DIVERSITÉ CULTURELLE EN EUROPE

Abdou Diouf lance un appel en faveur du plurilinguisme et de la diversité
culturelle en Europe

Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la
Francophonie (OIF) a rencontré, ce lundi 12 juillet, les ministres des Affaires
étrangères de pays européens membres de la Francophonie ou candidats à
l’adhésion. Le Secrétaire général de l’OIF et les ministres présents ont évoqué
ensemble la question de la diversité culturelle et linguistique et celle, liée,
de la place du français dans les Institutions européennes. Cette concertation
approfondie sur ces questions a été organisée dans le but de définir une
stratégie commune, et de convenir d’un certain nombre d’actions concrètes et de
mesures réalisables rapidement.

Au-delà de l’enjeu linguistique, le Secrétaire général a rappelé l’
importance du dossier de la diversité culturelle et linguistique pour l’ avenir
de l’Europe. « Pour tous ceux qui sont convaincus que dans le monde multipolaire
dans lequel nous évoluons, la diversité culturelle et linguistique doit occuper
une place centrale, ce que l’Europe réussira dans ce domaine, ce qu’elle saura
inventer et imposer sera un modèle de référence mondial. Le monde entier, et les
pays du Sud, en particulier les pays ACP, attendent beaucoup de l’exemple
européen et savent bien que leur avenir culturel et linguistique dépendra aussi
de ce modèle européen », a déclaré Abdou Diouf.

Les ministres présents ont pris acte des diverses recommandations et
propositions d’actions envisageables au niveau communautaire, notamment :

agir dans le sens de la promotion de la diversité et du maintien du principe
de plurilinguisme dans les institutions européennes ; s’opposer à toute réforme
qui remettrait en cause ce principe ; demander aux fonctionnaires, diplomates et
experts d’user de leur langue maternelle ou, à défaut, de la langue française au
titre de langue internationale, tel que stipulé dans les critères d’adhésion à
la Francophonie ; intervenir officiellement lorsque les institutions ne
proposent pas ou proposent avec retard interprétation et traduction, et ce y
compris en ce qui concerne les sites Internet.

La Francophonie déploie, depuis longtemps, des efforts importants pour
promouvoir le français dans les organisations internationales, que ce soit à
l’ONU comme à l’Union européenne.

En janvier 2002, la Francophonie a mis en place, par l’intermédiaire de son
opérateur principal, l’Agence intergouvernementale, un « plan d’action pour le
français au sein de l’Union européenne », de concert avec la Communauté
française de Belgique, le Grand-Duché de Luxembourg et la France. L’OIF a d’
ailleurs fait de ce projet de promotion du français sur la scène européenne une
de ses priorités majeures pour les années à venir. Pour 2003 et 2004, avec un
budget de plus de 3 millions d’Euros, il développe la concertation, la
sensibilisation, la formation, l’apport de nouveaux outils au service de la
promotion linguistique, de l’environnement informatique, de la veille et de la
publication. Abdou Diouf a appelé les ministres présents à en tirer profit et à
le renforcer.

En termes de suivi, les Ministres ont confié au Secrétaire général de l’OIF
le soin de suivre, dans le contexte de la diversité linguistique, la question de
la pratique de la langue française au sein des institutions européennes et de
les informer de son évolution.

L’Organisation internationale de la Francophonie est une organisation
internationale qui compte, sur 56 Etats et gouvernements, des pays adhérents à
l’Union européenne :

La Belgique, la France, le Grand Duché du Luxembourg sont membres de l’OIF et
de l’Union européenne ; La Slovénie, la Slovaquie, la République Tchèque, la
Pologne, la Lituanie sont membres observateurs de l’OIF et nouveaux membres de
l’Union européenne ; La Bulgarie et La Roumanie sont membres de l’OIF. Leur
adhésion à l’UE est prévue pour 2007 ; L’Autriche, la Grèce et la Hongrie sont
des membres de l’UE qui ont officiellement déposé leur candidature à l’OIF.

(Paris , le lundi 12 juillet 2004)