LA WALLONIE ET BRUXELLES INQUIETS

Jean-Claude THUMERELLE
Rue Pierre De Simpel,10
7784 Warneton
jcthum@tiscali.be

à Mme Fadila Laanan,
Ministre de la Culture de la Communauté française de Belgique

Madame la Ministre,

Je tiens à vous faire part de mon extrême inquiétude en ce qui concerne la
défense de la langue française au sein de notre communauté linguistique.

Alors qu’on assiste quotidiennement au sein du monde politique wallon et
bruxellois aux efforts déployés pour que les droits linguistiques légitimes des
francophones soient respectés par l’autre communauté de notre pays, l’invasion
progressive de notre culture par l’anglais ne semble pas être une préoccupation
majeure de nos élus.

Pourtant , la situation me semble être au plus au point préoccupante dans ce
domaine : publicités et annonces rédigées en anglais dans la presse francophone,
courriers envoyées par des entreprises (comme Belgacom) truffées de termes
anglais, le site de la société Solvay qui est pourtant une entreprise belge
uniquement en anglais…. Le comble du ridicule étant atteint avec l’appellation «
Brussels South Charleroi Airport » comme si nos autoroutes n’étaient utilisées
que par des anglophones.

Je pense que si le même phénomène de pollution linguistique était constaté de
la part du néerlandais , ce serait immédiatement une levée de boucliers contre
cet « inadmissible impérialisme ».

Pourquoi n’en est-il rien en ce qui concerne l’anglaise ? Le français
manque-t-il à ce point de ressources lexicales pour que l’on soit sans cesse
obligé d’avoir recours à l’anglais ? Ou ne s’agit-il pas d’une colonisation
lente, d’une destruction programmée (et consentie) de notre langue ?

Une langue est l’expression d’une identité culturelle spécifique et l’on peut
s’inquiéter à juste titre sur le devenir de notre identité francophone face à
cette substitution progressive du français par l’anglais . Le grand romancier
George Orwell avait pressenti et décrit combien la langue joue un rôle
extrêmement important pour modifier la réalité et imposer une idéologie. .Ne
sommes-nous pas à présent dans la même situation ?

Car je crois que le devoir d’un gouvernement est de prendre des initiatives,
d’informer et de légiférer, je vous demande de tout mettre en oeuvres pour que
nous puissions en Wallonie et à Bruxelles continuer à vivre en français.

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de me salutations
distinguées.

Jean-claude Thumerelle

(Le 18 octobre 2004)