FARENHEIT 9/11

J’ai vu, hier, Fahrenheit 9/11, le dernier film de Michaël Moore. Un film qui
mérite indiscutablement la Palme d’Or qui lui a été décernée au festival de
Cannes, quoi qu’en disent les journalistes à plat-ventristes, impuissants à
exercer leur métier qui consiste (devrait consister) à montrer la réalité telle
qu’elle est, et non à la déformer, comme le font les nombreux André Pratte de
nos épais médias.

La réalisation de ce film brille particulièrement par son exceptionnelle
approche pédagogique, qui réussit, en faisant rire et pleurer aussi bien que
réfléchir, la démonstration irréfutable -et d’ailleurs jusqu’à maintenant
irréfutée- de la collusion entre les Bush, père et fils et de leurs acolytes
politiques et industriels avec les détenteurs du pouvoir et de la richesse
saoudiennes, sans oublier celle, documents à l’appui, des causes réelles des
guerres menées en Afghanistan et en Irak, comme celle de la manipulation du
peuple états-uniens, etc. tout ce que nous soupçonnions, que nous savions même,
mais dont nous ne pouvions pas faire la preuve. C’est fait.
Et c’est terrifiant.

Heureusement, est aussi montré que sont nombreux nos voisins du Sud qui, dès
son arrivée frauduleuse au pouvoir, ont compris et critiqué les orientations et
décisions politiques criminelles de Bush et de ses suppôts, et qu’un nombre de
plus en plus considérable de citoyens prend aujourd’hui conscience d’avoir été
trompé.

Je vous invite chaleureusement à voir ce film. Loin d’être démagogique, comme
se plait à le répandre une flopée d’intellectuels à la manque ou/et au service
de la classe dominante, il se révèle au contraire comme étant un vibrant hommage
au jugement du peuple, en ce qu’il suppose qu’en lui montrant la vérité, il
saura en disposer selon ses intérêts.

Bien sûr, Moore choisit de présenter les faits en les organisant de manière à
susciter l’indignation et la colère, et adopte un langage approprié à l’atteinte
de son objectif, mais il ne ment à aucun moment, ni ne se dérobe à sa
responsabilité d’auteur.

Or, mentir et cacher son intention, ne sont-ce pas là les premiers
ingrédients de la démagogie, ne sont-ce pas ceux qui structurent les discours
sur les vertus de l’unité canadienne et des politiques néo-libérales?

Un film-documentaire peut-il changer le cours des choses, demande, ce matin,
Odile Tremblay, dans le Devoir? Il faut espérer que celui de Moore le peut, si
l’on ne veut pas que Bush tienne plus longtemps le sort du monde entre ses mains
sales.

Andrée Ferretti.

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(Ce texte nous a été communiqué pour diffusion par notre correspondant M.
Pierre Bianchi, pierre34@sympatico.ca,
le 5 juillet 2004)