LES JEUDIS DE LA LANGUE

Si l’avenir du français vous tient à coeur

Vous êtes invités aux :

Jeudis de la langue

Des « 6 à 8 » où il y aura une courte conférence
suivie d’une période d’échange
dans une ambiance festive.

à la Maison Ludger-Duvernay
au 82, rue Sherbrooke Ouest à Montréal

L’entrée est gratuite
Une activité du comité Jean-Martucci
de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.
Renseignements: (514) 843-8851

Au programme :

Conférence du jeudi 9 décembre 2004
Sur le financement des universités anglophones et francophones
Frédéric Lacroix
Ph.d en génie électrique, chercheur à l’université Louis-Pasteur,
Strasbourg.

Voici un extrait de son récent article choc paru dans l’aut’journal (novembre
2004) : «Les investissements en santé à McGill : des subventions à
l’exportation?»

« Le gouvernement du Québec a autorisé la construction du McGill University
Health Center (MUHC) et du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM)
au coût estimé de 800 millions de dollars chacun. De facto, le Québec accorde
ainsi à McGill University la moitié des nouveaux investissements en santé à
Montréal alors que les anglophones ne forment que 25% de la population de
Montréal (et 8% de la population du Québec)
. […] une étude de l’Association
des facultés de médecine canadiennes (AFMC) indique que les gradués de McGill
représentent 57% des départs de médecins du Québec. Environ 60% des médecins
formés à McGill quittent le Québec, cet exode affectant également les natifs du
Québec. à l’inverse, les facultés de langue française ont un taux de rétention
qui oscille autour de 88%
.

[…] Pourtant, on ne constate nulle part le début d’une remise en cause de
l’ampleur des sommes investies en santé à McGill, sommes qui dépassent de loin
celles requises par le poids démographique des anglophones au Québec. Il
faudrait assigner environ 10% des places en médecine à McGill et 25% des sommes
à Montréal pour atteindre un niveau correspondant à l’équité entre les groupes
linguistiques.

Curieuse gestion que celle qui consiste à faire des économies de bout de
chandelle sur le dos des assistés sociaux pendant que l’on continue à investir
des centaines de millions de dollars pour des programmes de formation de
médecins et de physiciens médicaux qui profitent…à l’Ontario et les états-Unis!

Voici un extrait d’un de ses articles parus récemment dans L’Action
nationale: «Le financement des universités :le non-dit.» (Frédéric Lacroix et
Patrick Sabourin, Septembre, 2004).

« Selon une étude conjointe de la Conférence des recteurs et des principaux
des universités du Québec (CREPUQ) et du ministère de l’éducation du Québec
(MEQ), les universités québécoises seraient sous-financées si on compare les
ressources dont elles disposent par étudiant avec la moyenne des universités
canadiennes. Pour l’année 2002-2003, le sous-financement serait de l’ordre de
375 millions de dollars par année, dont 261 millions en frais de fonctionnement
généraux et 114 millions en fonds de fiducies. S’appuyant sur ces conclusions,
plusieurs personnes ont appelé de leurs voeux une augmentation majeure des
frais de scolarité
, […] Pourtant, examinés de plus près, ces arguments se
révèlent soit beaucoup plus faibles que l’on veut bien nous le faire croire,
soit carrément faux. […] Enfin, il ne paraît pas justifiable d’augmenter les
frais de scolarité pour l’ensemble des étudiants québécois avant d’ouvrir le
débat plus fondamental, que constitue le niveau de financement accordé aux
institutions universitaires anglophones du Québec. Ce niveau dépasse de loin
celui justifié par la proportion d’anglophones au Québec et, de plus, est
complètement hors-normes comparativement aux pratiques en vigueur dans les
autres provinces canadiennes.
»

(Le 6 décembre 2004)