EUROPE DE LA CONNAISSANCE 2020 (SUITE)

EUROPE DE LA CONNAISSANCE 2020 (suite)
Europe – Ostracisme de la Commission Européenne à l’égard des langues
européennes.

Madame Lieve Van Woensel
Chargée de la communication et de l’information
Direction Sciences et Société
RTD-CONSULT-UNIV@cec.eu.int

Madame,

Madame Brunazzi m’ayant transmis votre réponse du 2 avril dernier à son
courriel relatif à la conférence de Liege (L’EUROPE DE LA CONNAISSANCE
2020), je regrette de ne pouvoir partager son optimisme.

En effet, si vous indiquez que les sessions plénières de cette conférence
bénéficieront d’un système de traduction, vous n’indiquez pas ce qu’il en
sera des autres moments de cette conférence.

Par ailleurs, il est quelque peu croustillant que vous nous invitiez à nous
reporter à une petite phrase du site de la Direction Générale Recherche
indiquant qu’un service de traduction sera mis en place pour cette
conférence alors même que cette indication ne figure qu’en anglais sur votre
site et pour cause, puisque votre site est exclusivement rédigés en anglais
(v. ci-joint).

Quant à la pseudo version française de votre site, il s’agit manifestement
d’une SUPERCHERIE – comme Monsieur Depoli de l’association Défense de la
Langue Française, vous l’a déjà écrit – puisque :

– seule la première page de cette prétendue version française est bien en
français (v. ci-joint),

– tous les liens renvoient à des pages exclusivement rédigées en anglais (v.
ci-joint).

Outre le fait qu’un tel ostracisme de la part de la Commission Européenne à
l’égard des langues européennes autres que l’anglais (voire notamment les
multiples offres d’emplois émanant de la Commission réclamant des « native
English speakers », les procédures d’admission des nouveaux membres de
l’ancienne Europe de l’Est imposant l’anglais, etc.) est fortement
contestable au regard du droit communautaire, nous craignons qu’un
traitement aussi discriminatoire n’ait également des conséquences délétères
sur la perception de l’Union Européenne par les Européens.

Pour mémoire, nous nous permettons de vous rappeler que les Européens ayant
pour langue maternelle l’allemand ou le français sont plus nombreux que ceux
ayant l’anglais.

Par ailleurs, vous savez bien que, si le dynamisme d’une langue dépend du
nombre de ses locuteurs, ce nombre régresse inévitablement si cette langue a
de moins en moins d’occasions d’être utilisée.

Bien entendu, si l’objectif des institutions européennes est la disparition
à moyen terme des langues européennes autres que l’anglais – et tout
particulièrement des autres langues susceptibles d’avoir une dimension
internationale – le comportement actuel desdites institutions est parfait et
ne doit en aucun cas être changé !

Sincères salutations

Jean-Charles FOUSSAT
DROIT AU FRANCAIS
53, avenue Ledru-Rollin
75012 Paris
contact@droitaufrancais.com

Copie :
Le Figaro
Le Monde
Libération

+ Membres de Droit au Français et sympathisants.

—– Original Message —–
From: « Ingrid BRUNAZZI »
To: < RTD-CONSULT-UNIV@cec.eu.int
>
Cc: < contact@droitaufrancais.com
>
Sent: Monday, April 05, 2004 10:26 AM
Subject: RE : CONFERENCE DE LIEGE

Mesdames, Messieurs,

Je tiens à vous remercier pour cette précision et j’apprécie que vous teniez
compte de mon intervention, moi-même ex chercheur à l’Institut européen de
Florence et diplomée de la Sorbonne , je considère que l’évolution future
ne sera intéressante que si elle saura conjuguer, à l’instar de la
Renaissance italienne et au rêve de Léonard de Vinci, les éléments
complémentaires de chaque culture.

Aux USA, l’administration Bush l’a bien compris avec le programme NBIC et
c’est un projet passionnant. Ici, dans l’UE, nous avons également la
possibilité de conjuguer non seulement les sciences mais aussi les
civilisations, parmi celles-ci l’anglosaxonne et la française, dont une
nouvelle entente cordiale pourrait naître à l’enseigne d’une coopération
scientifique beaucoup plus étroite et constructive, conjuguant leurs apports
respectifs, le pragmatisme et immédiateté anglosaxonne et l’esprit de
géométrie et élégance française.

Naturellement dans le respect mutuel des propres langues et traditions et
avec cette loyauté et transparence qui doit être propre à toute
collaboration scientifique.

C’est sans doute par ce biais, que les générations futures verront une
nouvelle ère s’annoncer et dans laquelle je crois.

En vous remerciant encore, je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs,
l’expression de mes salutations distinguées.

P.S. Merci d’envisager à l’avenir une présentation sur le site en
français également des futures conférences à venir.

Ingrid BRUNAZZI
Juriste
************************
—–Message d’origine—–
De : RTD-CONSULT-UNIV@cec.eu.int
[mailto:RTD-CONSULT-UNIV@cec.eu.int] Envoyé : vendredi 2 avril 2004 17:03
à : Ingrid BRUNAZZI
Cc : Research@cec.eu.int;
Kurt.Vandenberghe@cec.eu.int;
Rainer.Gerold@cec.eu.int;
Patrice.LAGET@cec.eu.int;
Eveline.DECOSTER@cec.eu.int;
Brigitte.HASEWEND@cec.eu.int;
Boris.Kandziora@cec.eu.int
Objet : RE: CONFERENCE DE LIEGE

Chère Madame Brunazzi,

La conférence « L’Europe de la connaissance 2020 – Une vision pour
l’innovation et la recherche universitaires » aura lieu à Liège du 25 au 28
avril 2004. Elle se tiendra en grande partie dans trois des langues
communautaires: le français, l’anglais et l’allemand. Le site internet de la
conférence a été développé en anglais. A la page de ce site :

http://europa.eu.int/comm/research/conferences/2004/univ/practical-information_en.html
,

il est indiqué que pour les sessions plénières (y compris
sessions d’ouverture et de clôture), un service d’interprétation sera fourni
dans ces trois langues. Cela veut dire aussi que les intervenants pourront
s’exprimer indifféremment en français, anglais ou allemand. La
représentation géographique des participants tant que des intervenants est
riche et diversifiée. Presque toutes les langues communautaires sont
représentées. C’est ce qui explique le choix de ces trois langues en
particulier. Le programme et la documentation principale seront disponibles
également en français, en anglais et en allemand. Si vous n’êtes pas
inscrite pour assister à la conférence « L’Europe de la connaissance 2020 »,
nous vous invitons à participer virtuellement du 26 au 28 avril en consultant le
site web

http://europa.eu.int/comm/research/conferences/2004/univ/index_en.html
qui
sera mis à jour au fur et à mesure du programme. Des publications
supplémentaires dans les trois langues seront téléchargeables depuis le
site. Avec nos remerciements pour l’intérêt que vous portez à la conférence,

Lieve Van Woensel Chargée de la communication et de l’information Direction
Sciences et Société

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—–Original Message—–
From: VANDERHOUDELINGEN Viviane (RTD)
Sent: jeudi 1 avril 2004 16:31
To: VAN WOENSEL Lieve (RTD); LAGET Patrice (RTD)
Cc: GEROLD Rainer (RTD); BUSQUIN Philippe (CAB)
Subject: FW: CONFERENCE DE LIEGE

—–Original Message—–
From: Ingrid BRUNAZZI
Sent: Thursday, April 01, 2004 4:19 PM
To:
Cc: contact@droitaufrancais.com

Subject: CONFERENCE DE LIEGE

Messieurs,

Des collègues juristes m’informent que la Conférence Europe de la
Connaissance 2020 qui se tiendra prochainement à Liège sous l’égide de la
Commission européenne sera uninlingue, elle se tiendra en anglais
exclusivement.

Je considère qu’il est humiliant devoir intervenir auprès des scientifiques
que vous êtes pour une rogatoire qui est avilissante et lassante, il devrait
aller de soi que les Institutions européennes aient le style et l’élégance
de proposer une Conférence multilingue ayant un tel thème.

C’est une régression inacceptable et j’espère que vous aurez la hauteur de
rectifier ce qui est défini dans la langue de Dante  » una caduta di stile » .

Doit-on encore en 2004 revenir aux batailles de clochers de paroisses pour
défendre des acquis qui paraissent découler d’eau de source: la connaissance
est universelle et se doit de respecter les distinction linguistiques qui
traduisent des traditions spécifiques.

Au lieu d’inciter les différentes intelligentsia à prendre part à des débats
européens très noble comme celui-ci, on exacerbe le retour au nationalisme.

Je trouve cela inadmissible et c’est au nom de la Science, suprême vecteur
d’union et de fraternité universelle, que je vous prie de remettre les
pendules à l’heure comme il est d’usage de dire dans la ville Lumière, en
mettant fin à cet obscurantisme d’imposer cet unilinguisme qui n’a pas une
raison d’être scientifique et contredit les objectifs mêmes de l’UE.

Certaine de votre compréhension, je vous prie d’agréer, Messieurs,
l’expression de mes salutations distinguées

Ingrid BRUNAZZI
Juriste

(Le 7 avril 2004)