LA LANGUE FRANÇAISE FAIT PITIÉ!

COMME QUOI IL Y A ENCORE (HEUREUSEMENT!) DES GENS OUVERTS à LA CRITIQUE
CONSTRUCTIVE !

Monsieur Dadoun,

Je vous remercie d’avoir réagi si rapidement à ma lettre. J’espère ne pas
vous avoir vexé par mes remarques. Vous comprenez sans doute à quel point je
suis parfois malheureux de constater le peu de qualité de la langue des gens qui
m’entourent, même celle de nombre de mes camarades de travail, y compris des
enseignants de français. Les erreurs que j’ai relevées dans votre texte sont
minimes, comparées à celles que je vois ou que j’entends tous les jours, non
seulement dans les médias, mais aussi dans mon propre milieu de travail, tant
chez le personnel enseignant que chez celui de la direction de l’école où
j’enseigne, sans parler des horreurs langagières proférées oralement ou par
écrit par mes élèves. Je serai heureux de vous faire part de mes remarques, si
vous me soumettez, comme vous semblez en avoir l’intention, certains de vos
écrits et j’accueillerai de même vos remarques sur certains de mes textes, si
jamais je pouvais me permettre d’en soumettre à votre attention, car comme le
dit Boileau, « faites-vous des amis prompts à vous critiquer » et, en ce qui me
concerne, j’ai toujours eu beaucoup de difficultés à trouver des gens prenant la
peine de critiquer mes textes sans complaisance. Les grandes tapes dans le dos,
c’est moins risqué que la sincérité, du point de vue des personnes qui les
donnent, mais ça ne rend pas service à la personne qui les reçoit et ça finit
même par lui tomber sur les nerfs.

à vous de même et à vos proches, je souhaite un joyeux Noël et une bonne et
heureuse année!

Paul RIVARD


De: CHARLES DADOUN
à: Paul Rivard
Date: 14 décembre, 2004 9:33 PM
Objet: Il est tout à fait vrai que la langue française fait pitié chez nous

Monsieur,

Je vous remercie et vous sais gré d’avoir apporté les corrections qui
s’imposaient.

J’ai pris bonne note de vos remarques et recificatifs et serai, je vous le
promets, un élève attentif à toute remarque émise par vous à qui je soumettrai,
au préalable, certains de mes écrits, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

Merci encore,

Charles Dadoun

Je me saisis de cette occasion pour vous souhaiter à vous et aux vôtres :

UN JOYEUX NOEL ET UNE BONNE ANNéE


Monsieur DADOUN,

Qu’il me soit permis de vous dire à quel point je suis d’accord avec
vous, d’autant que l’on trouve, dans votre propre texte [ci-dessous],
plusieurs
symptômes de ce que vous dénoncez. Vous avez raison à propos des gens de la
commission dite commission Larose, ce qu’ont compris aussi Charles
CASTONGUAY, Pierre DUBUC et Jean-Claude GERMAIN et ce que démontre
leur
ouvrage Larose n’est pas Larousse, publé
aux éditions Trois-Pistoles en 2002.

Paul RIVARD, traducteur et enseignant de
français



paulrivard@videotron.ca



LA LANGUE FRANçAISE FAIT PITIé

Bafouée dans ce qu’elle a de
plus génial, la langue française est devenue l’apannage
(apanage) d’un peu tout le monde qui sait dire
trois mots de français et l’écrire sans faire de fautes.
J’ai lu, de mes propres yeux lu,
des passages de publicité de cabinets
de traduction ou de terminologie qui, pour vendre leur salade,
ne prennent aucun soin quant à la rédaction de leurs messages publicitaires.
Cela ne me surprend guère depuis l’abolition des rédactions, des commentaires de
textes d’auteurs célèbres et surtout des dictées où,
si un élève avait fait cinq fautes,
il avait tout simplement zéro. Mais le mal vient de ce qu’il y
ait eu
(eut – il
s’agit d’un fait, pas d’une hypothèse)
une fois permissivité et,
par la suite, un grand
laxisme de la part des maîtres d’école et,
plus tard, des professeurs,
pour donner lieu (ce
qui donna lieu)
à la formation de cerveaux (gens
: je veux bien croire à une figure de style, mais des «
cerveaux incapables d’écrire proprement et de savoir rédiger […] », je trouve
ça un peu lourd, comme formulation)
incapables d’écrire proprement et de
savoir rédiger clairement, qu’il s’agisse de
rapports administratifs ou tout simplement de rédiger une lettre ou une
publicité… Ce ne sont que des
fautes et des fautes qui pleuvent à la lecture des documents
énumérés ci-dessus.(susmentionnés
: s’agit-il vraiment d’une énumération?)
Je suis outré de voir que la langue de Molière soit ainsi bafouée et,
comble de la honte : les élèves (Syntaxe
boiteuse : on s’étonne du changement de sujet, dans la deuxième proposition,
puis du retour du premier sujet, dans la troisième proposition.)
m’ont
plus d’une fois dit et je les cite : « L‘orthographe?
Mais pourquoi faire, monsieur?
Cela résume fort bien l’état d’esprit relativement à la langue française.

Mais ce n’est pas tout! Lorsque l’on voit que certaines personnes (que je ne
nommerai pas, car chacune
se retrouvera) ont le culot de tenir (passez-moi leur expression) «les
é
tats généraux
sur la situation et l’avenir
de la langue
française au Québec», titre ronflant et dénué de
tout sens, lorsque ces personnes
ne sont pas capables d’aligner cinq mots sans commettre des erreurs,
lorsqu’elles ouvrent la bouche pour formuler une phrase…
je suis en droit de me demander où
nous allons et si jamais nous ne tendons pas à éteindre une langue si riche et
si haute en couleur…

à bon entendeur, salut.

M. Charles Dadoun

Traducteur et Réviseur trilingue
Licencié ès-Lettres
Université Sir-George Williams
M.A. Trad.
(Fr., An., Es.)
I.I.T. (Mexico , D. F.)
Membre Associé
Association Canadienne des Réviseurs
(A.C.R.)

dcharles@sympatico.ca

(Le 16 octobre 2004)

(NDLR – Publié dans le site d’Impératif français le 14 décembre 2004)