FORCE DÉMESURÉE

FORCE DéMESURéE
Québec – L’anglais continue de menacer le français au Québec.

La langue anglaise continue d’avoir une «force démesurée» dans plusieurs
secteurs au Québec, estime l’universitaire Charles Castonguay.

Dans un article qui vient de paraître dans l’Annuaire Fides 2004 du Québec,
le professeur Castonguay, de l’Université d’Ottawa, relève deux situations
où la prédominance de l’anglais au Québec transparaît clairement dans les
données du dernier recensement fédéral. Ces deux secteurs sont la langue de
travail et la langue commune dans les couples linguistiquement mixtes.

«Les données du recensement de 2001 révèlent la force démesurée de l’anglais
vis-à-vis du français comme langue principale de travail à Montréal», selon
l’universitaire spécialisé dans les questions d’analyse linguistique.

Ces données montrent par exemple que lorsqu’un travailleur allophone est
appelé à travailler de façon égale dans les deux langues, il choisit
l’anglais comme langue d’usage au foyer dans 62 pour cent des cas et le
français dans seulement 38 pour cent des cas.

Parmi les allophones qui travaillent en français, une part substantielle,
soit 31 pour cent, choisit quand même l’anglais comme langue d’usage au
foyer.

Toujours dans la région métropolitaine de Montréal, les francophones qui
travaillent principalement en anglais sont presque deux fois plus nombreux
que les anglophones qui travaillent principalement en français.

Par ailleurs, même si les travailleurs francophones sont six fois plus
nombreux que les anglophones, les allophones qui travaillent principalement
en anglais sont presque aussi nombreux que ceux qui travaillent
principalement en français.

Ces résultats sont «tous nettement favorables à l’anglais», note le
professeur Castonguay.

Ce dernier a d’autre part mis en relief les données concernant les couples
linguistiquement mixtes, c’est-à-dire formés de deux conjoints n’ayant pas
la même langue maternelle.

Les statistiques montrent que dans un couple formé d’un francophone et d’un
anglophone, l’anglais et le français sont généralement placés sur le même
pied.

Quand un francophone forme un couple avec un allophone, c’est une troisième
langue, l’anglais, qui devient la langue commune dans 20 pour cent des cas.

Lorsque deux allophones deviennent conjoints, ils choisissent l’anglais
comme langue commune dans 27 pour cent des cas, et le français dans
seulement 8 pour cent des cas. Ils conservent leur langue maternelle comme
langue commune 65 pour cent des fois.

La langue d’usage au foyer demeure une question privée. «Mais le recensement
permet de constater avec précision que l’anglais domine toujours nettement
le français comme langue commune dans les couples linguistiquement mixtes à
Montréal», note M. Castonguay.

L’universitaire en arrive à la conclusion qu’il «existe un écart
considérable entre la force réelle du français en situation de contact sur
le terrain, et le discours officiel voulant que le français soit la langue
commune de la société québécoise».

(Ce texte de la Presse canadienne nous a été communiqué par notre
correspondante Hélène Jetté le 14/01/2004 16h32 )

Jean-Paul Perreault
Président
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