
on excepte le spécialiste ou quelque amoureux des mots d’outre-Manche, là,
d’outre-45e, ici.

Non moins déconcertante, faut dire,
l’information selon laquelle cinq des nôtres se seraient vu accorder le
privilège de sniffer quelques lignes au sein de cette édition 2005. On
apprendra, je vous le donne en mille (soit deux cents fois la mise), que ces
cinq Québécois ne sont pas véritablement des citoyens de cette vague contrée
provincialeuse nommée Québec. Ah que non! ce sont bel et bien des Canadiens,
pardi! Rien moins. De même, apprenons-nous (comme à chaque année, n’est-ce pas)
que le Canada constitue une terre prodigieusement fertile pour la semeuse: «Il
s’agit de la densité de possession la plus importante
» en regard à
l’ensemble de la francité. M. Le Cours, une fois de plus, n’a que faire de la
factualité selon laquelle le Canadian Market hors-Québec représente des
broutilles pour la réputée maison des French Words.

On a ainsi rapidement compris qu’à
l’enseigne de La Presse, le Québec reste en quelque sorte une vue de
l’esprit. Tout au plus un p’tit tas dans l’état. Quoi. Visiblement, MM. André
Pratte et Alain Dubuc, et sans doute quelques autres membres de la fabuleuse
tribu Gesca (mesdames Lysiane Gagnon et Michèle Ouimet en Métropole, par
exemple, ou messieurs Gilbert Lavoie et Jean-Jacques Samson en grand renfort du
Soleil de la Capitale), se sont sérieusement affairés à convaincre M.
LeCours qu’il est autorisé en ces lieux, voire conseillé, de prosaïser le pays
de Gilles Vigneault. à volonté. En revanche, l’eût d’ailleurs rappelé le cher
Alfred en cas de nécessité, on ne badine pas avec l’amour. Du Canada.

Certes, on connaissait déjà le
phénomène depuis fort longtemps par le truchement des pages éditoriales, et le
traitement de l’information de manière générale, mais il s’avère que la mission
commandée se prolonge désormais jusque dans les entrefilets des re/censeurs de
bouquins.

D’ailleurs, il y a peu c’était le
collègue Paul Roux (descendant direct de la diserte diseuse par variation
orthographique, cela est certain) qui pliait le genou avec déférence devant le
pays imaginaire des Stéphane Dion, des André Ouellet
et des Pierre Pettigrew:

http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/6-7.html#mg

Comme naguère le ressassait à intervalles
réguliers un puissant esprit de mes «connaissances» – car la répétition, surtout
métronomique, c’est bien connu, fait quelquefois office de démonstration sinon
de théorie: parlez-en aux maîtres es unifoliés Chuck and Alfonso
-, on ne badine pas avec la pravda.

Cela dit, et là-dessus j’acquiesce aux
arguments de M. LeCours : la dix-septième lettre de l’ouvrage reste sans
conteste celle qui de toutes présente le plus beau Q.

Aussi les roberts de la petite farouche
peuvent-ils de bon pas aller se musser dessous la couverture.

Fauchée est la semeuse.
 

Jean-Luc Gouin
LePeregrin@yahoo.ca

Capitale nationale, 8 août 2004
(Ave Felix !)


Rappel pour les amants du genre
:

http://www.vigile.net/00-8/jlg-dico.html