CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DE L’OUTAOUAIS

Je me souviens de votre campagne d’il y a quelques années: Achat chez nous.
Campagne qui avait d’ailleurs eu assez de succès, si ma mémoire est bonne. Vous
parliez alors de la solidarité qui devrait nous habiter, afin de rester chez
pour nos achats avant de traverser la rivière et laisser notre argent en
Ontario.

Je vous suggère fortement de reprendre cette campagne. Cette fois-ci les gens
ciblés ne seraient pas les clients, mais vos propres membres. Voici pourquoi.

Dimanche, pour la grande finale de l’Euro, match entre la Grèce et le
Portugal, je me rends au café-bar Pêle-Mêle sur la rue Laval à Hull. Une dizaine
de clients sympas, une bonne ambiance, un endroit agréable. Je salue les deux
nouveaux propriétaires leur souhaitant bonne chance. Du même souffle je demande
de brancher leur chaîne de téléviseurs sur le Réseau des sports, plutôt que sur
TSN. « Tant qu’à ça on aurait pu traverser en Ontario », lui dis-je.

Chose faite, au plaisir de tout ce beau monde. La place commence à se
remplir. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’un des propriétaires vient me
demander, 15 minutes dans le match, si ça me dérange qu’il remette ses télés en
anglais, parce quelques anglophones le lui ont demandé. Je trouve qu’une telle
attitude est franchement insultante pour les francophones de la région, ce
mépris mérite une réaction: Regardez l’affichage en français mais restez dehors!

La fierté d’acheter chez nous en a pris un coup. Donc mes deux invités et moi
sommes partis pour exprimer notre indignation et laisser la place pour les
anglophones qui semblent être plus importants pour le Pêle-Mêle.

Nous voilà donc à la Cage aux sports, à Hull. Mon ami Français s’indigne et
se plaint à la serveuse, parce que, là aussi, tout se passait en anglais. La
gérante est même venue nous instruire sur le bien-fondé de leur mépris pour les
francophones. Un autre affichage en français, un autre établissement à regarder
du dehors. LeDroit peut bien faire des enquêtes maison pour voir la présence du
français sur le marché à Ottawa, pas besoin de le faire au Pêle- Mêle ou à la
Cage aux sports. On n’y est pas chez nous.

Alors vivement une campagne: Si vous voulez qu’on achète « chez-nous »,
respectez-nous.

Paul de Broeck
Gatineau

(Le 13 juillet 2004)