LE MULTILINGUISME EUROPÉEN

Pour information et action.

Les textes joints ont été adressé aux membres français du Parlement Européen, en vue des auditions qui auront lieu dès ce 27 Septembre, pour donner l’agrément à la nouvelle Commission et individuellement à chaque Commissaire.

Pour la première fois dans l’histoire de l’Europe, il y aura un Commissaire chargé du multilinguisme, dans la personne du Slovaque Jan Figel.

Il semblerait que certains Etats Membres ont accepté la candidature de Barroso, en tant que Président de la Commission Européenne, moyennant un agenda caché, dont l’un des points serait l’imposition de l’anglais comme seule langue de travail dès son installation.

Il est indispensable que les parlementaires européens et toute autre instance susceptible de réagir soient sensibilisés afin d’obtenir des garanties pour que cette catastrophe soit évitée.

Il serait bon, dans la mesure du possible, de faire front commun avec les autres grands Pays latins, l’Italie et l’Espagne, dont les langues, dans le contexte de l’intégration européenne, loin d’être des concurrentes du français, le soutiennent en tant que porteuses de la même forma mentis.
L’enjeu n’étant pas uniquement la langue, en tant que telle, mais le modèle de société que nous voulons.

Il s’agit d’un moment historique qu’il ne faut pas rater.

anna-maria.campogrande@skynet.be

(Le 22 septembre 2004)

De : Anna Maria Campogrande [mailto:anna-maria.campogrande@skynet.be] Envoyé : samedi 18 septembre 2004 8:21
À : Linguarum Democratia
Objet : Il faut demander à Barroso des garanties pour le français et pour le multilinguisme, en l’absence desquelles il faut le renvoyer chez lui avec toute la nouvelle Commission.

L’environnement linguistique et culturel mondial et surtout celui de l’Europe en marche souffre, depuis un certain temps, d’une pollution de plus en plus inquiétante, celle de la langue unique qui véhicule la pensée unique de la globalisation.Or, si l’hégémonie d’une seule langue et d’une seule culture constitue un problème pour les Pays du monde entier, pour l’Europe, confrontée aux problématiques d’un processus d’intégration avancé, constitue une véritable catastrophe. Ce fait est, en réalité, de nature à placer dans le berceau de l’Europe réunifiée le germe de la discorde et du conflit et d’en entraîner, à terme, la balkanisation.

Le succès du processus de colonisation en cours aux sein des institutions européennes et au niveau de certains décideurs politiques et, même, médiatiques ne doit pas être considéré comme un acquit. Au stade où on en est, Il s’agit de quelque chose qui se passe à un niveau éloigné du citoyen
européen et qui ne le touche pas, encore, directement. Un citoyen que, par
ailleurs, le bien-être matériel rend conformiste et confiant et qui est loin d’imaginer que, au sein de l’Europe unie et réconciliée, sa langue, sa culture et son identité sont menacées. A ce stade, la seule conséquence immédiate consiste en une fracture entre le citoyen et l’Europe, une indifférence, un éloignement qui peut se transformer en hostilité déclarée dès que le citoyen se trouvera confronté aux dégâts de l’unilinguisme et de la pensée unique.

Dans ce contexte, l’Europe en marche a besoin de mettre en place, d’urgence, une stratégie pour la sauvegarde de sa diversité linguistique et culturelle.
Les éléments à retenir sont multiples mais peuvent se résumer en la nécessité d’avoir un projet de société européen, d’éviter le décollement entre les institutions européennes et le citoyen et de faire en sorte que cette stratégie prenne en compte tous les aspects qui soient en mesure d’en assurer le succès.

Le statut des langues, à l’intérieur des institutions européennes comme à l’extérieur, dans les contacts avec les citoyens, dans les programmes d’instruction nationales, ne peut pas être réglé à la dérobée,il doit faire l ’objet d’un accord, suivant les procédures habituelles des institutions démocratiques, se baser sur des paramètres objectifs qui tiennent compte, entre autre et avant tout, des critères de représentativité des Etats Membres au sein des institutions, de leur réalité démographique, de la notion d’ Etat Membre fondateur, dépositaire du modèle original du projet d’intégration, des langues des pays d’accueils et d’autres nombreux facteurs, dans une optique de dialogue, de solidarité et de responsabilité partagée.