LE COMMISSARIAT CANADIEN À LA LANGUE OFFICIELLE ?

LE COMMISSARIAT CANADIEN à LA LANGUE OFFICIELLE ?

La dernière étude spéciale du Commissariat aux langues officielles, intitulée
à louer. Services bilingues recherchés dans les commerces des édifices fédéraux
de la RCN, confirme l’inégalité linguistique entre les villes d’Ottawa et de
Gatineau.

à Gatineau, les services au téléphone et en personne étaient offerts en
anglais dans tous les cas. Il faut noter que l’étude n’a pas osé vérifier si le
service en français, lui, était offert dans tous les cas du côté québécois. Elle
a tenu la chose pour acquis. Pourtant, on sait bien que dans le centre-ville de
Hull, ce n’est pas toujours le cas. à Ottawa, le service téléphonique est offert
en français dans 70 % des cas et, en personne, le service en français est offert
dans 60 % des commerces concernés.

Lorsqu’on observe les éléments matériels du service, la disproportion est
encore plus importante. Les menus sont à 39 % bilingues à Ottawa contre 77 % à
Gatineau. Les disproportions sont semblables pour l’affichage extérieur (34 %
contre 79 %), la publicité à l’extérieur (26 % contre 73 %), l’affichage dans
les vitrines (30 % contre 90 %), l’affichage intérieur (21 % contre 77 %), le
matériel promotionnel (37 % contre 91 %) et les sites Web (14 % contre 67 %).

Ces statistiques le confirment : le gouvernement du Canada et ses politiques
de bilinguisme renforcent l’unilinguisme anglais de la capitale fédérale,
Ottawa, et anglicisent Gatineau. Bref, les politiques linguistiques fédérales
ont comme résultat l’assimilation des francophones. D’une part, le gouvernement
du Canada, malgré tous les moyens dont il dispose, se révèle impuissant à faire
en sorte qu’on offre des services en français aux francophones de la capitale du
pays, Ottawa et, comme si cela n’était pas déjà assez désolant, il travaille à
l’expansion de l’anglais côté québécois, au nom d’une illusoire symétrie, alors
que tous savent trop amèrement que le français a de la misère à s’y maintenir.
La Commissaire, obsédée de symétrie, continue de faire comme si les deux
situations étaient comparables. Par son refus d’accepter la différence entre les
deux côtés de la rivière des Outaouais, elle travaille diligemment et/ou
inconsciemment à l’assimilation de tous les francophones, ontariens et
québécois.

à ce propos, il est inquiétant de voir que, dans ses recommandations, la
Commissaire aux langues officielles signe et persiste. Ainsi, elle souhaite que
Patrimoine canadien « passe en revue ses programmes actuels d’ici décembre 2004
afin d’y inclure des activités destinées expressément à encourager et à aider
les entreprises privées à offrir des services dans les deux langues officielles
». En somme, la Commissaire encourage surtout la bilinguisation des entreprises
québécoises. Et dire qu’au Québec, pendant ce temps, on essaie péniblement de
franciser le monde du travail.

Peut-être serait-il plus juste de parler du Commissariat à la langue
officielle
, l’anglais.

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français
Recherche et communications
Tél. : (819) 684-8460

(Le 19 mars 2004)