LES ENTREPRISES QUÉBÉCOISES

Re : Publicité de Gaz Métro à la télévision québécoise (http://www.gazmetro.com/index.asp et/ou info@gazmetro.com), celle de Vidéotron (http://www.videotron.com/services/fr/index.jsp et/ou serviceclient@videotron.ca et/ou webmaster@QuebecorWorldinc.com) par voie postale, et autres dossiers analogues.

Bien qu’il soit de plus en plus fréquent – et je le déplore au point de m’abstenir radicalement de me procurer les productions de cette gamme (de cette game, diriez-vous peut-être pour votre part) – de voir et d’entendre des compagnies utiliser des supports musicaux anglo-saxons pour faire la promotion de leurs produits, je sors littéralement de mes gonds quand de surcroît je constate qu’il s’agit d’une firme québécoise.*

À l’exemple de Gaz Métro.

J’ai banni la bière Heineken, le yaourt Yoplait (un produit d’origine franco-française…), le spiritueux VodkIce, les concessionnaires automobiles Dod<SPAN
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et Hyundai de ma vie et de celle de ma famille – entre moult autres produits ou services. Y compris les chaînes de magasin (notamment les supermarchés) qui distribuent au Québec leurs millions de circulaires publicitaires chaque semaine dans un format bilingue (pour une minorité d’anglophones qui ne dépasse pas les 8% de la population), alors que les mêmes entreprises (et les mêmes circulaires) restent vigoureusement unilingues anglaises hors Québec.<FONT
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Les 26% de francophones du Canada ne valent pas un instant qu’on leur offre le bilinguisme. En revanche, les 8% d’anglophones québécois doivent être traités tout naturellement, semble-t-il, sur un pied d’égalité avec la majorité au sein de l’État français québécois. Cherchez l’erreur…

Enfin, bref. Vous comprenez le « topo », n’est-ce pas…?

Alors c’est peu dire, gens de Gaz Métro et de Vidéotron en particulier, combien vos publicités m’ont déçu. Elles m’ont réellement indigné.

Il n’y a rien de mal à faire du commerce, assurément. Sauf que s’humilier ou se ravaler pour ce faire, c’est abominable.

Vous ne vous conduisez pas en citoyens corporatifs honorables en agissant de la sorte.

Jean Dunois

Matane, Québec

1er octobre 2004

* La France et l’Europe francienne – cimes modernes de l’esprit colonisé…? – ont déjà à cet égard vendu leur âme depuis longtemps, alors que depuis des années des francophones s’adressent à des millions de francophones dans la langue… de George Double-V Bousch (à ce titre, rappel d’un texte éloquent sur la question et publié ici même sur site de Impératif français: EUROPE FRANÇAISE OU DE L’ALIÉNATION COMME VERTU). Autres interventions pertinentes: TOYOTA OF ENGLISH CANADA ??? et, autour de Hewlett-Packard, etc.

** Là-dessus, voir CANADIAN GROCERIES AGAINST QUEBECERS… ? et http://www.lequebecois.org/CourrierLecteurs.aspx?id=155&page=0 . Jusqu’à Vidéotron, fleuron québécois de l’univers télévisuel et propriété de Quebecor (les accents sont ici tabous…), qui tout récemment s’enfonçait sans vergogne dans la déliquescence de la langue française en acheminant dans l’ensemble des foyers québécois une publicité rigoureusement bilingue (pas même ne fût-ce que la moindre nuance distinctive quant à la présentation: «Start navigating for 19,95$»). C’est ainsi qu’une firme qui constitue en elle-même à toutes fins utiles un symbole de l’entrepreneuriat québécois (au sein d’un peuple dont la langue officielle et massivement parlée, faut-il véritablement lui rappeler, est le français) se comporte comme une éternelle subordonnée dans sa propre maison.

Ce faisant, c’est tout comme si l’EDF (Électricité de France) ou FranceTélécom procédaient à de la publicité par-delà tout le pays en distribuant des circulaires bilingues français/arabe… Que la Royal Bank of Canada (RBC) ou la Canadian Imperial Bank of Commerce (CIBC) tentassent sans jamais désarmer de nous enfoncer leur atavisme «impérialiste» dans la gorge, je puis le comprendre – ou enfin, le décoder à la rigueur. Mais quand une entreprise québécoise adopte cette attitude, c’est à se mettre – mais vraiment! – à rêver à une nouvelle cellule du FLQ…! Pour le coup, il est certain que Vidéotron – à l’instar de Gaz Métro, du reste – s’est envolée de mon radar de consommateur (et celui de ma famille) pour au moins dix ans. M. Pierre-Karl Péladeau, d’où qu’il puisse nous observer je ne suis pas certain que votre père, fondateur de Quebecor, soit aujourd’hui particulièrement fier de son fils. Sur ce plan, comme sur bien d’autres d’ailleurs, voir l’interpellation publique qui vous a été faite il y a quelques mois, en http://www.ledevoir.com/dossiers/265/55744.html?265