HONTE DE LA LANGUE FRANÇAISE EN FRANCE

HONTE DE LA LANGUE FRANçAISE EN FRANCE
France – Réponse à l’article "La culture française".

Objet : Réponse à l’article du 21 mars de M. Saint-Gilles Nicolas : "La culture française".

A la question naïve "y a-t-il encore une personne, ou deux, qui n’aient pas honte de la langue française en France?", je réponds "oui, il y en a"… Votre courriel m’interpelle et sachez que je partage -presque- entièrement votre opinion sur la situation de notre langue au sein du pays qui l’a vue naître.

 

En premier lieu, la contamination du français est un phénomène relativement récent, qui prend actuellement une ampleur telle que nombre de Froggies commencent -enfin- à s’en inquiéter. Ensuite, bien que cela puisse paraître un peu "cliché", l’anglicisation s’opère à divers degrés selon l’échelon de population considéré : ainsi est-elle la plus marquée chez les 15-25 ans, dont le vocabulaire quotidien "s’enrichit" d’expressions anglo-saxonnes d’un goût plus ou moins douteux – je sais de quoi je parle, je prends 17 ans dans 3 mois. Mais il ne faut pas généréliser sans avoir apprécié la situation de visu : le français n’est pas encore pourri, et si la langue courante emprunte de plus en plus souvent à celle de "l’envahisseur" américano-britanique, elle reste foncièrement franco-française.

 

Ensuite, une large partie de la population, si elle fait parfois usage d’un e-mail, d’un challenge ou d’une team déplacé, est aujourd’hui incapable d’aligner 3 mots d’anglais compréhensible pour un anglophone : si l’enseignement de la langue commence à se répandre au primaire, les élèves du secondaire rechignent bien souvent à apprendre la langue de Shakespeare -paradoxalement, rétorquera-t-on, puisque ce sont ces mêmes jeunes qui usent et abusent de downloads, de frags, de patchs, de skins… sur leurs jeux vidéo. Mais n’oublions pas que si cette invasion a commencé, c’est avant tout aux médias qu’en revient la responsabilité : quels films et séries télévisées sont diffusés sur nos chaînes et programmés au cinéma? quels "chansons" entend-on le plus sur nos ondes? quels jeux vidéo (encore eux) sont les plus commercialisés?…

 

Aussi le Français moyen n’est-il pas anglophile -loin de là. Comme je vous l’ai dit, son vocabulaire est parfois pollué par quelque expression franglaise, mais à qui la faute?… La volonté de défense de la langue n’est pas aussi marquée chez lui que chez le Québécois, mais le contexte géopolitico-linguistique n’est pas le même. Et si nous, les jeunes, employons -malheuresement- de plus en plus de mots anglais dans nos discussions, soyez sûr qu’un Yankee y perdrait son latin, pour la bonne raison que la plupart d’entre eux ne sont que de faux anglicismes, inspirés mais adaptés : gageons que cela restera un phénomène de mode.

 

A votre service,

 

François Oxéant, francois-oxeant@wanadoo.fr

 

P.S: vous trouverez sur ce site quelques modestes articles de ma plume sur le sujet.

 

(Le 24 mars 2004)