LE DOSSIER NOIR DES COMMANDITES

Mise en demeure.

BCP exige que le livre Le dossier noir des commandites / L’industrie de
l’unité nationale contre la démocratie québécoise, de Jacques Keable, soit
retiré du marché d’ici lundi prochain 14 juin à 17 heures.

La firme BCP, par la voix de ses avocats, exige que le livre Le dossier noir
des commandites / L’industrie de l’unité nationale contre la démocratie
québécoise, de Jacques Keable, publié le 3 juin dernier, chez Lanctôt éditeur,
soit retiré « des différents points de vente et de lecture au plus tard lundi le
14 juin 2004 à 17 heures. »

Les procureurs exigent également que toute version remaniée de l’oeuvre ne
soit mise éventuellement en vente qu’après approbation préalable par la firme
BCP.

Ces exigences sont formulées dans une mise en demeure émise le 11 juin et
livrée par huissier à l’éditeur et à l’auteur. Me Gérald R. Tremblay, du bureau
McCarthy Tétrault, prétend que le « livre contient de nombreux propos
diffamatoires et injurieux à l’égard de BCP ». Il soutient aussi que le livre
est « truffé d’inexactitudes, de propos calomnieux et d’accusations graves, non
fondées, qui ne trouvent aucune assise dans la réalité et ne sont pas supportés
par quelque élément objectif que ce soit ».

Jacques Lanctôt, l’éditeur, et Jacques Keable, l’auteur du livre Que BCP
souhaite censurer, maintiennent pour leur part qu’aucune des très graves
accusations portées par BCP n’est fondée et que la liberté d’expression est,
dans notre société, une valeur sacrée.

Au cours des prochaines heures, les avocats de la maison Lanctôt éditeur se
pencheront sur la mise en demeure de BCP, de manière à fournir un avis éclairé
sur la question. D’ici là, l’éditeur et l’auteur du livre ne peuvent que
constater que la Vérificatrice générale du Canada n’a, à ce jour, rien retiré de
ses remarques au sujet de la firme BCP, explicitement cité en exemple dans son
chapitre traitant de la publicité.

Le recours à la censure des livres nous ramène à des temps que nous espérions
révolus de manière définitive. Hélas, ce n’est de toute évidence pas le cas.

Pour plus d’information:

Jacques Keable (514) 254-4281
keable.j@internet.uqam.ca
Jacques Lanctôt (514) 270- 6303
lanctotediteur@videotron.ca

(le 13 juin 2004)